
Une famille escroquée de 60 000 euros : le faux conseiller fiscal les a bernés en les convainquant de lui confier la gestion d’une succession
5 mars 2026
Voitures électriques : pour conquérir la France, BYD va déployer ses "superchargeurs"
5 mars 2026
Christian Jeanjean est maire de Palavas depuis 1989. À 84 ans, l’élu fait face à trois listes qui espèrent lui ravir son fauteuil.
Rue Saint-Roch à Palavas, le citoyen n’a qu’à faire quelques pas pour passer de la permanence de Sandrine Arnal à celle du maire sortant Christian Jeanjean… Un peu plus loin, se trouve la grande poissonnerie du Poisson bleu, propriété de la candidate, conseillère municipale sortante dans les rangs de l’opposition. Dans son équipe de Bien Vivre à Palavas, on mange surtout du Jeanjean à la moindre occasion… « Pour en finir avec un système à bout de souffle depuis 37 ans » peut-on lire sur l’un des tracts.
Peu avant que tous les colistiers se retrouvent pour la réunion d’équipe du lundi, Clément Molle passe une tête dans le local de campagne. C’est la troisième fois que ce colistier se présente face au maire sortant. « Mon grand-père a été premier adjoint de Palavas pendant 43 ans, il a fini 1er adjoint de Christian Jeanjean d’ailleurs. Pour ma part, je me suis présenté en 2014 avec Mathieu Soliverés, on a perdu de quelques voix et le tribunal administratif a imposé de nouvelles élections qui ont eu lieu en 2015. Eh oui, pendant six mois, Christian Jeanjean n’a plus été maire de Palavas ! » Le quadragénaire sourit en s’estimant « aussi historique que lui. On aime Palavas chacun, mais différemment ».
La campagne de 2026 serait plus apaisée, (« en 2014, on s’est fait insulter, on s’est même pris des œufs ! » se souvient Clément Molle) même si la liste Arnal a eu du mal à obtenir une salle pour sa réunion publique… « On demande depuis janvier et on a eu une réponse la semaine dernière ! On voit ailleurs des maires bloquer les salles pour les répartir, démocratiquement, entre toutes les listes. À Palavas, non, ce serait trop simple. Donc on a réservé un restaurant pour notre dernière réunion du 13 mars. »
Un peu plus loin, dans le local de campagne du maire, Jean-Claude et Jean-Louis tiennent la permanence. Les (très belles) brochures avec le programme sont à disposition, et les deux colistiers insistent sur les atouts d’un élu qui connaît les dossiers. Des candidats proposent-ils de rendre, à certains moments, les plages accessibles aux chiens ? « Le label Pavillon bleu l’interdit, nous proposons plutôt un lieu de promenade aménagé en bord d’étang » relève Jean-Claude. Jean-Louis Rodier qui, à 78 ans, termine la liste, est l’ancien maire de Saint-Martin-de-Londres. Il reconnaît à Christian Jeanjean sa grande disponibilité avec son système de permanence sans rendez-vous tous les jeudis.
Christian Jeanjean fait du porte à porte
Mais en cette période de campagne, c’est bien dans la rue qu’est, tous les jours, le maire sortant. Un peu agacé de l’intérêt qu’il suscite dans les médias nationaux (les maires de 84 ans candidat à un septième mandat ne sont pas légion), il laboure une énième fois son sillon palavasien. Accompagné chaque après-midi par 4 ou 5 colistiers différents, il frappe aux portes ou interpelle les passants. « Je ne vote pas ici » sourit cette dame qui repartira quand même avec le document. Particularité de la station balnéaire : elle compte plus d’inscrits que d’habitants (6 250 pour 6 107). La rumeur dit que ces résidents secondaires qui voteront à Palavas feront payer au maire sa décision d’augmenter de 60 % la taxe d’habitation…
« En réalité, on n’en sait rien et dans cette campagne, tout le monde déclare avoir la dynamique avec lui », sourit Guillaume Klein qui tracte sur le marché. « Palavas en commun » est la seule proposition de gauche (PS, PRG Place publique). « Par rapport à 2020, les gens me connaissent, savent que j’ai travaillé dans ce mandat dans l’opposition. » Guillaume Klein espère dépasser ses 7 % de 2020. Le RN Stéphane Vincent avait lui remporté 30 voix de plus avec 7, 95 % dans un scrutin qui avait vu le sortant l’emporter au premier tour (avec 52, 82 % et 44 % d’abstention et une liste de plus).
L’ancien gendarme tracte aussi sur le marché avec son équipe très visible avec le gilet du « Rassemblement palavasien ». Stéphane Vincent n’a pas eu de problème de salle, il a reçu ses invités dans la salle bleue. « Je ne critique personne, je fais ma campagne et je ne parle pas des autres. Sur le terrain, on parle des attentes des Palavasiens, c’est tout. »

9999999
