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16 avril 2026Afrobeats : le Nigeria à la conquête du monde : épisode du podcast Quand les nations se mettent en scène
Analyse : Nous mettons en lumière certains aspects de cette actualité.
Quelques observations clés de notre rédaction sur « Afrobeats : le Nigeria à la conquête du monde : épisode du podcast Quand les nations se mettent en scène ».
Points essentiels de l’article
L’afrobeats fait danser le monde entier. Des morceaux comme “Calm down” de Rema ou “Love Nwantiti” de Ckay cumulent des milliards d’écoutes sur les plateformes de streaming. Les artistes nigérians de l’afrobeats remplissent le Stade de France ou le London Stadium. Wizkid fait partie des stars invitées à Coachella, le plus grand festival de musique des États-Unis. Tout comme Davido ou Burna Boy, sa renommée est internationale.
Mais ses artistes ne gagnent presque rien dans leur pays d’origine : le Nigeria. Le chanteur Burna Boy aurait déclaré lui-même sur X en 2021 : “Je ne gagne pas d’argent au Nigeria”. La capitale culturelle du pays, Lagos, accueille pourtant l’une des scènes musicales les plus bouillonnantes du continent africain et permet au pays de projeter une image différente, loin des problèmes de corruption et de terrorisme.
Popularisée à l’internationale dans les années 1970 avec l’afrobeat de Fela Kuti, la tradition musicale nigériane mélange de nombreuses influences africaines avec le dance hall et le hip-hop. Mais si la musique de Fela Kuti portait un message politique marqué par le panafricanisme et les lutte décoloniales, l’afrobeats d’aujourd’hui semble prendre ses distances avec les engagements politiques de son illustre prédécesseur. Dans les musiques de l’afrobeats de ces vingt dernières années, il est surtout question d’amour, d’argent et de succès, sur le modèle du rêve américain, tout en imposant ses propres codes et son style. Et ce malgré un contexte économique et sécuritaire très difficile, puisque 60% de la population nigériane vit sous le seuil de pauvreté, et que dans le nord-est du pays, le gouvernement est confronté depuis 17 ans à une insurrection djihadiste menée par Boko Haram et d’autres factions dissidentes. Face au manque d’infrastructures et de perspectives financières, une grande partie de l’industrie musicale se délocalise à l’étranger, et les artistes signent avec des labels internationaux.
Comment cette industrie musicale a-t-elle pu se développer dans l’indifférence générale des autorités et séduire la scène musicale planétaire ? Pourquoi jusqu’à aujourd’hui les autorités locales n’ont-elles jamais accordé d’intérêt à ce soft power que représente l’afrobeats ? Cette scène musicale est-elle complètement apolitisée ou est-elle au contraire le reflet d’une jeunesse nigériane en quête de liberté et d’émancipation ?
Mélanie Chalandon s’entretient avec Jaana Serres, anthropologue spécialisée dans les médias mondiaux et la culture numérique, et Akotchayé Okio, directeur du développement international à la SACEM, ancien responsable du développement Afrique, ancien rappeur et entrepreneur culturel au Bénin.
Focus – L’artiste Burna Boy, reflet de l’ambivalence de l’industrie musicale nigériane
Avec Thanya Ockot, journaliste musicale et productrice audiovisuelle sur les scènes afro-caribéenne, et rédactrice pour PAM (Pan African Music).
Il y a pile un an, le 18 avril 2025, Burna Boy devenait le premier artiste africain de l’histoire à donner un concert en solo au Stade de France. Mais dans le même temps, Burna Boy prend régulièrement ses distances avec l’étiquette d’artiste d’afrobeats. Il se plaint des difficultés économiques du secteur musical dans son propre pays et s’inquiète d’un manque d’estime et de reconnaissance à l’étranger. En quoi cette ambivalence est-elle le reflet de l’industrie musicale nigériane ? Du succès et des fragilités de l’afrobeats ? De même, son engagement politique tour à tour affiché puis minimisé est-il le reflet de l’ambivalence politique de l’afrobeats à la fois représentatif d’une jeunesse nigériane contestataire et d’un libéralisme économique apolitisé ?
Références sonores
Référence musicale
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Nous continuerons à partager nos observations sur cette actualité.

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