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15 avril 2026Analyse : Cette nouvelle a été passée en revue par notre équipe.
Quelques observations clés de notre rédaction sur « Netanyahou dénonce la « faiblesse morale » d’une Europe qui s’éloigne d’Israël ».
Éléments à garder en tête
Le lieu et le jour ont tout leur sens : Benyamin Netanyahou a pris la parole lundi au mémorial de Yad Vashem à Jérusalem, le jour consacré à la mémoire de la Shoah en Israël ; pour un discours très politique dont l’une des cibles principales a été … l’Europe.
Le premier ministre israélien, engagé sur plusieurs fronts de guerre simultanés, poursuivi par la justice internationale pour ses actions à Gaza, frappe fort. « L’Europe, qui a tant oublié depuis l’Holocauste, a-t-il dit, a beaucoup à apprendre de nous, notamment la distinction entre le bien et le mal qui, face à l’adversité, nous oblige à faire la guerre pour le bien, pour la vie ».
« L’Europe, a-t-il poursuivi, qui avait juré après la Seconde Guerre mondiale de défendre le bien, est aujourd’hui rongée par une profonde faiblesse morale. Elle perd la maîtrise de son identité, de ses valeurs et de son engagement à protéger la civilisation de la barbarie. »
Prononcées dans le contexte de la Shoah, ces paroles rappellent aussi le discours du vice-président américain JD Vance à Munich l’an dernier, qui avait provoqué un choc. Elles sont le révélateur de la fracture entre Israël et l’Europe, paradoxalement plus profonde aujourd’hui qu’au moment de la guerre à Gaza.
L’origine de cette fracture est double. Elle est d’une part conjoncturelle, liée au fait que Netanyahou et sa coalition d’extrême-droite s’inscrivent clairement dans le camp des nationaux-populistes à l’échelle mondiale, qui va de Donald Trump et ses MAGA -make America Great Again-, à Viktor Orban qui vient d’être battu en Hongrie. Pendant la campagne électorale, Netanyahou avait apporté un soutien appuyé à Orban, son principal allié en Europe.
L’autre raison est plus profonde, liée au rejet des méthodes israéliennes à Gaza ou à la violence des colons de Cisjordanie. Ce sentiment est aujourd’hui largement installé dans les opinions publiques européennes, plus encore qu’auprès des gouvernements.
La liste des sujets qui fâchent est longue, de la reconnaissance de l’État de Palestine par l’Espagne, puis la France ; au débat autour de l’accord d’association Europe-Israël que certains voudraient voir suspendu ; jusqu’à la dernière décision de l’Italie de Giorgia Meloni de ne pas reconduire un accord de défense avec l’État hébreu et à des échanges acrimonieux avec l’Allemagne. Israël voit un continent qui s’éloigne après avoir longtemps fermé les yeux.
Conséquence, les Européens sont de plus en plus hors-jeu au Moyen Orient. La France, protectrice du Liban, est impuissante à jouer un rôle pour empêcher sa descente aux enfers, et a même, à la demande d’Israël, été tenue à l’écart de la négociation qui s’est ouverte hier à Washington entre Israël et le Liban, sous les auspices des États-Unis.
Les attaques de Netanyahou rejoignent celles de Trump, qui ne décolère pas contre les Européens après leur refus d’intervenir dans le détroit d’Ormuz. Hier, il a vivement attaqué Giorgia Meloni dans la presse italienne, se disant « sous le choc » et déçu de son « manque de courage » – alors qu’elle était son partenaire préféré en Europe.
Il y a évidemment une spécificité israélienne dans cette crise, en raison du poids de l’histoire, de la montée de l’antisémitisme, et de l’origine européenne d’une partie des Israéliens ; mais il ne faut pas ignorer le clivage idéologique global dans lequel s’inscrit Netanyahou dans ce monde polarisé.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : La rédaction suivra cette actualité pour vous fournir un point de vue complet.

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