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17 avril 2026Thierry Breton : « L’État ne doit pas s’enrichir avec la flambée des carburants mais redistribuer » – Ici l’Europe
Analyse : Cette nouvelle a été étudiée par nos journalistes pour une synthèse rapide.
Notre rédaction partage son avis sur les points importants de « Thierry Breton : « L’État ne doit pas s’enrichir avec la flambée des carburants mais redistribuer » – Ici l’Europe ».
Points essentiels de l’article
A retrouver dans l’émission
Cette semaine, nous recevons Thierry Breton, ancien commissaire européen au marché intérieur et ancien ministre français de l’Economie. Il commente la position de l’UE sur le conflit au Moyen-Orient et salue la victoire de Peter Magyar en Hongrie, signe de renouveau pour le pays.
Alors qu’un cessez-le-feu est en cours entre l’Iran et les États-Unis, Thierry Breton, ancien commissaire européen au marché intérieur estime que « les Européens ne sont pas concernés » car n’ayant pas été « informés de cette guerre, ni consultés. »
Selon lui, « Benjamin Netanyahu tente depuis des années de convaincre les présidents américains successifs de le rejoindre dans une guerre contre l’Iran ». « Il a essayé avec Barack Obama, cela n’a pas marché. Il a essayé avec Donald Trump pendant son premier mandat, puis Joe Biden, cela n’a pas marché. Puis, il a convaincu Trump. »
« C’est un choc des prix, temporaire et artificiel »
Les prix du gaz ont bondi de 70 % et ceux du pétrole de 60 % dans l’Union européenne (UE) en conséquence des frappes américano-israéliennes sur des infrastructures énergétiques et du blocage du détroit d’Ormuz. 22 États membres ont déjà introduit plus de 120 mesures non coordonnées, pour un coût de plus de 9 milliards, afin de faire face à cette hausse des prix de l’énergie. Ce que déplore la Commission européenne qui souhaite faire adopter une posture commune.
Thierry Breton incite les États membres à ne pas « gagner d’argent grâce à cette situation » car il s’agit d' »un choc des prix, temporaire et artificiel » selon lui : « Cette situation est la conséquence du choix d’un homme, Donald Trump, d’avoir rejoint cette guerre. Pour les Européens, il me semble qu’aucun pays ne doit gagner de l’argent de façon indue. »
Il prend l’exemple de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) en France, payée par les consommateurs sur les achats de carburant : « Cette TVA va générer des revenus supplémentaires. À chaque tranche de 10 dollars d’augmentation du prix du baril de pétrole, l’État engrange entre 30 et 60 millions d’euros supplémentaires par mois en TVA. […] Il faut redistribuer l’intégralité de ces montants à ceux qui en ont le plus besoin, qui sont le plus impactés. Par exemple les agriculteurs, les marins-pêcheurs, les transporteurs, ou tous ceux qui ont besoin de leur voiture, notamment dans le domaine de la santé et de l’accompagnement des personnes. » Il salue le cessez-le-feu : « Il est normé et donc dans le cadre, il y a encore des négociations. »
« Je propose d’imposer une sorte de rigueur en France »
Avec un déficit public à 5,1 % du produit intérieur brut en 2025, la France dépasse largement la règle européenne instaurant que celui-ci ne doit pas excéder les 3 %. Thierry Breton, ancien ministre français de l’Economie, prône « une discipline nouvelle, comme les Allemands l’ont fait en 2009 » : « L’Allemagne s’est interdit d’avoir des budgets en déficit. […] Je propose d’imposer une sorte de rigueur en France, non pas à zéro, mais à 1 % de déficit car nous avons des dépenses supplémentaires par rapport à d’autres pays, notamment le financement de la dissuasion nucléaire, qui peut être utile à d’autres États. »
ll propose, à l’horizon 2032, d’atteindre les 1 % du PIB en termes de déficit et de ne plus dépasser cette limite après cette échéance : « C’est tout sauf de l’austérité, il s’agit seulement de reprendre le contrôle. Nous payons les intérêts de notre dette beaucoup trop cher. […] Je parle à l’ensemble des chefs de partis politiques pour les convaincre que c’est la bonne solution. »
« Nous n’avons jamais vu une telle ingérence dans une élection »
En Hongrie, la victoire écrasante de Peter Magyar aux élections législatives va mettre fin aux 16 ans de règne du nationaliste Viktor Orban. Le futur Premier ministre a annoncé vouloir restaurer un État de droit fonctionnel notamment en termes de justice ou de liberté de la presse avec pour objectif de récupérer une partie des fonds européens gelés à cause des manquements de Viktor Orban.
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Thierry Breton s’insurge de l’implication des États-Unis dans cette élection, notamment de la venue du vice-président JD Vance pour soutenir le candidat du Fidesz : « Nous n’avons jamais vu une telle ingérence d’un pays étranger dans une élection. C’est absolument inédit. […] A quelques jours des élections, le vice-président s’y est rendu pour dire comment il fallait voter. »
Selon lui, cela n’a pas suffi à faire basculer le vote en faveur de Viktor Orban : « Qu’ont dit les Hongrois aujourd’hui ? Être soutenu par le mouvement ‘MAGA’ (Make America Great Again), cela ne marche plus. […] Tous ceux qui se sont revendiqués précisément de cette connexion, de cette amitié, aujourd’hui s’en mordent les doigts parce qu’ils voient bien comment réagissent les citoyens européens à cette volonté de vassalisation absolue de l’Europe, qui est totalement inacceptable pour nous. »
Il est optimiste quant à l’avenir de la Hongrie : « Ce sera compliqué évidemment de changer plusieurs années de Fidesz en Hongrie mais Peter Magyar à la majorité des deux tiers au Parlement, ce qui va lui donner le moyen de faire beaucoup. Nous sommes dans une nouvelle phase politique. »
Emission préparée par Aline Bottin, Oihana Almandoz, Perrine Desplats et Isabelle Romero
Source : www.france24.com
Conclusion : Notre équipe continuera d’examiner les faits et de proposer des analyses.

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