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15 avril 2026Caroline Fourest, Sorj Chalandon, Alain Minc… Les auteurs vent debout après le limogeage d’Olivier Nora à la tête de Grasset – franceinfo
Analyse : Un résumé des points clés mis en avant par notre rédaction.
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À retenir absolument
Des dizaines d’auteurs préparent une « action commune » pour réagir au départ du PDG selon les informations de l’AFP.
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Dans le monde littéraire, c’est une déflagration. Après 26 ans à porter de son nom la prestigieuse maison d’édition Grasset, Olivier Nora quitte ses fonctions mardi 14 avril. L’annonce a été officialisée sans plus d’explications, par le groupe Hachette. Selon l’Express, qui, avec Le Canard Enchaîné, a révélé l’information, a avancé qu’Olivier Nora avait « été licencié par Vincent Bolloré« , le milliardaire conservateur propriétaire de Hachette, dont Grasset est l’une des fleurons.
Il est remplacé le jour même par Jean-Christophe Thiery, PDG de Louis Hachette Group. Ce dernier avait mentionné, le vendredi 13 mars, lors d’une conférence de presse sur les 200 ans d’Hachette, avoir pour principe de respecter « la liberté d’opinion des auteurs ainsi que la liberté absolue des patrons des maisons d’édition ». Mais, avait-il ajouté : « et on choisit les patrons…« .
Le PDG d’Hachette Livre, Arnaud Lagardère, a remercié « chaleureusement Olivier Nora pour son engagement et pour le travail remarquable accompli durant toutes ces années« . Cette « figure du paysage littéraire français a joué un rôle déterminant pour installer Hachette Livre comme leader de l’édition en France« , a-t-il ajouté dans un communiqué.
Deux jours avant le Festival du Livre (du 17 au 19 avril), que les maisons d’édition Hachette boudent pour la première fois au profit d’un rassemblement d’entre-soi déroulé en mars, cette annonce est un séisme pour le monde littéraire. En 26 ans à la tête d’une des plus influentes maisons d’édition française, Olivier Nora était devenu un visage incontournable de l’industrie littéraire.
Grasset publie, entre autres, le prix Nobel de littérature Han Kang mais également un panel d’auteurs large, éclectique et engagé : Virginie Despentes, Gaël Faye, Sorj Chalandon, Vanessa Springora… « Scrupuleux et enthousiaste » décrit son auteur et ami, le reporter Bernard-Henri Lévy sur X, où il affirme être « sous le choc » de cette annonce.
Dans la foulée de cette annonce, plusieurs auteurs édités au sein de la maison se sont indignés. Pour Caroline Fourest, journaliste à Franc-Tireur et autrice éditée chez Grasset depuis plus de 20 ans, »ce départ est un tournant, de plus, de trop. Et un signal très inquiétant. »
Dans une déclaration à l’AFP, l’économiste et essayiste Alain Minc a annoncé quitter Grasset, son éditeur « depuis 40 ans« , interprétant le départ d’Olivier Nora comme « une mise au pas de cette maison d’édition » et souhaitant que « d’autres auteurs (le) rejoignent dans ce mouvement« .
Une déclaration en écho à celle du philosophe Pascal Bruckner chez France Inter mardi soir : « Bolloré tue Grasset. C’est un acte de mort. C’est un coup de fusil à bout portant contre une des plus vieilles maisons d’édition françaises. » « Hors de question » pour l’auteur de rester édité chez Grasset à la suite du départ de Olivier Nora. « Tous les auteurs de la maison vont être soumis à un choix, mais qui est très facile. (…) »
Des dizaines d’auteurs préparent une « action commune » pour réagir au départ du PDG Olivier Nora de la maison d’édition Grasset derrière lequel beaucoup voient la main du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, a appris l’AFP mercredi auprès de plusieurs sources proches du dossier.
« J’ai toujours dit que si on touchait un cheveu d’Olivier Nora, je partirais de Grasset et ma position n’a pas changé« , déclare à l’AFP Sorj Chalandon, dont le dernier roman, Le livre de Kells, a été publié en 2025. Joint par l’AFP, Frédéric Beigbeder, longtemps publié chez Grasset et chroniqueur au Figaro, précise être lui aussi associé à l’action collective en préparation et rend hommage à Olivier Nora. « Nous avons tout traversé ensemble : les victoires, les succès, les polémiques, les échecs et maintenant que c’est fini, je tiens à lui rendre hommage pour son panache« , dit-il dans une déclaration écrite.
Car depuis le rachat en 2023 du groupe Lagardère, alors à la tête du conglomérat Hachette, de nombreux auteurs appréhendaient le tournant politique que pourrait prendre la main mise sur plus d’une soixantaine de maisons d’éditions par le patron breton à l’agenda politique très conservateur. En trois ans, la maison Fayard est devenue la première éditrice de personnalités politiques d’extrême droite, les « préférées des Français » tels qui les marketaient à Noël : Jordan Bardella, Eric Ciotti, Marion Maréchal, Philippe de Villiers ou encore Eric Zemmour.
Si il n’y a pas eu de raison précise annoncée par Hachette à ce choix de se séparer de son éditeur phare, « une tension n’a cessé de monter » selon le quotidien Libération, entre l’actionnaire Vincent Bolloré et Olivier Nora, depuis l’arrivée chez Grasset de l’auteur franco-algérien Boualem Sansal. L’écrivain récemment sorti de prison avait annoncé quitter sa maison d’édition historique Gallimard en mars dernier, suite à des « divergences » de stratégie durant sa « détention en Algérie ». Un contrat d’un million d’euros pour le livre à venir de l’auteur algérien, proposé par le PDG de Hachette Livre Arnaud Lagardère, selon les informations de Blast.
Libération raconte une négociation compliquée entre Olivier Nora et Vincent Bolloré, qui avait dans un premier temps proposé Fayard à Boualem Sensal. Celui-ci l’aurait refusé au profit d’une maison plus littéraire, Grasset, donc. Une négociation qui se serait soldée la semaine dernière par « une conversation houleuse concernant la stratégie éditoriale entre la maison mère et sa filiale », raconte auprès de Libération, un proche d’Olivier Nora.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Cette information sera mise à jour dès que de nouveaux éléments apparaîtront.

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