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15 avril 2026« Des gens qui étaient amis ne se parlent plus » : à Rieux-Minervois, « frictions », « malaise » et « tensions » agitent un village où le second tour des municipales et ses 623 bulletins nuls ne sont toujours pas digérés
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Un regard éditorial sur « « Des gens qui étaient amis ne se parlent plus » : à Rieux-Minervois, « frictions », « malaise » et « tensions » agitent un village où le second tour des municipales et ses 623 bulletins nuls ne sont toujours pas digérés » pour mieux comprendre l'article.
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Le dimanche 22 mars, Bernard Yagues, maire sortant, emportait le 2ᵉ tour des municipales à Rieux-Minervois. Mais les 623 bulletins de son adversaire, Yoann Conte, étaient déclarés nuls. Depuis, le conseil municipal, exclusivement composé de la liste du maire sortant, a été installé, alors que deux recours demandant l’annulation du scrutin ont été déposés devant le tribunal administratif de Montpellier. En attendant l’audience qui permettra de statuer, tensions, doutes et divisions occupent le quotidien du village de 2 000 habitants.
Prudence oblige, le patron du Café du Commerce de Rieux-Minervois ne s’étendra pas sur un sujet sensible. Et donc pas forcément bon pour les affaires. Mais ce vendredi 10 avril 2026, il confirme que, trois semaines après le 2nd tour des municipales, la question occupe toujours autant les discussions dans son établissement : « Oui, bien sûr, ça en parle. » Sur la terrasse, ce Mérinvillois, s’il affirme ne plus voter, l’assure : « Ça jacte, c’est certain. Les gens parlent de ça tous les jours. Et ça crée des frictions, oui. »
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Le 22 mars, le maire sortant Bernard Yagues l’emportait. Surpassant les plus de 87 % décrochés par Vladimir Poutine pour sa réélection en 2024 à la tête du Kremlin. Au-delà des 99,93 % amassés le 15 mars 2026 par le parti de Kim Jong Un en Corée du Nord, pour désigner les 687 députés de l’Assemblée populaire suprême (APS). La liste de Bernard Yagues n’a pas fait dans le détail : 100 % des 443 suffrages exprimés.
Mais dans les urnes, 623 bulletins nuls ont aussi été comptabilisés, pour 1 090 votants. Et si ce vote défraye la chronique mérinvilloise, c’est que ces 623 nuls étaient tous des bulletins de Yoann Conte, l’adversaire de Bernard Yagues. Un candidat déjà arrivé en tête du 1er tour, le 15 mars, avec 44,65 %, devant le maire sortant (39,55 %), et la 3e liste d’Albert Riba (15,8 %).
Un référé rejeté, et deux recours en attente de jugement
Une nullité liée à l’inversion des n° 18 et 20 sur les bulletins par rapport à la liste officielle enregistrée en préfecture de l’Aude. Une lecture que ne goûte pas le candidat malheureux. Menant Yoann Conte à engager les hostilités pour viser un 3e tour : d’abord avec une requête en référé, le 23 mars, devant le tribunal administratif de Montpellier, pour demander de « suspendre l’exécution de la proclamation des résultats » et « l’organisation d’une nouvelle élection » ; puis avec une requête sur le fond, le 24 mars. Le 25 mars, l’instance rejetait le référé, considérant qu’aucune « urgence particulière » à statuer ne se manifestait.
Voilà donc les Mérinvillois, Yoann Conte et Albert Riba, également à l’origine d’une requête en annulation, condamnés à attendre. Car si c’est bien dans un délai de trois mois maximum à compter de la date de dépôt de la protestation que le tribunal doit audiencer le recours – et donc au plus tard le 25 juin 2026 à Rieux –, le village du Minervois n’est pas la seule commune à avoir « enrichi » l’agenda de l’instance montpelliéraine. Le 30 mars, le greffe publiait son « bilan du contentieux électoral » pour ces municipales 2026 sur les trois départements de son ressort : avec 41 protestations au total dans l’Hérault, 16 dans les Pyrénées-Orientales et 32 dans l’Aude (27 pour un 1er tour, 5 pour un second tour).
