Bientôt chez vous du jeudi 16 avril 2026
16 avril 2026
le chiffre d’affaires des filières françaises en chute libre en mars
16 avril 2026Jean-Luc Mélenchon, pas encore candidat, mais déjà en campagne pour la présidentielle de 2027 – franceinfo
Analyse : Quelques observations de notre équipe sur cette actualité récente.
Voici l'avis général de nos rédacteurs sur « Jean-Luc Mélenchon, pas encore candidat, mais déjà en campagne pour la présidentielle de 2027 – franceinfo ».
Ce qu'il faut retenir
Officiellement, le nom du candidat de La France insoumise à la présidentielle de 2027 n’est pas connu. « Soyez toujours prêt, on ne sait jamais », s’amuse une élue, comme si ce rôle pouvait échapper à Jean-Luc Mélenchon, qui s’apprête à concourir pour la quatrième fois, après des tentatives manquées en 2012, 2017 et 2022. Pour l’heure, il n’a été fait aucune mention directe du fondateur du mouvement, qui s’est réuni lors de son assemblée représentative, dimanche 12 avril.
Au menu de cette réunion semestrielle : le bilan des élections municipales, les « batailles » de 2026 et surtout la préparation de la campagne présidentielle de 2027. « Il s’agit d’une investiture populaire, exigeant le parrainage de 150 000 citoyens, comme le prévoit notre programme, afin de valider notre candidature. Comme nous l’avions décidé en cas d’élection présidentielle anticipée, l’intergroupe de La France insoumise, sur proposition de la Coordination des espaces, proposera une candidature pour cette investiture populaire », est-il écrit dans le note que doivent valider les militants avant dimanche 19 avril, 20 heures.
Aucune date n’a été fixée pour l’annonce, mais nul doute que Jean-Luc Mélenchon sera sur la ligne de départ. « On a besoin d’une figure qui a une profondeur, une maîtrise des questions internationales, une expérience, et indéniablement Jean-Luc Mélenchon a ces qualités », a estimé Manuel Bompard, coordinateur du mouvement, sur Public Sénat, mercredi. « Sa candidature a un caractère d’évidence, car aujourd’hui il reste le meilleur », a défendu auprès de 20 Minutes Aurélien Saintoul, député LFI des Hauts-de-Seine. « Je créerai les conditions pour qu’en 2027, Jean-Luc Mélenchon, qui sera notre candidat, puisse fédérer le plus largement possible », a même affirmé sur M6 Bally Bagayoko, le nouveau maire de Saint-Denis et Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis).
Le tribun semblait pourtant vouloir passer la main au soir de sa défaite au premier tour, en 2022. « Alors bien sûr, les plus jeunes vont me dire : ‘Alors, on n’y est encore pas arrivés ?’. C’est pas loin, hein ? Faites mieux, merci », avait-il conclu devant ses partisans émus. Certes, l’ancien sénateur socialiste a attendu davantage que pour 2022, lorsqu’il avait proposé sa candidature à un an et demi du scrutin, en novembre 2020. Les signes s’accumulent cependant : le cofondateur de LFI s’est démultiplié lors de la campagne des municipales, a assisté au lancement du pendant européen de son think tank de l’institut La Boétie, vendredi 10 avril, tout en lançant des conférences de presse avec les « nouveaux médias », appelées à se reproduire régulièrement. « Que des instagrammeurs et des fans », grince un socialiste.
Quoi qu’il en soit, la machine insoumise est déjà en marche vers la présidentielle, la troisième pour LFI, qui vient de fêter ses dix bougies. « La campagne a démarré », a affirmé Paul Vannier, député et coresponsable des élections au parti, auprès du Huffpost. « Jaloux » de voir le mouvement mélenchoniste s’activer pleinement pour 2027, l’élu socialiste cité plus haut dresse un comparatif amer avec les atermoiements du PS : « Un TGV, on ne le porte pas en une minute à 300 km/h. La présidentielle, c’est un mec sur le terrain qui réchauffe le pays. »
« Ces gens savent faire de la politique. »
Un parlementaire socialiste à propos des insoumisà franceinfo
De facto, malgré les polémiques sur la mise en examen d’un assistant parlementaire LFI dans la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque ou sur sa prononciation des noms de Jeffrey Epstein et Raphaël Glucksmann, Jean-Luc Mélenchon déploie sa stratégie et occupe l’espace, soutenu par un mouvement sans voix dissonante.
En introduisant d’abord de nouvelles expressions dans l’atmosphère, comme celle d’une « nouvelle France » rajeunie, précarisée et féminisée, faite d’un brassage culturel et ethnique prolongé, ce qu’il avait en partie déjà désigné avec la « créolisation », à partir de 2020. Ces mots ont irrité nombre de personnalités de droite et d’extrême droite, et la gauche ne les a pas non plus adoptés, par rejet d’une conception identitaire de la société. Un « concept maladroit », selon le premier secrétaire socialiste, Olivier Faure, sur franceinfo, « surtout lorsqu’il reprend le concept d’un ‘grand remplacement’ qu’il faudrait revendiquer ». C’est surtout le signe que le chef de file de LFI « est en rodage », veut croire un communiste.
