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15 mars 2026Analyse : Notre rédaction met en avant les points essentiels à retenir.
Un regard de nos journalistes sur l'article « les trois enseignements du premier tour ».
Résumé des éléments principaux
GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Un écran montrant les résultats photographiés au QG de Pierre-Yves Bournazel à Paris (Photo by GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
Ici une triangulaire. Là, une quadrangulaire. À Poitiers ? Une sexangulaire… Oui, en ce dimanche 15 mars 2026, à l’issue du premier tour des élections municipales, le paysage politique apparaît éclaté comme rarement. Dans de nombreuses grandes villes, les électeurs ont donné à trois, voire quatre candidats la possibilité de se qualifier au second tour. Et souvent dans une logique de blocs reproduisant le même schéma : gauche radicale, gauche modérée, droite et extrême droite.
Citons Marseille, où le maire socialiste sortant, Benoît Payan, fait course en tête, devant le candidat RN Franck Allisio, son adversaire LR-Renaissance Martine Vassal et la tête de liste LFI Sébastien Delogu. Quatre candidats pour un fauteuil, comme à Paris où Sarah Knafo pourrait même être la cinquième qualifiable. À Toulouse, c’est un match à trois qui se profile. Dans l’ordre d’arrivée, le maire divers droite Jean-Luc Moudenc est en tête, devant l’insoumis François Piquemal et le socialiste François Briançon.
Au-delà de ces exemples témoignant de l’éclatement de l’offre politique, la photographie qui ressort de ce premier tour dessine trois principales tendances, qui auront un conséquence considérable sur le deuxième round prévu dimanche prochain. Alors que chaque formation politique cherche à imposer son récit et sa lecture des rapports de force, le indication sur ces principaux enseignements.
Le progrès (en trompe-l’œil) du RN
Quelques minutes à peine après l’annonce des résultats, Jordan Bardella a bombé le torse. Le président du RN s’est logiquement félicité de voir « plusieurs maires sortants » de son parti « réélus dès le premier tour ». C’est le cas à Beaucaire, d’où l’eurodéputé prononçait son discours, mais aussi de Perpignan ou Hénin-Beaumont. « Leur reconduction est la reconnaissance d’un travail sérieux, d’une gestion honnête et d’un engagement constant au service de l’intérêt général », a applaudi le président du RN, assurant que le parti d’extrême droite progresse « partout ailleurs ». Ce qui est une façon de voir les choses.
Certes, la formation lepéniste progresse globalement et enregistre des scores prometteurs, comme à Marseille ou à Carcassonne. Mais ces progrès cachent mal une réalité moins reluisante pour le RN : une incapacité à percer hors de ses zones de prédilection. Ainsi, si le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella progresse dans le Sud-Est et dans le Pas-de-Calais, il demeure en difficulté dans les grandes agglomérations. Toulouse ? À peine à 5 %. Strasbourg ? 6,5 %. Montpellier ? Moins de 10 %. Nantes ? 4,7 %.
Si Paris n’a jamais été une terre particulièrement fertile pour le RN, son candidat Thierry Mariani (une figure pourtant reconnue) peine à réunir 2 % des voix. À Lyon, le candidat RN-UDR s’effondre autour des 6 %. Même dans les villes où l’extrême droite espère emporter un trophée symbolique, les choses ne sont pas si simples. À Toulon, Laure Lavalette va devoir se battre face à front républicain qui s’est érigé dès ce dimanche, et avec un report de voix potentiellement défavorable. Quant à Nice, la partie n’est pas encore gagnée pour Éric Ciotti ; oui il a creusé l’écart sur son rival Christian Estrosi mais il dispose d’un réservoir de voix limité pour la seconde manche si son concurrent réussit à mobiliser un front républicain.
Les paris ratés de la droite
« Nous sommes en tête dans plus d’une commune sur deux en France », se félicite Othman Nasrou, bras droit de Bruno Retailleau. Mais chez Les Républicains, comme chez les partis de centre droit, le maintien de l’ancrage territorial ne masque pas quelques camouflets difficiles à esquiver. Parmi eux : Paris. Dans la capitale, Rachida Dati, soutenue par LR et par plusieurs pontes de la Macronie (y compris par Emmanuel Macron) se retrouve très loin derrière le candidat socialiste Emmanuel Grégoire. À Marseille, Martine Vassal oscille entre 12 et 13 % des suffrages selon les estimations. C’est quasiment trois fois moins que le score du maire socialiste sortant, Benoît Payan. Et que dire de la performance en demi-teinte de Jean-Michel Aulas à Lyon ? Alors que l’ancien président de l’Olympique lyonnais a outrageusement dominé les sondages durant toute la campagne, il se retrouve rattrapé par l’édile sortant Grégory Doucet, lancé dans une remontada impressionnante.
Pour autant, certains résultats permettent à la droite de contrebalancer ces déceptions. Au Havre, Édouard Philippe est finalement plus haut que ce qui était anticipé, et se retrouve en position de rempiler à l’Hôtel de ville et donc, de se présenter à la présidentielle. Dans son fief de Meaux, l’ancien chef de l’UMP Jean-François Copé a été réélu dès le premier tour, tout comme David Lisnard à Cannes. À Nice, Christian Estrosi est toujours la course, tout comme Franck Proust, candidat LR à Nîmes, qui devrait bénéficier de l’appui de l’ex-LR Julien Plantier, dans une triangulaire face au RN et à la gauche.
La gauche bloquée dans ses contradictions
À gauche justement, difficile de passer une nuit apaisée. Du moins, pas chez tous les partis. Du côté de la France insoumise, la soirée est sans doute plus douce. Le parti de Jean-Luc Mélenchon a créé la surprise dans plusieurs villes, comme Roubaix, Lille, Limoges ou encore Toulouse où ses têtes de listes dominent le match à gauche. À Saint-Denis, son candidat revendique même la victoire dès le premier tour face au socialiste sortant. De quoi donner du grain à moudre à la stratégie LFI et peser dans les villes où ses candidats sont parvenus à se qualifier, comme à Marseille ou Paris. De quoi (surtout) immanquablement ressusciter l’éternel dilemme qui s’impose au Parti socialiste : s’allier, au risque de s’aliéner une partie de son électorat, ou snober la formation de gauche radicale, au risque d’essuyer des pertes très lourdes à assumer ? Conscient de son avantage stratégique dans cette situation, LFI appelle déjà à la fusion des listes, pour mieux embarrasser Olivier Faure et ses troupes, sous couvert d’appel à la « responsabilité » face à la droite et à l’extrême droite.
De l’autre côté du spectre de la gauche, Place-Publique a déjà annoncé son refus de nouer des accords, mêmes locaux, avec LFI. Le PS n’est pas allé jusque-là, se contentant de refuser tout accord « national ». Une formule assez ambiguë pour laisser la place à de possibles ententes locales. Les Écologistes, eux, n’ont pas les moyens de faire la fine bouche. Car il s’agit pour Marine Tondelier de sauver ce qui peut l’être, dans une situation où plusieurs maires sortantes, d’Anne Vignot à Besançon en passant par Jeanne Barseghian à Strasbourg, sont menacées dans leurs fiefs. À Lille, les Verts se retrouvent derrière LFI face à la majorité socialiste sortante. Ce qui, pour un parti qui s’associe plus facilement au PS qu’avec le parti mélenchoniste, a tout du casse-tête en vue de 2027.
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Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Nous vous tiendrons informés des prochaines évolutions.

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