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3 mars 2026du triomphe modeste de “l’Attachement” à l’émotion de Jim Carrey, retour sur une édition réussie
Analyse : Quelques éléments à retenir de cette nouvelle selon nos journalistes.
Voici les éléments principaux de « du triomphe modeste de “l’Attachement” à l’émotion de Jim Carrey, retour sur une édition réussie » pour nos lecteurs.
Ce qu’il est utile de savoir
Benjamin Lavernhe lors de l’ouverture la 51e édition des César à l’Olympia, le 26 février 2026, avec un hommage à Jim Carrey digne de Broadway. THOMAS SAMSON/AFP
Pour aller plus loin
Lauréate du césar du meilleur film, Carine Tardieu, réalisatrice de « l’Attachement », a exprimé très tôt sa joie sincère que « tout le monde » ait partagé les récompenses majeures du cinéma français jeudi 26 février. On a, c’est vrai, rarement vu pareille diversité de vainqueurs durant une cérémonie moins soporifique que la moyenne, placée pour une fois sous le sceau de l’apaisement, voire de la concorde.
Au palmarès donc de cette 51e édition de la grand-messe du 7e art : une star du « Français » meilleur acteur dans une comédie populaire (Laurent Lafitte dans « La femme la plus riche du monde ») ; une star des films du milieu meilleure actrice (Léa Drucker dans « Dossier 137 ») ; deux révélations, l’une venue du foot féminin (Nadia « la Petite Dernière » Melliti), l’autre du Québec (Théodore « Nino » Pellerin) ; sans oublier la fabuleuse circassienne Vimala Pons (sacrée meilleur second rôle féminin, dans « l’Attachement ») ni la bonne blague Franck Dubosc, césar du meilleur scénario original pour « Un ours dans le Jura » (coécrit avec Sarah Kaminsky), dont le brio sur scène donne très envie d’oublier nos réserves maousses quant à son film, au moins le temps de la soirée (« J’ai une pensée pour Abel Gance, pour Julien Duvivier et pour Philippe Lacheau », sonne comme un direct au panthéon des vannes).
La montée en puissance inattendue de « l’Attachement » au fur et à mesure de la cérémonie renvoie à la logique discrète mais implacable avec laquelle la mise en scène de Carine Tardieu transforme subrepticement ce récit de chronique de voisinage en saga familiale. Après un tel coup d’éclat, sa voix devrait désormais peser davantage dans la galaxie du cinéma français. Et, pourquoi pas, inspirer à d’autres une trajectoire de carrière qui sort clairement des sentiers battus : rares sont les réalisateurs tricolores à avoir fourbi comme elle leurs armes dans la littérature jeunesse puis en tant que scénariste à la télévision.
Une grande palette de récompensés
On le répète, ce triomphe modeste – trois trophées en tout – a permis à un large éventail de films de se distinguer. A l’exception notoire d’« Un simple accident » du cador iranien Jafar Panahi (palme d’or au dernier Festival de Cannes), parti de l’Olympia sans la moindre compression. Remettante, la comédienne Golshifteh Farahani a toutefois salué le courage du cinéaste dissident lorsqu’elle a évoqué avec une émotion palpable la répression sanglante en Iran, auquel Pierre Lottin, meilleur second rôle masculin pour « l’Etranger », venait de dédier sa récompense.
« Les Français aiment les étrangers », clamait un peu plus tôt Marina Foïs, décernant le prix du meilleur film étranger à la production d’« Une bataille après l’autre » de Paul Thomas Anderson, première personnalité hollywoodienne récompensée dans une soirée fructueuse, avant Jim Carrey, césar d’honneur particulièrement célébré et ému, puis Richard Linklater, lauréat de la meilleure réalisation pour « Nouvelle Vague », au terme d’une belle moisson de césar techniques (photo, costumes, montage).
Le projet même du film – reconstituer une période chérie de l’histoire du cinéma, qui est aussi une histoire de France – reflète bien l’esprit d’ouverture et d’échanges des célébrations qui ont présidé le cours de la cérémonie. Convaincant Monsieur Loyal, Benjamin Lavernhe a entamé un show dansant façon Broadway en hommage à « The Mask », puis Camille Cottin, présidente de l’édition 2026, a vanté les mérites d’un modèle français à préserver de toute urgence, érigeant le Centre national du Cinéma au rang de « nos fiertés nationales, comme la gastronomie, la mode et la sécurité sociale ».
Pas de doute, les menaces récentes brandies par l’extrême droite de démanteler l’institution ont laissé des traces. Par la suite, Laurent Lafitte s’est fait le chantre des vertus du service public, pendant qu’Emmanuel Curtil, doubleur vedette de Jim Carrey, s’est inquiété tout haut de l’avenir de son métier, assombri par le spectre de l’intelligence artificielle. En revanche, pas un mot sur les toquades flippantes du grand argentier Bolloré, téléspectateur sûrement à l’affût de la moindre démonstration d’hostilité à l’égard de son groupe, voire des vaches sacrées de la France éternelle. Mais les quelques sifflets qui ont clôturé l’hommage à Brigitte Bardot étaient bien trop timides pour faire bisquer Pascal Praud.
Meilleur espoir féminin : Nadia Melliti, dans « la Petite Dernière »
Meilleur espoir masculin : Théodore Pellerin, dans « Nino »
Meilleur film de court métrage d’animation : « Fille de l’eau »
Meilleur film d’animation : « Arco »
Meilleur film étranger : « Une bataille après l’autre »
Meilleure photo : « Nouvelle Vague »
Meilleurs effets visuels : Lise Fischer, pour « l’Inconnu de la Grande Arche »
Meilleure adaptation : Carine Tardieu, Raphaële Moussafir et Agnès Feuvre pour « l’Attachement »
Meilleur film de court métrage de fiction : « Mort d’un acteur », d’Ambroise Rateau
Meilleur premier film : « Nino », de Pauline Loquès
Meilleurs décors : Catherine Cosme, pour « l’Inconnu de la Grande Arche »
Meilleur son : Romain Cadilhac, pour « le Chant des forêts »
Meilleur acteur dans un second rôle : Pierre Lottin, dans « l’Etranger »
Meilleur scénario original : Franck Dubosc et Sarah Kaminsky pour « Un ours dans le Jura »
Meilleur film documentaire : « le Chant des forêts », de Vincent Munier
Meilleurs costumes : Pascaline Chavanne, pour « Nouvelle Vague »
Meilleure actrice dans un second rôle : Vimala Pons, dans « l’Attachement »
Meilleure musique originale : Arnaud Toulon, pour « Arco »
Meilleur montage : Catherine Schwartz, pour « Nouvelle Vague »
Meilleure réalisation : Richard Linklater, pour « Nouvelle Vague »
Meilleur acteur : Laurent Lafitte, dans « la Femme la plus riche du monde »
Meilleure actrice : Laurent Drucker, dans « Dossier 137 »
Meilleur film : « l’Attachement », de Carine Tardieu
Conclusion : Notre équipe gardera un œil sur l’évolution de la situation.

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