
deux députés démissionnent, deux autres sous le coup d’une expulsion
14 avril 2026
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14 avril 2026Analyse : L’équipe éditoriale propose un résumé des informations principales.
Voici ce que notre équipe pense de l'article « Giorgia Meloni, il est temps de retourner aux urnes ! ».
Les éléments principaux
Aux urnes, aux urnes ! Maintenant que nous sommes arrivés à cette étape de l’histoire, il est peut-être inutile de se voiler encore la face. Prendre son temps signifie perdre du temps. Plutôt que de chercher un moyen complexe, aventureux et précaire de recoller les morceaux du vase brisé, et puisqu’il s’avère compliqué d’en recréer un flambant neuf, mieux vaut regarder la réalité droit dans les yeux.
Ces membres du gouvernement démissionnaires, les Andrea Delmastro [sous-secrétaire d’État à la justice], Daniela Santanchè [ministre du Tourisme] et Giusi Bartolozzi [cheffe de cabinet du ministre de la Justice] ne sont que la partie émergée de l’iceberg. La problématique de fond est bien plus grave.
Éviter une lente agonie
Le résultat du référendum a été le signal annonciateur d’un socle qui s’effrite. Ce vote des 22 et 23 mars n’est autre qu’un message de censure adressé au gouvernement. Il faut en prendre acte, et éviter de transformer les mois qui nous séparent des prochaines élections législatives qui se tiendront théoriquement en septembre 2027 en une lente agonie qui consumerait le gouvernement, mais aussi l’Italie.
Il s’agit évidemment d’une question politique, l’exécutif ayant bien plus à perdre à maintenir les élections dans dix-huit mois qu’à se représenter devant les électeurs dès maintenant. Mais c’est également une question éminemment économique, qui concerne plus l’avenir du pays que celui de la coalition.
Désormais, la question à laquelle il faudrait répondre, indépendamment de l’opinion que l’on porte sur Meloni et son gouvernement, est peut-être la suivante : un gouvernement affaibli, porté par une coalition stable mais litigieuse, peut-il surmonter une période aussi compliquée que celle que nous traversons aujourd’hui ?
Une croissance atone
Plombé par une croissance qui peine à décoller de zéro et des poussières, par un coût de l’énergie qui flambe, par des mesures budgétaires qui risquent d’avoir peu de répercussions dans les conditions actuelles à cause d’un déficit un peu plus élevé que prévu, le gouvernement ne semble pas capable d’extraire le pays de la procédure d’infraction de l’UE. Il ne pourra donc pas disposer d’une plus grande marge de manœuvre économique. Dans ces circonstances, Il est peut-être préférable de miser sur des élections anticipées, plutôt que de risquer de placer l’Italie, et le gouvernement, dans une situation délicate.
Contexte Des élections anticipées, un scénario vraiment envisageable ?
“Nos concitoyens ont décidé, et nous ne pouvons que respecter ce choix, mais cela ne change rien à notre volonté de continuer à travailler pour le bien de la nation. Nous continuerons notre parcours avec responsabilité et détermination.” Par cette prise de parole réalisée rapidement après la sortie des résultats du référendum, Giorgia Meloni a voulu être très claire. Elle ne souhaite pas démissionner.
Pourtant, son échec à valider la réforme constitutionnelle de la justice, qui prévoyait notamment de séparer les carrières des juges et celles des procureurs, a créé un certain remous dans les rangs de la majorité. Certains se demandent s’il ne vaudrait pas mieux que Meloni démissionne pour retourner aux urnes et exploiter sur ce qui reste de sa popularité, qui risque de s’effriter de plus en plus.
Néanmoins, rappelle Panorama, “la Première ministre n’a pas le pouvoir de convoquer des élections, celui-ci revient au président de la République, Sergio Mattarella, qui, en cas de démission, pourrait très bien décider de ne pas convoquer d’élections et de confier le rôle de Premier ministre à quelqu’un d’autre”. Quitter son poste pourrait donc se révéler “un piège”, prévient l’hebdomadaire de droite.
Meloni suivra-t-elle le conseil du Foglio ou de Panorama ? Sa venue au Parlement le 10 avril permettra peut-être de mieux entrevoir la suite des événements.
Un scrutin anticipé serait également justifié par de solides motifs économiques. Lesquels ? Francesco Giavazzi, économiste et bras droit de l’ancien Premier ministre italien Mario Draghi, affirme que d’un aspect de vue économique, politique, mais aussi technique (au regard des réglementations européennes), organiser des élections anticipées serait aujourd’hui une option aussi judicieuse qu’opportune.
L’Italie “souffre de graves problèmes liés à une croissance atone, à des salaires qui stagnent et à des politiques énergétiques loin d’être à la hauteur de la situation”, explique l’économiste. Selon lui, prendre du temps “avec un gouvernement affaibli, qui a besoin d’être fort pour relever des menaces existentielles, revient en fait à perdre du temps, et l’Italie ne peut pas se permettre aujourd’hui de perdre du temps”.
Un plan à renégocier avec Bruxelles
Simple logique, estime Francesco Giavazzi, qui ajoute : “Il existe aussi un argument technique qui pourrait devenir politique, voire électoral. À savoir, le PSB, le plan structurel et budgétaire négocié avec la Commission européenne. L’Italie l’a présenté en 2024, pour un horizon de cinq ans. Mais les chiffres, les prévisions et la trajectoire de la dette qui y était illustrée étaient le fruit d’une autre époque, caractérisée par une croissance, des taux d’emprunt et un contexte international bien différents. Ainsi, se rendre aux urnes dès maintenant aurait une implication très concrète : pouvoir retourner à Bruxelles avec un mandat plein et entier et remanier intégralement ce plan.”
“Car c’est ce que prévoient les règles européennes, poursuit l’économiste, mais seulement après l’entrée en fonction d’un nouveau gouvernement. Le nouveau plan remettrait donc les compteurs à zéro et permettrait de recommencer un cycle de cinq ans. Ce serait aussi le moyen d’éviter de végéter : faire un choix, et l’appliquer sur-le-champ.”
Alors bien sûr, les élections comporteraient un risque. Mais aujourd’hui, il est peut-être encore plus risqué de vouloir maintenir la tête hors de l’eau sans avoir les moyens de gouverner. Organiser un scrutin dès maintenant voudrait dire pour le gouvernement de renoncer à battre le record de longévité de l’histoire de la République, puisque pour ça il faudrait voter à partir de septembre 2026.
Autre inconvénient des élections anticipées, cela impliquerait un sacrifice pour les parlementaires, dont les droits à la retraite sont débloqués après quatre ans et six mois de mandat, soit en mars 2027.Mais in fine, tous ces prétextes sont fumeux.
L’opposition n’a pas les moyens de s’opposer au scrutin, ni même de proposer le moindre gouvernement d’union nationale pour quelques mois à peine. Quant aux alliés de la Première ministre, quelqu’un pourrait être tenté d’éviter les urnes, mais il faudrait pour ça qu’il soit prêt à trahir Meloni !
Il est tout à fait compréhensible de vouloir prendre du temps, c’est humain. Mais en gaspiller alors qu’il n’y a pas une minute à perdre pourrait se révéler problématique. Non seulement pour Meloni, mais aussi et surtout pour l’Italie. Alors, aux urnes, aux urnes !
Source : www.courrierinternational.com
Conclusion : Les prochains développements permettront de compléter cette analyse.

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