
Alstom : Cibles de moyen terme retirées, 1,5 milliard de cash brûlé au premier semestre…Alstom plonge de 32,6% en Bourse après avoir encore émis un lourd avertissement sur résultats
17 avril 2026Reuters.com
17 avril 2026« La proposition de loi de Gabriel Attal est la pire attaque contre le 1er mai depuis que le 1er mai existe », déclare Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT – franceinfo
Analyse : Nos journalistes proposent quelques éléments à retenir de cette actualité.
Voici l'avis général de nos rédacteurs sur « « La proposition de loi de Gabriel Attal est la pire attaque contre le 1er mai depuis que le 1er mai existe », déclare Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT – franceinfo ».
Faits marquants
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, était l’invitée des « 4V » sur France 2. Elle est revenue sur la polémique autour du travail le 1er mai, les discussions engagées par le gouvernement avec les boulangers et les fleuristes, ainsi que sur l’avenir industriel après l’annonce de l’arrêt de la production automobile à l’usine Stellantis de Poissy. Elle a également défendu une hausse des salaires, la création d’un nouveau jour férié et dénoncé les choix industriels des grands constructeurs automobiles et de l’État.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Jeff Winttenberg : L’affaire de l’autorisation du travail le 1er mai n’est pas totalement réglée. Aujourd’hui, le Premier ministre Sébastien Lecornu doit détailler la solution, selon ses propres mots, qu’il affirme avoir trouvée pour les boulangers et les artisans fleuristes. Il doit s’exprimer dans l’après-midi après les avoir reçus.
Qu’attendez-vous du Premier ministre ?
Sophie Binet : Nous attendons du gouvernement qu’il respecte la parole donnée aux organisations syndicales lundi. Le 1er mai doit rester un jour exceptionnel : férié, chômé et rémunéré. Il n’est pas question d’ouvrir tous azimuts.
Donc aucune exception ?
Aujourd’hui, les boulangers artisanaux peuvent déjà ouvrir. C’est pour cela que la situation actuelle est un non-sens. Depuis 1947, soit près de 80 ans, la loi est rédigée ainsi et elle ne posait pas de problème. Ce qui pousse aujourd’hui à vouloir ouvrir davantage, ce sont les boulangeries industrielles et la grande distribution. La proposition de loi portée par Gabriel Attal constitue, selon moi, la pire attaque contre le 1er mai depuis son existence, car son objectif est de permettre des ouvertures généralisées dans l’industrie agroalimentaire, la grande distribution, les jardineries, etc.
Vous acceptez donc les boulangers mais pas les fleuristes. Pourquoi ?
Les artisans fleuristes peuvent travailler, mais ils n’ont pas le droit de faire travailler leurs salariés.
Pourquoi l’accepter pour les boulangers, qui peuvent employer leurs salariés, et pas pour les fleuristes ?
Parce que pour faire travailler ses salariés le 1er mai, il faut un motif d’ordre public, c’est-à-dire une activité indispensable à la continuité de la vie sociale et économique. Je ne considère pas que les fleurs sont indispensables à cette continuité.
Ensuite, c’est la boîte de Pandore : si l’on autorise les fleuristes, pourquoi refuser les jardineries, les boucheries-charcuteries, les magasins de bricolage, etc. ? Il n’est pas question que le 1er mai devienne un dimanche comme les autres, alors que le dimanche est déjà devenu un samedi comme les autres.
Les habitudes de consommation ont pourtant évolué. La loi date de 80 ans. Que répondez-vous aux métiers de bouche, notamment à la CGAD, qui représente environ 350 000 commerces et demande la liberté d’employer des salariés, y compris le 1er mai ?
Je leur réponds qu’ils peuvent déjà ouvrir le 1er mai. Et s’ils veulent augmenter leur chiffre d’affaires, ce n’est pas une ouverture supplémentaire ce jour-là qui changera la donne. Ce qui relancera la consommation, c’est l’augmentation des salaires. Quand les salaires sont faibles, ouvrir davantage ne change rien : les Français n’ont tout simplement pas les moyens de consommer plus. La priorité doit donc être la hausse des salaires. J’appelle Gabriel Attal, Bruno Retailleau et leurs soutiens à s’attaquer enfin au vrai problème du pays et à cesser les instrumentalisations politiciennes autour de cette grande conquête sociale qu’est le 1er mai. La véritable question aujourd’hui serait plutôt la création d’un nouveau jour férié : la France est en dessous de la moyenne européenne en nombre de jours fériés.
Mais pas en matière de congés payés.
Sur les jours fériés, la France en compte 11, contre 12 en moyenne dans l’Union européenne. Nous proposons donc la création d’un nouveau jour férié le 8 mars, Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, qui devrait devenir, comme le 1er mai, un jour férié, chômé et rémunéré.
Autre sujet d’actualité : l’usine Stellantis de Poissy, dans les Yvelines, la dernière en région parisienne à produire encore des véhicules, cessera cette production fin 2028 pour se concentrer notamment sur les pièces détachées. Les syndicats ont exprimé leur déception. Quelle est votre réaction ?
C’est une décision très grave.
La direction prévoit toutefois de maintenir plus de 1 000 emplois, environ 1 200 selon les estimations.
Oui, mais elle prévoit aussi la suppression d’environ 1 000 emplois directs, notamment via des départs à la retraite, ainsi que 3 000 à 4 000 emplois indirects. Poissy est la dernière usine de fabrication automobile en Île-de-France. Or une usine qui ne produit plus de véhicules est une usine promise, à terme, à la fermeture.
Cela signifie-t-il que la fermeture devient inévitable ?
Si l’on laisse la direction suivre cette trajectoire, oui, c’est le chemin vers la fin du site de Poissy. Je rappelle qu’en 1970, l’usine comptait près de 30 000 ouvriers.
Toute l’industrie automobile européenne voit pourtant ses effectifs diminuer, notamment en Allemagne, sous la pression d’une concurrence chinoise très forte. Que préconisez-vous ? Davantage de taxes, comme aux États-Unis ?
Concernant Stellantis, l’État est actionnaire. Il doit donc immédiatement convoquer le PDG, avec le ministre de l’Industrie, et imposer la production d’un véhicule à Poissy afin de maintenir une activité automobile. Plus largement, la situation de l’automobile en France est catastrophique : des usines ferment régulièrement. Pourtant, cette évolution n’a rien d’inéluctable. Elle résulte des choix, que je juge scandaleux, de Renault et de Stellantis, qui délocalisent et s’éloignent du Made in France.
Elle est aussi liée, selon moi, à l’inaction de l’État, qui continue d’accorder des aides publiques sans exiger de contreparties. La condition doit être claire : produire en France.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : L'équipe continuera de fournir des mises à jour régulières.

9999999/2026/04/17/69e1e1888b40e176499341.jpg?w=1200&resize=1200,480&ssl=1)
