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18 avril 2026Reuters.com
18 avril 2026Le Festival du livre de Paris ne veut « pas remplacer le Festival de la BD d’Angoulême », mais…
Analyse : Notre équipe vous propose une synthèse de cette information.
Notre rédaction analyse les faits saillants de « Le Festival du livre de Paris ne veut « pas remplacer le Festival de la BD d’Angoulême », mais… ».
Éléments à garder en tête
CAROLINE PAUX / Hans Lucas via AFP
Photo d’illustration de la 4e édition du Festival du livre de Paris, organisé au Grand Palais, à Paris.
L’absence du Festival de la BD d’Angoulême 2026 pousse d’autres rassemblements littéraires à offrir une place de choix à la BD au milieu d’une année pratiquement blanche pour le secteur. Sans FIBD et avec des chiffres de vente moins réjouissants, le Festival du livre de Paris a quand même fait le pari de miser sur le 9e art pour sa nouvelle édition, du 17 au 19 avril.
Pour Le HuffPost, le programmateur BD du festival littéraire parisien, Romain Brethes, revient sur cette année spéciale pour le secteur. « En concertations avec les éditeurs présents, nous avons décidé de mettre à l’honneur la BD d’une manière différente des années précédentes », explique-t-il. Plus qu’une présence, c’est donc un statut d’« invité d’honneur » dont dispose la BD cette année.
Il faut en effet rappeler que la BD s’invite désormais annuellement au Grand Palais. Pour autant, la place accordée cette année à la BD a été décidée « dans des circonstances particulières », révèle son programmateur. Sans grande surprise, c’est bien l’absence du Festival international d’Angoulême cette année qui a poussé les organisateurs du Festival du livre à revoir leur copie.
Après les vives critiques d’une grande partie du monde de la BD contre l’organisation problématique du FIBD, au point de conduire à son annulation pure et simple, le secteur à la santé fluctuante s’est donc vu offrir une place de choix. « La BD est en difficulté depuis plus de deux ans. Autant du côté des gros éditeurs que des indépendants », note Romain Brethes, évoquant une « baisse des ventes et de la production ». De quoi inciter à ne pas délaisser le secteur.
« L’idée n’est absolument pas de remplacer Angoulême »
Selon un état des lieux réalisé en 2025, Radio France rappelait qu’après une décennie d’« insolence », le marché est désormais plus fragile. En 2024, une baisse du chiffre d’affaires des BD et mangas vendus en France de 4,4 % avait été enregistrée par rapport à 2023. En 2025, la présence en librairie d’un nouvel album d’Astérix n’avait pas produit de miracle, avec un nouveau fléchissement de 5,5 % des ventes, comme le note Le Monde.
En parallèle de ces chiffres peu réjouissants, il fallait « compenser un déficit médiatique sans Angoulême » développe Romain Brethes. Même s’il est le premier à rappeler que « l’idée n’est absolument pas de remplacer Angoulême », cette démarche s’inscrit dans un contexte plus large de mise en lumière du 9e art au Festival du livre de Paris, qui accueille formellement auteurs de BD et éditeurs du secteur depuis maintenant trois ans.
Le festival a donc vu les choses en grand pour 2026 avec deux expositions au Grand Palais, en plus des habituelles dédicaces et rencontres avec les artistes. L’une est sur le voyage, thème de cette édition, l’autre sur la romance en bande dessinée, faisant écho au succès commercial de ce genre littéraire. Le programmateur glisse aussi la présence d’une exposition alléchante faite de planches originales pour faire le lien entre BD et adaptations au cinéma.
L’affiche officielle du Festival du livre de Paris, réalisée par l’auteur François Schuiten et l’illustrateur Laurent Durieux.
« D’autres belles surprises seront annoncées pendant le festival », promet encore Romain Brethes.
L’annulation du FIBD dans toutes les têtes
Et même si, « le Festival du livre de Paris n’est pas Angoulême », et que les auteurs de BD n’en sont donc pas les véritables stars, cette vitrine de choix réjouit l’auteur Matthieu Bonhomme, aux commandes de plusieurs BD Lucky Luke depuis 2016 et présent vendredi matin au Grand Palais. Son dernier opus, La Longue marche de Lucky Luke (Éditions Dargaud), paraît d’ailleurs ce 17 avril, jour de l’ouverture du festival. « Ça me fait extrêmement plaisir que la BD soit mise à l’honneur », salue l’artiste.
« Il y a de la fierté, car c’est une initiative salutaire pour un marché qui est aussi fort que malmené ». D’autant plus dans un tel contexte. Matthieu Bonhomme pense bien sûr à l’annulation du « deuxième plus grand rendez-vous culturel en France après Cannes », incident présent dans toutes les têtes, comme nous le confirme également François Hercouët, directeur de la maison d’édition Urban Comics qui publie notamment les titres Batman en France. « Ce n’est pas un signe de bonne santé, d’autant plus que les mauvais indicateurs commencent à s’accumuler pour le secteur, glisse-t-il, même si cette absence peut permettre d’investir dans d’autres rassemblements ».
« Nous avons été effarés de voir le festival sacrifié », ajoute Matthieu Bonhomme, même s’il validait (comme beaucoup d’autres) le constat qui a fini par faire capoter l’édition 2026. Il tient aussi à rappeler qu’après cette annulation, les auteurs français restent encore « bluffés par l’absente totale de réaction de la ministre de la Culture » alors en poste. À savoir Rachida Dati. « Nous avons pourtant besoin d’un rendez-vous prestigieux comme Angoulême, tant pour son aspect médiatique que pour le rayonnement de la bande dessinée ». Raison pour laquelle l’initiative du Festival du livre rassure tout un secteur en attendant des jours meilleurs… et un potentiel retour d’un FIBD assaini l’année prochaine.
Source : www.huffingtonpost.fr
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