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16 avril 2026Analyse : Cette nouvelle a été étudiée par nos journalistes pour une synthèse rapide.
Les journalistes partagent leur point de vue sur « Emanuel Haldeman-Julius, pionnier oublié du livre de poche ».
Résumé pour le lecteur
Philadelphie, 1904 : le jeune Emanuel Julius, 15 ans, dévore dans un parc un roman d’Oscar Wilde, La Ballade de la geôle de Reading, acheté d’occasion pour quelques centimes. Un choc littéraire et une prise de conscience : alors que les livres coûtent cher aux États-Unis, se procurer de quoi éprouver un tel coup de cœur sans se ruiner devrait être à la portée de chacun. Quinze ans après cette révélation adolescente, l’Américain lance une collection de livres de poche.
Dans notre vidéo en tête de cet articleOuverture dans un nouvel onglet, vous découvrirez comment cet enfant d’immigré ukrainien a contribué à préparer le lectorat américain à la lecture en format poche. Socialiste convaincu, Julius fréquente la bohème new-yorkaise avant de s’imposer comme entrepreneur visionnaire. Avec le soutien de sa femme Marcet Haldeman, il lance en 1919 les “Little Blue Books”. Ces petits volumes simplement agrafés et vendus 5 centimes – environ 1 dollar d’aujourd’hui – sont légers et tiennent facilement dans une poche. L’archiviste Goulven Le Brech, qui a consacré un livre au personnage, explique : « L’idée, c’est que le livre soit transportable et que les ouvriers ou les agriculteurs qui veulent se divertir ou se cultiver, puissent, pendant leur pause, sortir leur petit livre, le feuilleter et puis le ranger. »
Second titre paru dans ces Little Blue Books, La Ballade de la geôle de Reading d’Oscar Wilde, en hommage d’Emanuel Haldeman-Julius à son émotion de jeunesse. Mais la collection s’enrichira bientôt : Maupassant, Zola, Shakespeare côtoient des pamphlets contre la ségrégation, des écrits pour l’émancipation des femmes, et des manuels pratiques. Sa force : une distribution aussi inventive que le produit. Vente par correspondance pour commander des livres subversifs sans croiser le regard d’un libraire, distributeurs automatiques en gare, magasins éphémères… On estime à 500 millions le nombre d’exemplaires écoulés jusqu’à la fin de la collection. Julius finira pourtant sa vie criblé de dettes, rattrapé par le fisc et les perquisitions du FBI en plein maccarthysme. Sa formule sera supplantée par des formats plus robustes proposés par d’autres maisons.
Aux États-Unis, le livre de poche est aujourd’hui menacé par l’essor des ebooks et des audiobooks. Au point que son premier distributeur a annoncé mettre fin à sa diffusion.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Cette situation fera l’objet de mises à jour régulières par nos journalistes.

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