Les gens veulent tout simplement le maire pour lequel ils ont voté
En attendant, Rieux-Minervois a depuis le 27 mars un nouveau conseil municipal. Dix-neuf élus, exclusivement issus de la liste de Bernard Yagues. Un maire qui, mardi 14 avril, ne niait pas le délicat contexte local : « Forcément, il y a des tensions. » Devant la mairie, au moment où se déroulait le conseil, une cinquantaine d’habitants avaient d’ailleurs affiché leur dépit, brandissant des pancartes appelant au choix au « Respect », à la « Démission » ou dénonçant un « Mépris ».
Pas de quoi choquer Bernard Yagues : « Du moment qu’ils ne perturbent pas le conseil, ils ont évidemment le droit d’exprimer leur avis. » Cet avis, plusieurs Mérinvillois avaient souhaité l’exprimer, cinq jours après le lancement d’une pétition en ligne, demandant la « reconnaissance des suffrages exprimés et la transparence du scrutin municipal ». Le 10 avril, à Rieux, l’attente est traduite en quelques mots : « Les gens veulent tout simplement le maire pour lequel ils ont voté. » Une position mise en image sur une affiche : « 623 > 443. Faisons entendre nos voix. »
Anne Francisco, Jeanine Zoccarato, Christophe Boléchala et Eddy Rosel détaillent leurs sentiments : « On veut que nos voix soient comptabilisées. On a fait notre devoir de citoyens et d’électeurs, et à la sortie, nos voix sont ramenées à 0, et le maire a les pleins pouvoirs. C’est désolant pour les 623 personnes. Si votre candidat perd, c’est le jeu. Mais là, c’est dérangeant. On se sent lésés. On aurait peut-être mieux fait de ne pas aller voter. »
Ce dépit, forcément, a des conséquences. « Il y a un vrai malaise dans le village. Des gens qui étaient amis ne se parlent plus. » À une petite centaine de mètres de là, retour au Café du Commerce. Où une professionnelle de santé dit sa colère : « C’est un déni de démocratie, c’est honteux. Même en dehors du village, des patients me parlent de ça. Et certains ont d’ailleurs signé la pétition alors qu’ils n’habitent pas à Rieux. »
Bien sûr qu’on s’est posé la question de savoir si on laissait tomber
Yoann Conte, lui, patiente, tant bien que mal : « On subit l’agenda. » Mais son avis exprimé dès le soir du 1er tour n’a pas changé : « Je suis choqué, un peu dégoûté. Il garde le pouvoir alors que le vote a manifesté un rejet des électeurs. Mais ce qui m’a le plus vexé, c’est que personne dans son équipe n’ait choisi de quitter le navire. » Effectivement, Bernard Yagues le dit : « L’équipe est soudée. Et même si un élu va partir, ce n’est pas la débandade comme certains le disent. » Référence aux rumeurs qui, tensions obligent, agitent le village.
Comme celle d’un potentiel huis clos pour le prochain conseil municipal : « Je vous rassure, il se déroulera normalement. On ne fera pas venir la police, ni l’armée », s’amuse celui qui, « dans l’attente du jugement », veut « continuer à avancer. On lance des projets qui avaient été préparés lors de l’ancien mandat, avec des aménagements sur le stade qui étaient déjà budgétisés, avec un city stade, ou encore la rénovation partielle du contournement du village ».
Des exemples donnés pour justifier le choix d’enfiler l’écharpe, malgré ce résultat contesté : « Bien sûr qu’on s’est posé la question de savoir si on laissait tomber, et si on laissait la préfecture gérer le village. Mais qu’est-ce que ça allait nous apporter ? » Cette idée fait pourtant son chemin dans la population.
Au Café du Commerce, ce Mérinvillois l’assure : « Le plus simple et le plus clair, ça aurait été qu’il démissionne et qu’une autre élection soit organisée. » Une voie qui, sans surprise, a les faveurs de Yoann Conte, qui rappelle ce que les 623 bulletins nuls auraient pu représenter s’ils avaient été pris en compte : « Je ne comprends toujours pas. Il a été écrasé à près de 60 %. »
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : La rédaction reste attentive et continuera à observer les faits.

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