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17 avril 2026Analyse : Voici quelques points à considérer selon notre équipe éditoriale.
Nos journalistes proposent un aperçu de l'article « Condamné pour des tirs en l’air, l’opposant Julius Malema “se présente comme un martyr” ».
À ne pas oublier
Julius Malema, “l’homme le plus en vue d’Afrique du Sud”, a été condamné par le tribunal de KuGompo City, jeudi 16 avril, à cinq ans de prison pour plusieurs chefs d’accusation, dont la possession illégale d’une arme à feu et son usage dans un lieu public, relate Al-Jazeera.
L’affaire, portée au tribunal par l’AfriForum – un groupe de pression conservateur qui prétend représenter les intérêts de la minorité afrikaner – est née d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. On y voit Malema tirer en l’air avec ce qui semble être un fusil automatique, en juillet 2018, lors d’un rassemblement des Economic Freedom Fighters (EFF), Parti de gauche radicale qu’il a fondé.
S’adressant à ses partisans et aux médias à la sortie du tribunal, Julius Malema s’en est pris personnellement à la magistrate à l’origine de cette décision, l’accusant de racisme et de complaisance avec l’AfriForum. “Ce n’est pas son jugement. C’est un jugement commandité”, a-t-il déclaré, cité par le Mail & Guardian.
Le sulfureux Malema
“Bien entendu, le fondateur et leader des Economic Freedom Fighters a fait appel, et ses chances de succès sont élevées”, commente un éditorialiste de Sowetan. Malema reste en liberté le temps de la procédure d’appel. Mais pour News24, c’est la “survie” du quatrième parti du Parlement sud-africain qui se joue dans ce procès. Si elle venait à être confirmée, sa peine de cinq ans de prison empêchera Julius Malema de continuer à exercer son mandat de parlementaire. “Un revers majeur pour les EFF, qui bénéficient d’un fort soutien parmi les jeunes Sud-Africains frustrés par les inégalités raciales qui persistent depuis la fin du régime de la minorité blanche en 1994”, constate Al-Jazeera.
Ancien dirigeant de la Ligue de jeunesse de l’ANC, dont il a été exclu pour avoir “semé la division”, souligne le Guardian, Julius Malema déchaîne les passions en Afrique du Sud. À la tête d’un parti qui “prône l’expropriation des mines, des banques et des terres”, rappelle Bloomberg, il s’est taillé une réputation de parlementaire véhément, “bruyant, intransigeant et s’affranchissant souvent des règles de bienséance”, complète Sowetan.
Ses reprises d’un chant historique de la lutte antiapartheid – “Kill the Boer, kill the farmer” (littéralement “Tuez les Boers, tuez les fermiers”) – avaient créé la controverse en Afrique du Sud. Si la Cour constitutionnelle avait estimé que la chanson ne constituait pas un “discours de haine”, la polémique avait été ravivée par le président américain Donald Trump, ce dernier y voyant la preuve d’un “génocide blanc” à l’œuvre dans le pays. Lors de la visite du président sud-africain, Cyril Ramaphosa, à la Maison-Blanche en mai 2025, Trump avait diffusé une vidéo où apparaissait Malema, ajoutant : “Pourquoi vous ne l’arrêtez pas ?”
De son côté, l’avocat Martin Hood, “l’un des plus grands spécialistes sud-africains de la loi sur le contrôle des armes à feu”, considère que la magistrate s’est trompée. “À mon avis, ce procès était motivé par des considérations politiques. M. Malema n’aurait pas dû être reconnu coupable du premier chef d’accusation, et la peine prononcée était disproportionnée”, explique-t-il au Daily Maverick.
Scandale politique
“L’apport de Malema à notre paysage politique est indéniable, regrette déjà Sowetan. Sous sa direction, la Ligue de jeunesse est devenue une véritable épine dans le pied de l’ANC”, le Congrès national africain, parti historique de Nelson Mandela, au pouvoir depuis 1994 mais en déclin depuis les dernières élections législatives.
Ainsi, plusieurs partis politiques ont salué la condamnation du leader des EFF. D’abord le Freedom Front Plus, qui rappelle que “personne n’est au-dessus des lois”. L’Alliance démocratique (DA), principal parti d’opposition, a affirmé que cette décision “envoyait un message fort en matière de responsabilité”, relève Independant Online (IOL). Le leader de l’Alliance patriotique (PA), parti de défense de la minorité coloured (métisse), a quant à lui affirmé qu’il “prierait plutôt pour Malema et sa famille”.
Après la fin de l’audience, des membres des EFF vêtus de rouge, comprenant des députés et des sympathisants, ont scandé “Voetsek AfriForum, voetsek !” (“Dehors l’AfriForum, dehors !”, expression péjorative en afrikaans) au visage de deux membres d’AfriForum, relate le Daily Maverick. Plus tard, un autre groupe faisant partie de la foule rassemblée devant le tribunal a fait irruption dans le bâtiment en chantant les louanges de Malema, “en tapant sur les murs et en perturbant les audiences dans d’autres affaires”.
“Nous ne comprenons pas pourquoi cette organisation n’a pas été dissoute en Afrique du Sud. À un moment donné pendant l’apartheid, l’ANC a été interdite – alors pourquoi AfriForum est-elle toujours en activité ?” s’exclame Leigh-Ann Mathys, députée des EFF, citée dans un autre article d’IOL.
Si Malema cherche à “se présenter comme un martyr de la lutte contre le racisme et la suprématie blanche, cette stratégie risque de ne pas lui permettre de mobiliser un soutien au-delà des rangs des EFF”, avance News24. Mais “à bien y réfléchir, la saga judiciaire […] a fait le jeu du leader des EFF”, commente de son côté The Citizen. Pour ses partisans, “cette peine de prison – qui sera vraisemblablement réduite en appel – [est] la preuve qu’il est persécuté par les ennemis de sa révolution”. “Envoyer quelqu’un en prison pour cet événement isolé serait scandaleusement inapproprié”, conclut l’avocat de Malema, cité par The New York Times.
Source : www.courrierinternational.com
Conclusion : Cette situation sera observée de près par nos journalistes.

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