
Qu’est-ce qui se cache derrière les ventes d’armes françaises ?
14 avril 2026
Pourparlers Israël/Liban: Marco Rubio parle d'une "opportunité historique" en vue d'une paix durable
14 avril 2026Analyse : Une analyse rapide pour comprendre cette actualité.
L'article « anatomie du crash de Renaissance sur le travail le 1er mai » a retenu l'attention de notre équipe.
À ne pas oublier
IAN LANGSDON / AFP
Gabriel Attal le 11 avril à Paris.
Formules tonitruantes, colère froide et amertume. Depuis vingt-quatre heures, l’ambiance est électrique au sein du « bloc central ». Une grande partie des troupes d’Emmanuel Macron ne digère pas le retrait du texte élargissant le travail le 1er mai, décidé par le Premier ministre pour apaiser la colère sociale et ménager les socialistes, qui menaçaient de signer une motion de censure avec le reste de la gauche.
Dès lundi soir, le patron de Renaissance Gabriel Attal a fait savoir qu’il « déplorait cette décision », pointant « l’absurdité politique » qui a provoqué ce retrait. Dans son entourage, certains y sont allés plus franchement, comme Prisca Thévenot, l’une de ses fidèles, qui a accusé « le gouvernement de reculer, encore, face aux injonctions de la gauche ».
Il faut dire que l’ancien Premier ministre a fait preuve d’un réel volontarisme sur le sujet. Dans l’optique de l’élection présidentielle et d’une filiation sarkozyste à peine dissimulée, il a fait de la « valeur travail » l’une de ses priorités. En cherchant à surfer sur la colère de certains boulangers verbalisés pour avoir fait travailler leurs salariés un 1er mai, il a flairé le coup politique. Raté. C’est donc un échec personnel pour lui.
« 49-3 parlementaire »
Très vite, la situation a viré au règlement de compte à ciel ouvert. La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, pourtant favorable au texte, a dézingué la méthode et pointé « un échec de la concertation » dans son propre camp. « C’est la responsabilité du gouvernement qui n’a pas négocié avec les organisations syndicales », a-t-elle exprimé sur RTL. Voilà le cœur du problème : le texte a été écrit il y a plus d’un an. Déposé au Sénat par Hervé Marseille et Annick Billon (UDI) en avril 2025, il a été voté en juillet par les sénateurs. Et un an plus tard, au lendemain des municipales, ce même texte arrive à l’Assemblée, sans que personne n’ait jugé utile d’y associer les organisations syndicales.
Le groupe EPR (présidé par Gabriel Attal) impose cette proposition de loi (PPL) à l’ordre du jour de l’Assemblée. Objectif, une adoption rapide afin que le texte entre en vigueur dès le 1er mai 2026. Or, ce vendredi 10 avril, point d’examen. Mais une motion de rejet déposée par les macronistes, pour contourner l’opposition et l’obstruction de la gauche, vent debout contre le texte. Objectif : renvoyer directement le texte en commission mixte paritaire (CMP), réunissant sénateurs et députés et où la droite, favorable à la mesure, domine.
Rarissime dans une Assemblée où l’usage veut qu’on aille au bout du texte qu’on défend. Et un dévoiement de la procédure parlementaire qui met le feu à l’hémicycle et met le Premier ministre dans l’embarras. Ce tour de passe-passe, dénoncé par les syndicats qui y ont vu « un 49-3 parlementaire », passe mal, et l’ensemble des centrales s’oppose au projet. Les organisations syndicales sont convoquées par le gouvernement lundi soir. Soit moins de vingt-quatre heures avant la CMP. Elle n’aura finalement jamais lieu, ces délais extrêmement courts ne permettant pas une consultation en bonne et due forme. « On se met à négocier le vendredi soir. C’est trop tard ! », déplore Yaël Braun-Pivet.
La méthode utilisée par le groupe présidé par Gabriel Attal, et qui a braqué les syndicats, est aussi déplorée dans le bloc central. Dans une interview à l’Opinion, Marc Fesneau, le patron des députés MoDem, a lui aussi tonné contre ce qu’il considère être un « dévoiement du travail parlementaire » qui a parasité le texte. « L’usage qui a été fait de la motion de rejet par les propres défenseurs du texte s’apparente à un auto 49.3, où l’on refuse de débattre et l’on empêche les députés de faire leur travail », regrette-t-il.
Ambiance « glaciale »
À la dernière minute, le gouvernement a donc dû se résoudre à retirer le texte. Ce qui a provoqué de vives protestations au sein même de Renaissance. Mardi matin, lors de la réunion hebdomadaire du groupe à l’Assemblée, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a exceptionnellement fait le déplacement. Objectif : rassurer les troupes. Selon plusieurs comptes rendus, dont celui du Parisien, les échanges ont tourné au pugilat.
« On nous pisse dessus », a, selon le quotidien, carrément déploré Karl Olive, député des Yvelines. « C’est un manque de courage inadmissible ! Je me demande pourquoi je soutiens encore ce gouvernement. Sans courage, on n’a aucune raison d’exister », a aussi fulminé Jean-Marie Fievet, son collègue des Deux-Sèvres. Dès l’ouverture de la réunion, Gabriel Attal a d’ailleurs parlé d’un « moment d’incompréhension et de colère » pour son groupe. Un député proche du patron le reconnaît en off : « C’est du jamais-vu un tel niveau de colère ». L’ambiance était, à en croire certains, « glaciale ». Sans doute Gabriel Attal a-t-il dû apprécier d’être ainsi soutenu par ses troupes, qui ne se sont pas démontées face au ministre du Travail.
Rares sont ceux qui ont osé défendre la décision du gouvernement. « C’était la bonne, aurait assuré Guillaume Valente. Le contexte social est inflammable, attention à ne pas perdre durablement l’intersyndicale ». La gauche, elle, se délecte de ces divisions. Lors de la séance de questions au gouvernement ce mardi après-midi, le député LFI Hadrien Clouet a lâché, goguenard : « Le groupe Renaissance chouine, le ministre rame et nous, on respire ». À droite, l’ambiance se tend. Bruno Retailleau demande à Gérard Larcher et Yaël Braun-Pivet « de réunir conjointement la commission mixte paritaire pour permettre l’adoption de la loi sur le 1er mai ». Une façon de renvoyer la Macronie à son immobilisme, compte tenu du refus déjà exprimée par la présidente de l’Assemblée nationale sur le sujet. Et de jeter du sel sur les plaies d’un fiasco qui peut laisser des traces en vue de 2027.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Les développements à venir permettront de compléter notre point de vue.

9999999
