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13 avril 2026Cécile Kohler et Jacques Paris racontent trois ans et demi de détention en Iran et ce souvenir rapporté de la prison d’Evin
Analyse : Nos journalistes proposent quelques éléments à retenir de cette actualité.
Notre équipe met en lumière les éléments clés de « Cécile Kohler et Jacques Paris racontent trois ans et demi de détention en Iran et ce souvenir rapporté de la prison d’Evin ».
Récap des faits principaux
Capture d’écran France 2
Au 20 heures de France 2, Jacques Paris et Cécile Kohler racontent leur détention en Iran, marquée par l’isolement, les menaces et la prison d’Evin.
Le seul objet que Jacques Paris a ramené d’Iran tient dans la poche de sa veste de costume : un bandeau pour les yeux. Celui que ses geôliers lui imposaient à chaque sortie de cellule, ajusté pour ne voir que ses pieds. « Dès que vous mettiez un pied en dehors de la cellule, vous aviez un bandeau », raconte-t-il. Trois ans et demi plus tard, il en a fait le symbole de leur détention.
Invités du journal de 20 heures de France 2 ce lundi 13 avril, Jacques Paris et Cécile Kohler ont livré leur premier témoignage depuis leur retour en France auprès de Léa Salamé. Professeure agrégée de lettres modernes originaire d’Alsace et professeur de mathématiques à la retraite, ils étaient partis en Iran pour un voyage touristique pendant les vacances scolaires du printemps 2022.
Le 7 mai 2022, à quelques minutes de leur arrivée à l’aéroport pour leur vol retour, tout s’arrête. « Notre taxi a été bloqué par deux véhicules. Nous avons été arrachés […] menottés », raconte Jacques Paris. Ils sont alors détenus et transférés dans plusieurs lieux, dont la section 209 de la prison d’Evin, à Téhéran, connue pour ses conditions de détention particulièrement dures. Ils y passent l’essentiel de leur captivité.
« Pendant trois ans et demi, on n’a pas vu le noir »
Commence alors une détention dont ils ne maîtrisent ni les règles ni la durée. « Trois mois en isolement total dans une cellule complètement vide », sans lit, sans matelas, sans affaires personnelles. « Je n’avais même pas un vêtement à moi […] même pas une brosse à dents. » Cécile Kohler résume : « Il y avait un processus de déshumanisation totale. »
Jacques Paris décrit, lui, une autre forme d’épreuve, permanente : la lumière. « Pendant trois ans et demi, on n’a pas vu le noir. » Jour et nuit, un néon reste allumé. « Quand il y avait une panne d’électricité le jour, on était dans une pénombre », raconte-t-il, comme si l’obscurité était devenue inhabituelle. Le sommeil se dérègle, le temps se brouille.
Les interrogatoires s’accompagnent de menaces répétées. « On nous menaçait de pendaison […] on nous disait qu’on ne survivrait pas », explique l’enseignante. Jacques Paris confirme : « À chaque interrogatoire, j’avais des menaces de mort. » Sans jamais savoir précisément ce qui leur est reproché, ils vivent dans l’attente.
Les privations sont constantes. Lui est privé de ses lunettes tandis qu’elle voit ses livres retirés, y compris celui auquel elle s’accrochait pour tenir. « J’ai demandé : privez-moi de tous les autres livres, mais pas L’Odyssée. » En vain. Elle finit par l’apprendre par cœur pour apaiser ses angoisses. Jacques Paris, lui, s’épuise physiquement pour dormir : « Ça finissait par occuper une très grande partie de la journée. »
« Quand ils vous mettent devant les caméras, vous n’avez pas le choix »
Même les gestes les plus ordinaires sont contrôlés. Pour aller aux toilettes, le bandeau est systématique. « Il devait être placé de telle manière que vous ne voyiez que vos pieds. » Une contrainte devenue réflexe : au tribunal, sans bandeau, Cécile Kohler dit avoir eu « le sentiment qu’il [lui] manquait quelque chose ».
Parmi les souvenirs qui restent, il y a aussi celui des aveux filmés. « Quand ils vous mettent devant les caméras, il faut comprendre que vous n’avez pas le choix », insistent-ils. « J’ai été accompagné par cinq gros bras », restés hors champ, raconte Jacques Paris. Face à la caméra, les mots sont dictés. « Et vous n’avez pas le choix. Si vous ne le dites pas, que va-t-il vous arriver ? » Pour le couple, l’épisode reste l’ « un des moments les pires de notre vie ».
Libérés en novembre, ils restent encore cinq mois à l’ambassade de France à Téhéran. Leur départ se joue finalement en quelques heures. L’ambassadeur vient les voir : « Ça y est, les choses se débloquent […] ce sera peut-être demain. » Puis, quelques heures plus tard, un texto qui dit simplement que « c’est bon ».
« Ça y est, on est libre »
Ils partent à l’aube. « Un soulagement croissant au fur et à mesure qu’on se rapprochait de la frontière », raconte Cécile Kohler. Mais au moment de passer, nouveau blocage : « Celui qui devait nous laisser passer a bloqué. » Trois heures d’attente supplémentaires, avant de pouvoir enfin traverser et appeler leurs proches : « Ça y est, on est libre. »
De retour en France, ils décrivent « le bonheur, la joie et l’odeur de la liberté ». « Lorsqu’on a été privé de tout, on s’émerveille de chaque chose. » Tous deux parlent d’« un nouveau départ » et d’un mot d’ordre simple : « Vive la vie. »
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : L’analyse sera enrichie dès que de nouvelles données seront disponibles.

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