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15 avril 2026« on est dans un état d’indétermination », souligne François Heisbourg, conseiller spécial de la Fondation pour la Recherche Stratégique – franceinfo
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Temps de lecture : 5min – vidéo : 21min
François Heisbourg, conseiller spécial de la Fondation pour la Recherche Stratégique, était l’invité de « Tout est politique » mardi 14 avril. Le spécialiste a répondu aux questions de Sonia Chironi et de Nathalie Saint-Cricq sur les prises de position de Donald Trump sur la guerre au Moyen-Orient.
Ce texte correspond à la retranscription d’une partie de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour regarder l’entretien en intégralité.
Sonia Chironi : François Heisbourg, vous observez depuis 46 jours maintenant que dure cette guerre ce mélange des genres invraisemblables. On voit un président américain à côté d’un lapin de Pâques parler de la guerre en Iran. On croirait presque à une farce et pourtant on parle de la guerre, on parle d’une crise économique mondiale majeure. Qu’est-ce que vous inspire ce personnage Donald Trump ? Est-ce qu’il est fou, est-ce qu’il raconte n’importe quoi ou est-ce qu’il sait parfaitement ce qu’il fait ?
François Heisbourg : Ces trois hypothèses ne sont pas mutuellement exclusives, c’est ça le problème. Il est certainement limité pour ne pas dire fou. Ça, c’est assez clair. Il y a des choses qu’il n’arrive pas à comprendre, des choses très basiques. En même temps, il sait ce qu’il fait. Il sait gagner une élection, par exemple. Ça, il sait faire. Dire qu’il sait faire des deals, ça, c’est déjà plus contestable. Est-ce qu’il fait n’importe quoi ? Oui. La séquence avec le pape, hier, était invraisemblable. Il se fait mettre en scène comme le Christ et il explique que le pape est un couard à qui la possession de l’arme nucléaire par l’Iran ne pose aucun problème. Alors aujourd’hui, il remet le couvert avec Mme Meloni. Aujourd’hui, Mme Meloni est une lâche. Il l’envoie aux gémonies après l’avoir portée au pinacle.
Parce qu’elle a dénoncé des attaques inacceptables contre le pape ?
Le ricochet de la sortie papale de Trump. C’est ahurissant. Il faut vraiment remonter, je crois, à des périodes historiques très lointaines pour trouver des personnages combinant l’ensemble de ces facteurs. Parce qu’encore une fois, les hypothèses que vous évoquez ne sont pas mutuellement exclusives. Elles se retrouvent chez le même personnage. Le type sait être efficace, parfois, et ça fait mal.
Et il est aussi très dangereux ?
Bien sûr qu’il est très dangereux. Au poste où il est, être limité, ce n’est pas un bon point de départ.
Nathalie Saint-Cricq : Si vous deviez expliquer à quelqu’un qui arrive sur Terre où on en est, comment le feriez-vous ? On entend certains jours que le régime iranien est fragilisé. D’autres fois, on entend que les États-Unis vont se retirer. Comment est-ce que vous décririez le plus simplement possible l’état du conflit aujourd’hui ?
On est dans un état d’indétermination complet. C’est le mot, indétermination, c’est une façon polie de dire qu’on n’en sait rigoureusement rien. Ceux qui prétendent aujourd’hui vous dire comment le conflit va évoluer dans les jours qui viennent, de toute évidence ne savent pas de quoi ils parlent. On est dans une situation qui est le reflet des caractéristiques concernant M. Trump. Il est possible qu’il y ait un accord à Islamabad (Pakistan) dans les jours qui viennent. Le couvert va très probablement être remis d’ici la fin de la semaine entre les Américains et les Iraniens. Il est même possible qu’il puisse y avoir un accord sur le nucléaire. On voit bien que les uns et les autres prennent des positions. Après tout, il y a déjà eu dans le passé, en 2015, du temps d’Obama, un accord entre l’Iran et les principaux pays de la planète, dont les États-Unis et la France, dans le domaine nucléaire.
Ce qui était au centre des débats, c’étaient les 440 kg de radium enrichi dont les Américains voulaient avoir le contrôle.
Je ne parle pas de ce que vont devenir ces 440 kg. Je parle du droit à l’enrichissement de l’uranium qui a été jusqu’à présent la grande revendication iranienne et la grande pierre d’achoppement du côté américain. Mais en attendant, le détroit d’Ormuz reste verrouillé. Les téléspectateurs qui ont assisté au débat qui a précédé ce plateau auront compris que les choses ne vont pas très bien de ce point de vue là. Mais plus ça dure, plus ça devient compliqué. La situation énergétique et donc économique du monde est aujourd’hui en plein suspens. Chaque jour supplémentaire de fermeture du détroit d’Ormuz rend la sortie des crises plus difficile, plus aléatoire. Et rouvrir le détroit d’Ormuz, ça ne se fait pas en un tour de main. Et il faut évidemment que les protagonistes soient d’accord. Est-ce que les États-Unis sont d’accord pour laisser les Iraniens continuer à tenir le péage du détroit d’Ormuz ? Ils disent que non, mais les Iraniens ont la clé, ils ont la clé aujourd’hui. Ce ne sont pas les États-Unis. Les États-Unis prétendent faire un blocus, mais ce n’est pas un blocus puisqu’ils laissent passer les bateaux qui partent en Chine. Monsieur Trump doit aller en Chine d’ici un mois. Il ne va pas se mettre à arraisonner des pétroliers chargés de pétrole iranien pour la Chine à la sortie des détroits d’Ormuz et il ne le cas d’ailleurs déjà pas. Les quelques bateaux qui sortent en ce moment vont vers la Chine.
Cliquez sur la vidéo pour regarder l’entretien en intégralité.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Les développements à venir permettront de compléter notre point de vue.

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