« Jean-Luc Mélenchon balance beaucoup de trucs, on sent que ce n’est pas stabilisé. »
Un élu communisteà franceinfo
La France insoumise et son chef de file tentent aussi d’élargir la base du mouvement en vue de 2027, à savoir la présidentielle mais aussi les législatives, après la dissolution qui sera inévitablement provoquée par l’absence de majorité pour le nouveau chef de l’Etat. Les cadres insoumis se félicitent déjà d’avoir très bien négocié les élections municipales de mars, et d’entamer le marathon de la présidentielle « plus forts que jamais », a lancé Paul Vannier lors de l’assemblée représentative de dimanche. Voilà donc plusieurs mois que les responsables de LFI multiplient les propositions à leurs partenaires de gauche pour grappiller quelques points décisifs. Et pas question pour eux de souscrire à la primaire ardemment souhaitée par plusieurs partis, comme Les Ecologistes, Génération.s, Picardie Debout, et certains au Parti socialiste. Les insoumis préfèrent lancer leurs propres initiatives.
En février, Jean-Luc Mélenchon a ainsi formulé une « offre fédérative » aux communistes pour la présidentielle et les législatives. Depuis, la direction du PCF, incarnée par Fabien Roussel, a refusé ces appels du pied, comme la proposition de « nouvelle alliance populaire » lancée début avril par Manuel Bompard aux communistes et aux écologistes, dans les colonnes du Parisien. « Avant de parler de candidature, je veux parler d’ambition et de projet », a balayé Fabien Roussel sur franceinfo, mardi matin. Mais chez les communistes, tout le monde n’est pas hostile aux invites de LFI. Le patron des députés du parti, Stéphane Peu, défend ainsi une candidature de « rupture » et dialogue avec Jean-Luc Mélenchon, comme lors d’une conférence à l’institut La Boétie, jeudi 9 avril.
Chez Les Ecologistes, Sandrine Rousseau a assuré à La Tribune qu’elle n’avait pas l’intention de quitter son parti, mais ses critiques répétées de la ligne incarnée par Marine Tondelier en font une alliée possible de la candidature mélenchoniste dans les prochains mois. Certains élus, moins connus, se sont déjà rapprochés de la sphère LFI. Une poignée d’entre eux a décidé de créer Les Verts populaires lors de la campagne des municipales, cet hiver. La direction des Ecologistes a dénoncé une « opération d’ingérence », une accusation rejetée par les insoumis, qui se sont réjouis d’une « scission » chez leur partenaire. Depuis, les rapports restent tendus entre les deux camps, d’autant plus que des écologistes adversaires des insoumis comme Yannick Jadot appellent à prendre encore plus de distance avec Jean-Luc Mélenchon.
Au-delà des désaccords de fond avec l’ancien sénateur de 74 ans, beaucoup de ses détracteurs de gauche insistent sur l’incapacité qui serait la sienne à rassembler une majorité de Français au second tour. « Il faudrait que les insoumis se rappellent que gagner l’élection présidentielle, ce n’est pas aller au second tour, c’est gagner le deuxième tour. Or, aujourd’hui, tous les sondages au-delà de toutes les marges d’erreur démontrent qu’il y a un rejet bien plus fort de La France insoumise par les Français que du RN », dénonce un cadre du PS, les yeux sur les quelques sondages qui donnent Jean-Luc Mélenchon largement battu par Marine Le Pen ou Jordan Bardella. Ces enquêtes d’opinion, réalisées très loin de l’échéance, sont pourtant à analyser avec beaucoup de précaution.
Du côté de LFI, l’argument ne prend pas. « Dans le monde parallèle des sondages, ça n’est pas très compliqué, tout le monde perd face à Bardella. Mais un sondage de second tour n’a aucune valeur dès lors que les sondés ne sont pas placés devant ce scénario », estime l’eurodéputée Manon Aubry auprès de 20 Minutes. « Nous avons un socle extrêmement solide, fait de béton armé, que je situe entre 12 et 15%. Au deuxième tour, nous aurons des ressources considérables, notamment chez les abstentionnistes », promet quant à lui Paul Vannier au Huffpost. « Son socle n’est pas en dessous de 10%, en tout cas », reconnaît un socialiste hostile à LFI. Certaines voix s’inquiètent cependant de la volonté des insoumis de ne pas adoucir leur discours pour rassembler leurs alliés dans les prochains mois, qui s’annoncent décisifs. « Est-ce qu’ils font tout pour que l’union advienne ? Bien sûr que non », regrette un communiste. A l’aube d’une quatrième candidature, Jean-Luc Mélenchon entend démontrer que cette union finira bien par se matérialiser derrière lui.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Quelques éléments à garder en tête pour suivre cette actualité.

9999999/2026/04/15/69df6be454716053476827.jpg?w=1200&resize=1200,480&ssl=1)
