Et si la Chine était la gagnante de la guerre en Iran ?
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au Liban, des sinistrés comptent sur l’aide du Hezbollah pour pallier la défaillance de l’Etat – franceinfo
16 avril 2026Analyse : Notre rédaction met en lumière les points essentiels de cette information.
Voici les éléments principaux de « Russie: le serrage de vis sur internet suscite un mécontentement croissant » pour nos lecteurs.
Résumé rapide
En plus des coupures internet, Telegram est désormais inaccessible sans VPN en Russie. Ces outils, qui permettent de se localiser dans un autre pays, sont aussi l’objet d’une pression croissante. Des restrictions qui passent mal dans le pays.
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De notre correspondante à Moscou,
Pas un jour ne passe sans un témoignage de citoyen qui grince des dents. Des commentaires et réactions nombreux, spontanés et rares dans leur ampleur. Et parfois des coups de colère qui s’expriment sur les réseaux sociaux. Quand ils arrivent à s’y connecter, les Russes y vident parfois leur sac. Récemment, une femme qui vit dans un village de la région de Nijni Novgorod a posté une vidéo où elle s’est exprimée sans détours : « Je ne supporte plus ce que ces petits tyrans, totalement déconnectés de la réalité, nous font subir. Je ne trouve pas d’autre mot. Je n’ai pas honte de le dire. Je vis dans un village isolé. Le seul moyen de travailler et d’étudier ici, c’est en ligne. Mes enfants n’ont pas pu s’éduquer depuis une semaine. »
La liste de ses difficultés s’étend aussi à sa vie professionnelle et de citoyenne. « Pour accéder à la caisse enregistreuse où mes clients me paient, à ma banque pour payer mes impôts, pour retirer de l’argent, pour tout ça, je dois me connecter à un VPN, liste-t-elle. Pour que mes enfants puissent se connecter à l’école, je dois payer un VPN… ce qui est impossible sans internet. Alors, je dois parcourir 10 kilomètres en voiture, à la recherche d’un réseau Wi-Fi. »
L’usage des VPN tourne, lui, au casse-tête. Depuis le blocage de Telegram début avril, les achats ont explosé. Selon diverses estimations, aujourd’hui, plus de la moitié des Russes en posséderaient. Sauf que, et c’est nouveau depuis quelques jours, désormais, certaines applications officielles, ou celles des banques, affichent un message : « Attention, cette application n’est pas utilisable avec un VPN en fonctionnement », voire se déconnectent immédiatement sans prévenir quand elles repèrent son usage. Alors, il faut passer son temps à connecter puis déconnecter le VPN, puis connecter et reconnecter d’autres applications… et ainsi de suite.
Vers une loi pour renchérir le coût de l’usage des VPN ?
Une gymnastique qui pèse sur les nerfs de chacun, et ça n’est pas fini : les autorités envisagent une loi qui permettrait d’exiger des opérateurs le repérage des utilisateurs de VPN et de les surtaxer lourdement pour leur usage. Interrogé encore mardi 14 avril, le porte-parole du Kremlin a répété le même message : « Les considérations de sécurité imposent la nécessité de prendre certaines mesures. » Le pouvoir avance que ces restrictions sont justifiées par les attaques de drones venues d’Ukraine, et qu’elles sont donc temporaires.
Beaucoup d’autres rappellent qu’avant même la guerre en Ukraine, on entendait déjà parler de créer en Russie un « internet souverain », un internet 100% russe, ce que certains appellent « un rideau de fer numérique ». La messagerie nationale, Max, vers laquelle les autorités poussent les Russes à migrer, n’est pas seulement réputée transparente pour les services de sécurité : elle n’est aussi téléchargeable et utilisable qu’avec un numéro russe ou biélorusse. Autrement dit, il est impossible d’appeler ou d’être appelé en dehors de ces pays.
Des influenceuses ont même pris la parole cette semaine sur le sujet. La première est Victoria Bona. 46 ans et en paraissant 10 de moins. Cette blogueuse est installée à Monaco depuis une quinzaine d’années, tout en faisant des apparitions régulières à la télévision russe. Jusque-là, l’influenceuse avait pour habitude de faire de la publicité pour du maquillage, des cosmétiques et des produits amaigrissants. Mais ce lundi, elle a publié une vidéo de 18 minutes, en appelant au chef de l’État russe : « Vladimir Vladimirovitch, le peuple a peur de vous. Les blogueurs ont peur de vous. Les artistes ont peur. Les gouverneurs ont peur. Vous êtes le président de notre pays. Je ne pense pas que nous devions avoir peur. Je crois qu’il y a un mur immense et épais entre vous et nous, les gens ordinaires. Et je veux abattre ce mur. »
Victoria Bona a listé les sujets du moment qui préoccupent en Russie, comme les graves inondations au Daguestan, les très nombreux abattages d’animaux pour motif officiel de risque d’épidémie en Sibérie, mais aussi les blocages d’internet et des messageries comme Telegram. Elle avance : « C’est avec ça que nous nous soutenons les uns les autres au sein du pays, ça nous donne la possibilité de rester unis pour éviter de sombrer. »
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Un message de protestation devenu viral
Son message est très prudent. Aucune attaque directe contre le chef de l’État russe et pas un seul mot contre les services de sécurité : deux lignes rouges connues en Russie. Cette loyaliste, qui a toujours affirmé soutenir Vladimir Poutine et n’a jamais dit un mot contre la guerre en Ukraine, parle à un public du même profil qu’elle, essentiellement tourné vers ses préoccupations du quotidien et sans aucun souhait de changement de direction. Son message de protestation très calibré a reçu, au dernier décompte, environ 15 millions de vues, plus de 750 000 likes et quelque 50 000 commentaires.
Mercredi 15 avril, c’est une personnalité très en phase avec le Kremlin qui a pris la parole : Ivan Okhlobystin, partisan de « l’opération spéciale » et soutien des autorités russes, qu’on a même vu sur la scène sur la place rouge fin septembre 2022 lors de la soirée de célébration des référendums d’annexion des régions de Louhansk, Donestk Zaporija et Kherson. Cet ultra-loyaliste, engagé dans la reconduction au pouvoir de Vladimir Poutine lors de la présidentielle de 2024, a publiquement critiqué le blocage d’internet, les comparant à un retour en URSS. « Les restrictions numériques sont une énorme erreur, a-t-il déclaré, nous vivons au XXIe siècle, où ça ne peut être limité. »
Selon VTSIOM, l’institut de sondage officiel, la cote de popularité de Vladimir Poutine a chuté à 67,8% ce mois-ci, soit huit points de moins qu’en janvier, et surtout le même niveau qu’en septembre 2022, au moment de la mobilisation partielle. Des chiffres à prendre avec des pincettes, évidemment, en période de conflit et de censure militaire.
la chronique de ces chiffres et de cette vidéo tombent au moment où les autorités russes accélèrent leur préparation des élections à la Douma de septembre prochain. Il s’agit des premières depuis le lancement de l’offensive en Ukraine.
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Source : www.rfi.fr
Conclusion : Nous restons attentifs aux développements futurs de cette actualité.

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