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15 avril 2026Analyse : Cette nouvelle fait l'objet d'une attention particulière de notre équipe éditoriale.
L'équipe éditoriale a étudié « BHL, Chalandon… Des plumes de Grasset sur le départ après l’éviction choc d’Olivier Nora » et partage son avis.
Points importants
THOMAS SAMSON / AFP
Pas de tergiversation du côté de l’écrivain Bernard-Henri Lévy, qui a déjà annoncé qu’il suivrait le PDG historique des éditions Grasset, quel que soit la destination.
Dernier refuge éditorial relativement indépendant du côté de la galaxie Bolloré, la maison d’édition Grasset paye déjà cher l’éviction de son PDG historique Olivier Nora. Officialisé ce mardi 14 avril, le débarquement par Vincent Bolloré de cet éditeur français respecté laisse entrevoir le départ de plusieurs grands noms derrière les couvertures jaunes, signature de cette maison d’édition.
Fidèles à la maison Grasset, en grande partie grâce au travail d’Olivier Nora depuis 26 ans, des auteurs tels que Bernard-Henri Lévy annoncent qu’ils sont prêts à quitter le navire. « Je pense à Grasset, ma maison depuis 54 ans (…) et, bien sûr, à Olivier Nora que je suivrais là où il ira », a écrit sans détour l’écrivain ce mercredi 15 avril sur X.
Comme lui, de nombreux noms préparent déjà la riposte aux interférences du milliardaire conservateur dans les affaires de Grasset. C’est un très proche de Vincent Bolloré qui a été choisi pour succéder à Olivier Nora : Jean-Christophe Thiery, actuel bras droit d’Arnaud Lagardère chez Hachette, et qualifié par l’AFP d’homme de confiance du milliardaire conservateur. « Une action commune » est donc en préparation par des dizaines d’auteurs, dont beaucoup dénoncent « l’éviction » d’Olivier Nora, rapporte l’AFP.
Mobilisation collective pour quitter Grasset
« La parole individuelle ne suffit pas, il faut agir collectivement », glisse même un membre d’un collectif d’une centaine d’auteurs qui s’est constitué dans l’urgence et qui doit se réunir en fin de journée pour concrétiser cette mobilisation. Avec l’éviction d’Olivier Nora, « c’est la diversité de Grasset, où on trouve des gens de droite comme de gauche, qui est attaquée », confie un autre membre de ce collectif improvisé.
« J’ai toujours dit que si on touchait un cheveu d’Olivier Nora, je partirais de Grasset et ma position n’a pas changé », a également déclaré à l’AFP Sorj Chalandon, dont le dernier roman a été publié en 2025. Même son de cloche pour l’éditrice et essayiste Laure Adler, qui confie à Libération sa « tristesse » et sa « combativité » dans un tel contexte. « Ce qui est en train de se jouer est extrêmement grave pour la liberté d’expression, l’incarnation de ce qu’est un travail d’éditeur, son inventivité littéraire et romanesque, son rapport aux idées », affirme-t-elle, tout en rappelant que Grasset est « une maison d’édition portée par le pluralisme des idées », mais qu’elle jamais « prêté le flanc à une quelconque porosité avec les idées d’extrême droite ».
Le problème pour Grasset, c’est que ce mouvement s’annonce large et devrait toucher plusieurs grands noms historiquement reliés à son catalogue. On peut ainsi citer Virginie Despentes, Vanessa Springora, Gaël Faye ou encore David Dufresne. Ce dernier a officialisé sur Bluesky ses envies d’ailleurs : « Bolloré piétine l’édition. Ce sera sans moi. Grande tristesse de quitter Grasset, maison que le milliardaire a rachetée et dont il prétend tout démolir ».
Porte de sortie pour BHL et Virginie Despentes
De son côté, Olivier Nora ne s’est toujours pas expliqué sur les vraies raisons de son départ, se contentant d’exprimer sa « fierté d’avoir pu porter les couleurs » de Grasset « en toute indépendance » dans un communiqué. Son avenir reste donc inconnu. Le Nouvel Obs révèle toutefois qu’il ne compte pas partir en laissant derrière lui ses auteurs et collaborateurs habituels.
Deux stars de Grasset, à savoir Virginie Despentes et Bernard-Henri Lévy, sont ainsi étroitement liées à Olivier Nora par un contrat dit intuitu personae. Une notion juridique permettant de qualifier une relation existant entre deux personnes qui ne peut pas être transposée à d’autres personnes. Une porte de sortie bien pratique pour eux s’ils veulent échapper à l’emprise éditoriale de Vincent Bolloré.
Pour les autres, Le Nouvel Obs relaye aussi ce mouvement d’auteurs se regroupant pour envisager les différentes voies de sortie possibles et comme le rappelle Libé, envisager une stratégie pour récupérer les droits de leurs livres afin qu’ils ne soient plus exploités par Hachette Livre. L’ancien ministre Dominique de Villepin s’est exprimé en ce sens sur X. « Je m’opposerai à toute réédition de mon livre Mémoire de paix pour temps de guerre par le groupe Hachette tant que ces circonstances prévaudront », a-t-il assumé dans un message de soutien à Olivier Nora. Pour mener la fronde, ce petit monde semble pouvoir se réunir autour de la rédacteur et romancière Colombe Schneck. Libération indique qu’elle partage le message suivant à ses contacts : « Suite à l’éviction d’Olivier Nora, réfléchissons ensemble à une action collective ».
La recomposition des maisons contrôlées par Hachette Livre, sous impulsion de Vincent Bolloré, à tout de l’effet papillon. Chez Fayard, également détenu par Vincent Bolloré via Hachette Livre, un mouvement similaire d’auteurs est déjà à l’œuvre depuis plusieurs semaines au sein de la maison d’édition qui publie Philippe de Villiers, Jordan Bardella, Marion Maréchal ou encore Éric Zemmour.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Notre rédaction reste attentive à l'évolution de cette actualité.

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