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15 avril 2026Pour faire baisser le prix du carburant, les distributeurs veulent suspendre cette mesure écolo
Analyse : Voici les points saillants relevés par nos journalistes.
Voici l'avis général de nos rédacteurs sur « Pour faire baisser le prix du carburant, les distributeurs veulent suspendre cette mesure écolo ».
À retenir
FREDERIC MOREAU / Hans Lucas via AFP
Photo d’illustraiton. Une personne fait le plein d’essence à La Charité-sur-Loire, en France, le 25 mars 2026.
• La grande distribution propose de suspendre les certificats d’économies d’énergie (CEE), Leclerc voyant une baisse possible des prix de 15 à 20 centimes par litre.
• Cette suspension pourrait cependant avoir des répercussions sur le financement de la transition écologique.
L’idée a été adressée directement à Sébastien Lecornu, par les dirigeants de Carrefour, Auchan, Intermarché, Leclerc et Coopérative U. Pour faire baisser le prix des carburants, monté en flèche en raison de la guerre au Moyen-Orient, les cinq premiers distributeurs français proposent au Premier ministre de suspendre, temporairement, un dispositif dédié à la transition écologique : les certificats d’économies d’énergie (CEE ou C2E).
Cette suspension pourrait faire baisser le prix à la pompe de « 15 à 20 centimes par litre », indiquent-ils dans une lettre commune. L’idée a été défendue au journal de 20 heures de TF1, ce mardi 14 avril, par le patron des magasins Leclerc, Michel-Édouard Leclerc, qui a évoqué une possible baisse d’« entre 12 et 17 centimes par litre ».
Ce mercredi matin, sur franceinfo, Thierry Cotillard, président du groupement Mousquetaires, a de nouveau appelé à la suspension des CEE. « Il faut peut-être faire le choix que cette manne d’argent soit utilisée à très court terme pour être investie dans le prix de l’essence et soulager les Français », a-t-il déclaré.
Cette proposition intervient alors que le gouvernement envisage, lui, d’encadrer les marges des distributeurs. « Il n’y a pas de décision prise à ce stade », a assuré ce mercredi la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon. Vent debout contre cette potentielle mesure, les distributeurs dénoncent un texte « injuste, inapplicable et illégal », et tentent de proposer des alternatives, comme la suspension des CEE.
Une mesure aux contours incertains
La suspension des CEE proposée par les distributeurs permettrait une baisse de 15 centimes d’euros en moyenne par litre, ce qui ne compenserait que partiellement l’envolée des prix du carburant. Depuis le début du conflit en Iran, les prix ont fortement augmenté : environ + 20 centimes pour l’essence, qui atteint près de 2 euros le litre en moyenne, et + 60 centimes pour le diesel, désormais au-delà de 2,30 euros.
De plus, si les distributeurs appellent à une suspension « temporaire », aucune durée n’a pour le moment été clairement envisagée. De son côté, Michel-Édouard Leclerc a par exemple évoqué une suspension pour six mois et assuré que « ça ne veut pas dire que le paiement n’aura pas lieu », sans détailler les modalités. Sur franceinfo, le patron des Mousquetaires a fait des déclarations tout aussi alambiquées.
Cette proposition de suspendre les CEE soulève quoi qu’il en soit une question centrale : faut-il privilégier un soulagement, même faible, des prix à la pompe au détriment de la transition énergétique ? Car le mécanisme des certificats d’économies d’énergie, utilisé depuis 2005, est un élément clé de la politique climatique du pays.
Le CEE, dispositif clé de la transition écologique
Fondé sur le principe du pollueur-payeur, le dispositif oblige les fournisseurs d’énergie à financer des actions concrètes de réduction de la consommation d’énergie : rénovation thermique, changement d’équipements, électrification des usages… Ce système a permis de mobiliser des milliards d’euros d’investissements privés dans la transition énergétique, pour les entreprises comme pour les particuliers, sans peser directement sur le budget de l’État.
Concrètement, lorsqu’un fournisseur aide un ménage à isoler son logement ou à remplacer une chaudière au fioul, il obtient des certificats attestant des économies d’énergie réalisées. Ces certificats sont ensuite comptabilisés pour atteindre des objectifs fixés par l’État sur des périodes de quatre ans. À défaut, des pénalités financières sont appliquées.
Mais ce modèle n’est pas sans critiques. La Cour des comptes a pointé un manque de transparence et une efficacité difficile à mesurer. Surtout, le coût du dispositif est en partie répercuté sur les consommateurs. Selon l’institution, plus de 4 % des factures d’énergie financent indirectement ces aides, soit environ 7,3 centimes par litre de carburant. Dans un examen publié en 2024, la Cour des comptes appelait à une « réforme d’ampleur », voire à « une suppression » du dispositif si son efficacité ne s’améliorait pas. Elle soulignait aussi que le Danemark avait abandonné un dispositif comparable en 2020, au profit d’un mix plus lisible de subventions et de taxes.
En France, le risque d’une suspension des CEE pour soulager les automobilistes serait double. À court terme, elle pourrait désorganiser les filières de la rénovation énergétique, très dépendantes de ces financements, alors que MaPrimeRénov’ croule sous les demandes. À plus long terme, le risque est de voir cette suspension temporaire s’installer dans la durée, voire déboucher sur un abandon du dispositif sans solution de remplacement, ce qui constituerait un véritable recul pour la politique climatique.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Les évolutions seront analysées par notre équipe pour vous tenir informés.

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