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5 mars 2026Le Pen juge les moqueries de Mélenchon sur Glucksmann et Epstein «bien pires que ce qui a pu être reproché» à son père
Invitée ce mercredi de RTL, la chef de file des députés RN a fustigé un deux poids deux mesures entre le traitement réservé au parti nationaliste et à la gauche, à qui selon elle l’on «trouve toujours des excuses».
Jean-Luc Mélenchon-Jean-Marie Le Pen, même combat ? Jusqu’à présent, le leader insoumis était accusé, du bloc central au RN en passant par la droite et quelques voix à gauche, d’ambiguïtés avec l’antisémitisme. Ce, à la faveur d’un discours antisioniste virulent face à la guerre qu’Israël a menée à Gaza en représailles du 7 Octobre. Le voilà désormais mis sous pression par une partie croissante de son camp. Notamment par le PS, dont le bureau national a publié mardi un communiqué au vitriol contre le triple candidat à l’Élysée, auquel il reproche des «caricatures complotistes et propos antisémites» après les récentes polémiques autour de sa manière de prononcer en meeting les patronymes juifs «Epstein» et «Glucksmann».
Des sorties qui ont eu le don d’agacer les socialistes en pleine campagne municipale, tant elles rappellent les dérapages du fondateur du Front national (ex-RN), Jean-Marie Le Pen, à l’origine du propos révisionniste du «détail de l’Histoire» relatif à la Shoah ou du jeu de mots antisémite «Durafour crématoire», associant le nom du ministre Michel Durafour aux camps de la mort nazis. De quoi valoir au «Menhir» plusieurs condamnations judiciaires entre les années 1980 et 2010, et, à terme, son exclusion du FN pour avoir réitéré ses provocations. Une série de références qui trouve aujourd’hui une résonance particulière pour l’une des cibles prioritaires des flèches insoumises, Raphaël Glucksmann. Après s’être moquée du nom de l’eurodéputé social-democrate, la figure de LFI s’est attirée les foudres de l’intéressé, qui l’a qualifié de «Jean-Marie Le Pen de notre époque», le produit d’un «mélange de trublion et de clown jouant avec les pires codes de l’extrême droite française et de l’antisémitisme».
Mélenchon est dans une provocation électoraliste qui vise à manier l’antisémitisme pour essayer de mobiliser l’électorat antisémite.
Marine Le Pen, mercredi matin sur RTL
Une attaque lourde de sens, au point de pousser Jean-Luc Mélenchon à un rare mea culpa : quelques heures plus tard, il s’est dit «désolé» d’avoir blessé l’essayiste d’origine juive ashkénaze, dont les positions sont à l’opposé des siennes. Si ses excuses n’ont visiblement pas amadoué le PS, elles n’ont pas davantage convaincu Marine Le Pen, qui se paie le luxe de renvoyer aux Insoumis le stigmate de la «diabolisation», tout en leur collant le sparadrap de l’antisémitisme, longtemps associé à son mouvement.
Invitée ce mercredi de RTL, la chef de file des députés nationalistes juge «les propos et les comportements de Jean-Luc Mélenchon bien pires que ce qui a pu être reproché» à son père. «Il est dans une provocation électoraliste qui vise à manier l’antisémitisme pour essayer de mobiliser l’électorat antisémite», analyse Marine Le Pen, trouvant incompréhensible que «certains lui trouvent des excuses».
Un deux poids deux mesures, pour Le Pen
Et pour cause : la supposée différence de traitement réservé au parti nationaliste et à la gauche illustre, selon elle, un deux poids deux mesures dans l’écosystème mediatico-politique. «Si quelqu’un du RN avait dit ce qu’a dit Jean-Luc Mélenchon, ça aurait fait la une des journaux télévisés, des journaux papier, ça aurait engendré des manifestations dans la rue. Là, ce n’est pas le cas, parce que c’est quand même un mec de gauche», charge l’élue du Pas-de-Calais. Rien d’étonnant, à ses yeux : «La famille de gauche est beaucoup plus complaisante et a parfois l’indignation sélective» lorsqu’elle se retrouve à son tour clouée au pilori.
Fidèle à la ligne tracée par son dauphin, Jordan Bardella, qui plaide pour un «cordon sanitaire» autour de LFI – depuis l’implication présumée de la Jeune Garde et d’au moins deux collaborateurs du député insoumis Raphaël Arnault dans la mort de Quentin Deranque – Marine Le Pen estime que cette initiative correspond à un besoin «moral et éthique».
«C’est un message lancé à la classe politique française pour une raison simple : à la dernière élection, ils se sont tous mis ensemble», a-t-elle justifié, en référence à la vague massive de désistements, à gauche et au sein du bloc central, dans l’entre-deux tours des législatives de 2024, pour empêcher le RN d’obtenir une majorité absolue. L’apparition de «brebis galeuses» dans ses rangs avait réactivé un puissant «front républicain» anti-RN, contribuant à sa contre-performance, à mille lieues des espoirs que le parti nationaliste avait nourris après la dissolution.

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