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14 avril 2026Analyse : Cette nouvelle a été analysée par nos rédacteurs pour vous donner un aperçu.
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Analyse rapide
ATTILA KISBENEDEK / AFP
JD Vance est venu soutenir Viktor Orban quelques jours avant les législatives en Hongrie qui ont viré à la débâcle pour le dirigeant populiste.
La fonction de vice-président est souvent ingrate. John Nance Garner, premier vice-président de Franklin D. Roosevelt, la décrivait comme « un no man’s land quelque part entre les branches législative et exécutive », et aurait un jour confié à Lyndon Johnson, futur vice-président, que cette fonction « ne valait pas un clou ».
C’est peut-être ce que le vice-président JD Vance a appris ces derniers jours, même si les circonstances sont un peu différentes de celles de l’époque de Garner.
Au cours de la semaine passée, Vance a entrepris ses missions de politique étrangère les plus importantes à ce jour. Le président Donald Trump a envoyé Vance en Hongrie pour faire campagne en faveur de l’autocrate Viktor Orbán, confronté pour la première fois en 16 ans à un recul dans les sondages avant les élections de dimanche. Ensuite, Vance a dirigé la délégation américaine chargée de négocier avec l’Iran au Pakistan.
Il s’agissait de deux des priorités les plus importantes de l’administration Trump et du mouvement populiste d’extrême droite qu’elle représente. Et toutes deux ont échoué, de manière assez spectaculaire.
Le modèle hongrois de Trump et Vance s’écroule
Au Pakistan, les États-Unis se sont révélés incapables d’imposer leurs intérêts nationaux. Après moins de 24 heures de discussions, l’équipe dirigée par Vance semble avoir quitté la table sans accord. En Hongrie, Orbán a perdu face à une coalition d’opposition menée par Péter Magyar, ancien membre de son parti qui a fait défection en réaction à la corruption du régime et à son illibéralisme revendiqué. La victoire de Magyar est tellement écrasante que sa supermajorité lui permettra d’abroger les modifications constitutionnelles illibérales d’Orbán.
Or, l’essor d’un mouvement populiste international, que Trump présente comme un objectif de son administration, reposait en partie sur ces deux événements. Et Vance, qui se voulait le visage américain de cette dynamique, a échoué de façon retentissante.
Le second mandat de Trump est calqué sur le modèle autoritaire d’Orbán. La droite trumpiste regarde depuis longtemps cette Hongrie comme un exemple pour verrouiller le pouvoir : couper les financements des universités, redécouper les circonscriptions électorales, modifier les règles électorales et prendre le contrôle des médias. La Heritage Foundation s’est même associée au Danube Institute pour contribuer à la rédaction du programme « Project 2025 » pour un second mandat de Trump.
La guerre en Iran, quant à elle, menace fortement l’ensemble du projet de la droite. Cette guerre a non seulement contredit l’idée trumpienne selon laquelle les États-Unis ne s’enliseront pas dans des conflits étrangers, mais elle menace également le bien-être économique de tous, à commencer par celui des Américains. Six semaines de guerre ont déjà fait grimper l’inflation, tandis que les effets complets de la fermeture du détroit d’Ormuz ne se sont pas encore pleinement fait sentir. Pour espérer un règne conservateur aussi long que celui d’Orbán, Trump doit protéger son parti de lourdes pertes lors des élections de mi-mandat de 2026. Or, provoquer des difficultés économiques généralisées n’y aide pas.
Vance va devoir incarner une guerre qu’il ne voulait pas
De plus, Donald Trump se serait lassé de la guerre et chercherait désormais une porte de sortie. « [Trump] commence à se lasser de l’Iran, a déclaré un responsable de la Maison-Blanche à la chaîne MSNOW. Ce n’est pas qu’il regrette ; il s’ennuie simplement et veut passer à autre chose. »
Quelqu’un d’autre doit donc intervenir pour réparer les dégâts. Et cette personne est Vance, qui pourrait devenir le visage de négociations ratées. Malgré des informations selon lesquelles il était opposé à la guerre en Iran, il se retrouve désormais à en assumer les conséquences économiques potentiellement catastrophiques. Pendant que Vance annonçait que l’Iran avait « choisi de ne pas accepter nos conditions », qu’il qualifiait de « notre offre finale et la meilleure », Trump assistait à un combat de l’UFC aux côtés du secrétaire d’État Marco Rubio.
Mohammad Javad Zarif, ancien ministre iranien des Affaires étrangères ayant conclu l’accord nucléaire de 2015 avec l’administration Obama (dénoncé depuis par Trump) a pointé les propos de Vance comme la raison même pour laquelle l’Iran ne pouvait pas faire confiance à la position américaine. « Aucune négociation avec l’Iran ne réussira sur la base de “nos/vos conditions”, a écrit Zarif sur les réseaux sociaux. Les États-Unis doivent comprendre : vous ne pouvez pas dicter vos conditions à l’Iran. »
Le vilain 0 sur 3 de Vance sur l’international
D’autres signes montrent que l’influence politique de Vance est rudement mise à l’épreuve. Alors qu’il parle souvent de sa foi catholique, il est resté remarquablement silencieux depuis que Trump a provoqué le pape Léon XIV. L’incapacité de Vance à apaiser les tensions avec le souverain pontife a déjà été source d’embarras. Plus tôt cette année, le pape qui est américain aurait décliné une invitation transmise par Vance à se rendre aux États-Unis pour le 250e anniversaire du pays. Le Vatican a annoncé qu’il se rendrait plutôt à Lampedusa, île tristement connue pour les traversées de migrants.
La diatribe de Trump sur Truth Social contre Léon XIV portait ironiquement sur les critiques du pape concernant la guerre en Iran. Avec des négociations de paix au point mort et un vice-président apparemment incapable d’en atténuer les effets tandis que son supérieur ouvre un nouveau conflit avec le Vatican, JD Vance est proche d’un bilan de 0 sur 3 pour ses tentatives sur la scène internationale.
Les incursions de Vance en politique étrangère illustrent l’évolution de la vice-présidence depuis l’époque où Garner la décrivait comme un « no man’s land ». Cette fonction est devenue soit un centre de pouvoir en soi (pour des figures expérimentées comme Dick Cheney ou Joe Biden) soit, plus souvent, un tremplin pour un successeur, comme pour Al Gore et Kamala Harris.
Et Vance se voit clairement comme l’héritier du Parti républicain de Trump à l’horizon 2028. Mais il semble avoir été placé dans une situation vouée à l’échec. Et il se pourrait donc bien qu’au final, sa vice-présidence ne vaille toujours pas -malgré l’extension de ses responsabilités- un clou.
Note : Cet article est une traduction réalisée par la rédaction du HuffPost France, à partir d’un numéro paru en avril 2026 sur le HuffPost US. L’article original est à lire ici.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Les prochaines informations permettront de mieux comprendre les enjeux.

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