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16 avril 2026Analyse : Cette nouvelle a été passée en revue par notre équipe.
Selon notre équipe, l'article intitulé « « Sur le chemsex, ne reproduisons pas les erreurs de l’épidémie de VIH-sida » » mérite un regard attentif.
À retenir absolument
Thomas Barwick / Getty Images
« Sur le chemsex, il faut éviter de reproduire les erreurs de l’épidémie de VIH-sida »
Une « épidémie » qui n’est médiatisée qu’à l’aune de faits divers souvent dramatiques. En France, l’usage de drogues de synthèse dans un contexte sexuel concerne un homme sur dix, voire un sur cinq au sein de la communauté gay, rapporte le psychiatre Jean-Victor Blanc dans Des Amours chimiques, paru début avril au Seuil.
S’appuyant notamment sur la « santé mentale fragilisée » de nombreux hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, cette pratique expose à de nombreux dangers, souligne le médecin, qui a créé une consultation spécialisée au sein de l’AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) : addictions, infections sexuellement transmissibles, overdoses parfois mortelles…
Malgré ce tableau préoccupant, les moyens ne sont pas à la hauteur, dénonce le praticien. Dans un entretien accordé au HuffPost à l’occasion du premier mois de sensibilisation à ce fléau, baptisé « Avril utile », Jean-Victor Blanc plaide pour une approche déstigmatisante de la lutte contre le chemsex.
Le HuffPost : Vous estimez que les pouvoirs publics ne s’intéressent pas assez au chemsex, à savoir l’utilisation de drogues de synthèse de type 3-MMC, notamment, pour amplifier les sensations lors de rapports. Pourquoi ?
Jean-Victor Blanc : En premier lieu, cette épidémie touche pour le moment essentiellement la communauté gay, elle n’est donc malheureusement pas considérée comme prioritaire. Même si elle concerne 100 000 à 200 000 personnes en France, c’est numériquement beaucoup moins que le diabète ou la dépression, par exemple.
Par ailleurs, c’est un phénomène nouveau, apparu au début des années 2000, qui vient mêler plein de problématiques différentes. Et on sait que les pouvoirs publics sont rarement à la pointe dans ce type de situation.
Enfin, la santé mentale des jeunes, des personnes âgées ou des personnes minorisées est rarement une priorité. Malgré la « grande cause nationale » dédiée à la santé mentale depuis 2025, la réponse n’est pas à la hauteur des enjeux, avec un manque de moyens qui traverse tout le secteur de la santé mentale. La question du chemsex est aussi prise dans cet enjeu-là.
Vous parlez d’« épidémie » en évoquant le chemsex, avec le sentiment qu’il faudrait qu’elle touche la population générale pour être vraiment prise en compte…
C’est ce que nous montre l’histoire du VIH-sida qui, au début, concernait essentiellement les homosexuels, les usagers de drogues, les travailleuses du sexe ou la minorité noire aux États-Unis. Lorsque le virus a concerné plus largement la population, cela a donné lieu à un vent de panique.
Il faut donc faire en sorte que les erreurs du passé ne se reproduisent pas. Cela passe notamment par l’éducation et la prévention. Qu’on parle du chemsex autrement que par le biais de faits divers qui sont individuels et dramatiques. C’est ce que j’essaie de faire dans mon essai, qui part de ma pratique clinique pour montrer que le phénomène est plus large que la communauté gay.
D’ailleurs, l’usage sexualisé de drogue concerne 20 à 30 % des jeunes, qui n’ont pas de rapports sexuels sans prise d’alcool, cannabis, MDMA… Le risque est qu’ils se tournent ensuite vers des nouveaux produits de synthèse utilisés dans le chemsex.
Selon vous, il y a aussi un parallèle avec l’épidémie de VIH avec une forme de tabou qui a existé au sein de la communauté, par crainte de stigmatisation…
Au début des années 1980, l’épidémie de VIH a créé des divisions au sein de la communauté LGBT. C’était un drame qui se déroulait en direct, mais certains activistes avaient très peur de sa récupération par les homophobes et craignaient de devoir affronter des discours moralisateurs.
C’est une crainte qu’on a pu voir au début de l’épidémie de chemsex. Néanmoins, aujourd’hui, il y a eu trop de morts pour qu’on ne considère plus cela comme un épiphénomène ou quelque chose d’anodin. Et je sens qu’il y a une volonté d’agir au sein de la communauté.
Il y a d’ailleurs une campagne de sensibilisation, « Avril utile », lancée à l’initiative du magazine Têtu…
C’est la première fois, à ma connaissance, qu’il y a une initiative de ce genre qui est lancée en France comme à l’étranger. Présenter le chemsex comme une question complexe, en faisant intervenir des professionnels et des personnes concernées, c’est une bonne manière d’en faire un sujet de conversation au sein de la communauté. Cela peut encourager de nouvelles manières de penser et de faire.
Mais cela reste un détail de départ. Si l’on compare avec Dry January, il a fallu une dizaine d’années pour que ce mois de sensibilisation s’installe. Et pas totalement, puisque le gouvernement ne le soutient toujours pas…
Selon vous, quelles seraient les mesures les plus urgentes à mettre en place pour lutter contre l’épidémie de chemsex ?
J’ai pu contribuer au rapport sur le chemsex coordonné par le professeur Amine Benyamina, remis à la ministre de la Santé Stéphanie Rist en début d’année, où des pistes sont proposées. Cela passe notamment par la formation des soignants ou par le soutien au soin.
En effet, de nombreuses structures sanitaires dédiées à la prise en charge des patients concernés par le chemsex traversent de graves difficultés financières. Ma consultation, par exemple, est archi saturée parce qu’il n’y a pas de renforts, malgré l’urgence. le analyse expose aussi des propositions pour améliorer l’articulation entre les aspects communautaires et l’action médicale, sanitaire et sociale.
La ministre Stéphanie Rist a annoncé que le dossier sur le chemsex serait pris en compte dans la « Stratégie nationale de santé sexuelle » en cours de préparation. Pensez-vous que cette stratégie sera à la hauteur ?
Je l’espère. Le gouvernement commence à se saisir de la question, c’est une bonne chose. Il y a un début de prise de conscience. J’espère que le note sera entendu et pris en compte avec une vraie stratégie derrière sur le chemsex. Car ce ne sont pas les actions communautaires qui pourront remplacer les formations des soignants, par exemple. Il n’y a que le gouvernement qui peut décider de soutenir le soin dans les structures existantes.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Les prochaines informations compléteront notre analyse.

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