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4 mars 2026« À cet âge, on n’a rien à faire dans la rue de 22h à 6h », « On ne peut pas priver les gens de liberté », « Je trouve ça très bien » : Un couvre-feu pour les moins de 15 ans qui divise dans cette commune des Pyrénées-Orientales
Depuis le 27 février, les mineurs de moins de 15 ans non accompagnés ne peuvent plus circuler entre 22 heures et 6 heures du matin à Amélie-les-Bains-Palalda. Une décision prise par la maire sortante, Marie Costa, pour répondre à une série d’incivilités. Un recours a été déposé par la Ligue des Droits de l’Homme devant le tribunal administratif de Montpellier.
Amélie-les-Bains-Palalda dans l’après-midi de ce mercredi 4 mars. On ne peut vraiment dire que les rues soient bondées. Il faut dire que la météo est plutôt maussade et qu’il bruine. Quelques âmes arpentent le centre-ville. Ici, dans ce calme apparent, un arrêté municipal qui ne fait pas l’unanimité a été pris par la maire sortante, Marie Costa. Depuis le vendredi 27 février, un couvre-feu est en vigueur de 22 h à 6 h du matin pour les plus jeunes. Et ce jusqu’au 31 mai. Une première depuis le Covid. Celui-ci concerne les mineurs de moins de 15 ans qui ne sont pas accompagnés par un parent ou un représentant légal.
Incivilités et dégradations en série
À l’origine de cette décision, plusieurs actes de dégradation relevés ces dernières semaines dans la commune. « Des vitres de voiture brisées, des pneus crevés, une barrière de parking cassée… », explique la maire sortante Marie Costa. Selon elle, les auteurs seraient « de très jeunes individus, avec des gabarits pratiquement d’enfants ». D’après elle, ils agiraient principalement au niveau du parking de l’ancien hôpital militaire, à l’entrée de la commune.
« Nous faisons face à une recrudescence d’incidents qui, en soi, ne sont pas d’une gravité extrême mais quand même, qui sont très invalidants pour les gens. Vous arrivez, vous avez vos quatre vitres de voiture brisées, vous avez vos pneus qui sont explosés. Vous avez la barrière du parking qui est cassée. Tout cela, ce sont des facteurs d’insécurité qui s’ajoutent au fait que nous sommes en Vallespir. Et comme tout le monde le sait, le Vallespir, malheureusement, est une plaque tournante pour beaucoup de choses », poursuit la candidate à sa propre succession.
Consciente que son arrêté pourrait être retoqué par le tribunal administratif, la première édile affirme vouloir envoyer un « signal fort aux parents négligents qui les laissent errer au lieu de les inscrire aux multiples associations gratuites qu’on a, en sport, en culture… L’idée, c’est que les parents reprennent en main leurs petits. »
À 15 ans, on n’a rien à faire dans la rue de 22h à 6h
Dans les rues, les avis sont partagés. Sandra, commerçante du centre-ville, est totalement en accord avec la mesure. « Je trouve que ce n’est pas normal qu’on laisse les gamins tout seuls dehors à 15 ans le soir. Je suis maman et ça me paraît illogique de laisser traîner son enfant si tard le soir dehors. C’est irresponsable. Je comprends même pas qu’on soit obligé de faire un couvre-feu pour que les parents concernés comprennent cela. »
Éric, qui partage son temps entre la Belgique et Amélie-les-Bains-Palalda, approuve également : « Oui, j’ai entendu parler de ce couvre-feu. Je suis d’accord avec Mme Costa, je trouve ça très bien. À 15 ans, on n’a rien à faire dans la rue de 22h à 6h ».
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Emmanuelle, commerçante de la rue des Thermes, est plus nuancée. « Je n’ai pas été victime de dégâts personnellement mais que cette jeunesse traîne à des heures tardives par rapport à leur âge dans la rue, oui, je le constate. Je comprends qu’elle en soit venue à ce couvre-feu. Je ne dis pas que c’est la bonne solution. Mais attendons de voir comment cela va se passer, si le nombre d’incivilités baisse dans les prochaines semaines. »
D’autres y voient une mesure politique à quelques semaines des élections municipales. Un commerçant du centre estime : « S’ils ciblent les mineurs de moins de 15 ans, ça veut dire qu’ils savent qui c’est et qu’ils devraient traiter ça très vite sans avoir besoin d’instaurer un couvre-feu. Je pense que s’il n’y avait pas eu les élections municipales dans trois semaines, elle n’aurait pas fait ça ».
Pour la Ligue des droits de l’Homme, « on ne peut pas priver les gens de liberté de la sorte »
La mesure ne fait pas l’unanimité. Ces dernières heures, la Ligue des droits de l’Homme a déposé un recours en annulation contre cet arrêté devant le tribunal administratif de Montpellier, estimant qu’il porte atteinte aux libertés individuelles. La décision est attendue dans les prochains jours. « Pour nous, ce n’est pas une mesure adéquate. On ne peut pas priver les gens de liberté de la sorte. Même s’il s’agit de mineurs. Il me semble que la police municipale de la commune ne manque pas d’agents. C’est l’une des communes les mieux équipées d’ailleurs et ça n’empêche pas les incivilités. Peut-être que le travail est ailleurs. Il faudrait peut-être un accompagnement à la parentalité ou même des mineurs. Utiliser la répression, ce n’est pas républicain, pas démocratique », estime Dominique Noguères, vice-présidente de la section de Perpignan de la LDH.

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