
« On est sous le choc », confie un cousin de la victime
14 avril 2026
Le marché des dérivés du XRP s’effondre de 78 % depuis son pic d’octobre
14 avril 2026Analyse : Les rédacteurs ont identifié les éléments essentiels de cette actualité.
Un regard de nos journalistes sur l'article « Bollywood, champ de bataille du nationalisme hindou ».
Analyse rapide
Dhurandhar : the Revenge, qui vient de battre tous les records du box‑office national en devenant le film hindi le plus rentable de l’histoire de Bollywood, raconte l’infiltration d’un agent secret indien au Pakistan chargé de démanteler un réseau terroriste. Rien de particulièrement inédit, si ce n’est que ce type de blockbuster musclé, où les ennemis sont de plus en plus souvent pakistanais ou musulmans, s’est imposé comme l’un des marqueurs du cinéma indien contemporain. Depuis l’arrivée de Narendra Modi au pouvoir en 2014, on observe en effet une montée en puissance du discours nationaliste au sein de l’industrie de Bollywood.
Nationalisme décomplexé
La tradition du film patriotique n’est pas nouvelle : elle remonte aux premières années de l’indépendance. Mais le nationalisme qui s’y exprime aujourd’hui est d’une nature différente : décomplexé, omniprésent, parfois proche de la propagande. Narendra Modi lui‑même est cité nommément dans certaines productions, où sa politique est justifiée, exaltée, et transformée en récit héroïque. Dans un pays qui produit 1400 films par an – dont environ 400 à Bollywood – un nombre croissant de blockbusters épouse désormais les valeurs conservatrices et religieuses du Bharatiya Janata Party (BJP), le parti nationaliste hindou.
Ce tournant est d’autant plus frappant que Bollywood fut longtemps imprégné d’un sécularisme hérité de Nehru et de la lutte anticoloniale. Jusqu’aux années 2000, de nombreux films célébraient le pluralisme religieux et une coexistence harmonieuse. Cet imaginaire n’a pas totalement disparu, mais il est aujourd’hui devenu marginal. La polarisation actuelle est inédite : les musulmans sont souvent marginalisés ou cantonnés à des rôles de méchants. Même les plus grandes stars, à l’image de l’acteur musulman Shah Rukh Khan, doivent désormais faire face à des campagnes de harcèlement sur les réseaux sociaux.
Résistance et récits alternatifs
Si l’autocensure s’est renforcée, des formes de résistance subsistent néanmoins. Certains producteurs, réalisateurs et acteurs, héritiers de l’esthétique pluraliste, insistent sur l’engagement social. D’autres, notamment dans les industries régionales du sud – comme Kollywood ou Tollywood – élaborent des récits alternatifs, moins directement alignés sur l’idéologie dominante, et défendent un cinéma panindien pensé pour s’adresser à l’ensemble du pays.
Comment l’idéologie de l’« hindutva » influence‑t‑elle concrètement la fabrication des films ? Quels liens le cinéma indien entretient‑il avec le pouvoir politique et le nationalisme hindou ? Cette instrumentalisation et cette polarisation du champ cinématographique sont‑elles réellement nouvelles ? Peut‑on pour autant parler de films de propagande ? En quoi Bollywood, Kollywood et Tollywood se ressemblent‑ils ou se distinguent‑ils, que ce soit dans leurs récits, leurs héros ou leurs discours politiques ? Quelles formes de résistance s’expriment aujourd’hui au sein de ces industries ?
Mélanie Chalandon s’entretient avec Amandine d’Azevedo, maîtresse de conférences en cinéma à l’Université Paul-Valéry, et Charlotte Thomas, politiste, chercheure indépendante, associée au programme Asie-Pacifique de l’IRIS.
Focus – Quelle place pour les femmes dans Bollywood (et les cinémas régionaux) ?
Avec Ophélie Wiel, enseignante de cinéma à l’Université Sorbonne-Nouvelle et spécialiste des cinémas indiens.
Après des figures féminines fortes dans le cinéma indien classique, les années 1970 marquent un recul : Bollywood se masculinise et relègue les femmes à des rôles secondaires. Depuis quelques années, un renouveau s’opère. À Bollywood comme dans les cinémas régionaux, certaines réalisatrices et certains réalisateurs redonnent aux femmes une place centrale, en abordant frontalement les questions de caste, de désir, de patriarcat et d’émancipation.
Pour aller plus loin
- Charlotte Thomas, Pogroms et ghetto. Les musulmans dans l’Inde contemporaine, Karthala, 2018.
- Ophélie Wiel, Bollywood et les autres : voyage au cœur du cinéma indien, Buchet Castel, 2011.
Références sonores
Référence musicale
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : L’équipe continuera à observer la situation pour mieux informer nos lecteurs.

9999999