
Guerre en Iran : Donald Trump affirme que les dirigeants israélien et libanais vont se parler ce jeudi
16 avril 2026
les distributeurs vent debout contre le décret
16 avril 2026Analyse : Un rapide aperçu de cette information selon nos journalistes.
Les journalistes partagent leur point de vue sur « Au Brésil, le secteur de l’agro-négoce s’inquiète de la guerre au Moyen-Orient ».
Faits marquants
C’est une sorte de tempête parfaite qui se forme. D’abord, les exportations de ce secteur vers le Moyen-Orient, un marché important pour le pays, devraient baisser, tandis que la hausse des prix du carburant alourdit les coûts d’exploitation. Or, le secteur agroalimentaire brésilien était déjà handicapé, avant même le déclenchement de la guerre, par un cours du real assez élevé face au dollar, ce qui diminue les marges à l’exportation.
À ce contexte, s’ajoute maintenant la crainte de pénurie et d’envolée des prix des fertilisants. Le pays en est le principal consommateur mondial mais il importe 85% de ses besoins. Environ un tiers des fertilisants viennent du Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz fait s’envoler les prix. Pire, les autres grands producteurs exportent moins : la Biélorussie et la Russie, à cause de la guerre en Ukraine, la Chine, parce qu’elle souhaite garder ses stocks pour elle-même.
Un « risque extrêmement élevé »
Ces difficultés d’approvisionnement peuvent entraîner des effets en cascade. Une note interne du ministère de l’Agriculture parle d’un « risque extrêmement élevé » et anticipe une pénurie pour le secteur. Il pourrait manquer jusqu’à trois millions de tonnes de fertilisants en 2026, de quoi perturber fortement les semis du second semestre et ceux de 2027.
Les agriculteurs vont devoir se disputer les ressources disponibles, les payer plus cher et vont avoir à gérer des retards coûteux. En bout de chaîne, tout cela pourrait se répercuter sur les consommateurs brésiliens, et même sur le reste de la planète. Car le Brésil est le premier exportateur mondial de soja, de maïs, de canne à sucre et de café. Et quand un tel géant agricole produit moins, l’offre diminue et les prix augmentent.
Un plan gouvernemental pour le pays neuvième producteur mondial de pétrole
Il y a bien un plan pour réduire la dépendance du pays aux fertilisants, mais ses effets se feront seulement sentir à très long terme. Dans l’urgence, le gouvernement brésilien peut limiter une hausse trop grande des prix des engrais par des subventions ou des baisses d’impôts.
L’avantage du Brésil, c’est qu’il est le neuvième producteur mondial de pétrole, et qu’il espère profiter du prix record du baril pour financer les secteurs en difficultés. L’agro-négoce l’a bien compris et souhaite ainsi obtenir cinq milliards d’euros, soit plus de la moitié des réserves gardées dans un fonds stratégique issues des profits de la vente du pétrole. Créé en 2010, ce fonds est censé financer des projets sociaux mais le puissant lobby de l’agro-négoce fait pression pour en bénéficier.
Sauf que le secteur n’est pas le seul à attendre un coup de pouce. Diesel, carburant pour l’aviation et gaz de cuisine, de nombreuses aides ont été annoncées début avril par le gouvernement Lula. Avec une élection présidentielle prévue en octobre, le chef d’État brésilien, jusqu’ici favori, espère dépenser assez pour s’éviter une colère généralisée qui pourrait saborder sa campagne.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Notre rédaction suivra les développements à venir et partagera des analyses.

9999999