
Le pape Léon XIV, en déplacement au Cameroun, appelle au « respect des droits de l’Homme » devant le président Paul Biya
15 avril 2026
Emmanuel Macron reçoit Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, le Président de la Mauritanie, à l'Élysée
15 avril 2026« T’es nul », « Ferme ta gueule », « petite couille »… des élèves d’un lycée catholique de Perpignan dénoncent les « propos humiliants » d’une professeur
Analyse : Voici ce que notre équipe retient de cette information.
Selon nos experts, « « T’es nul », « Ferme ta gueule », « petite couille »… des élèves d’un lycée catholique de Perpignan dénoncent les « propos humiliants » d’une professeur » mérite une attention particulière.
À ne pas oublier
Des lycéens de Notre-Dame de Bon Secours à Perpignan dénoncent le comportement et les propos jugés « inappropriés » de la part d’une enseignante. Une plainte a également été déposée à son encontre par l’une de ses collègues.
« On est au bord du burn-out. » Aucun d’entre eux ne souhaite révéler son nom, ni même ses initiales.« Trop peur des représailles« , affirment-ils. Mais la situation serait devenue à tel point insupportable pour ces lycéens de Notre Dame de Bon Secours à Perpignan, qu’ils ont décidé d’engager une nouvelle action, en toute discrétion, pour se faire entendre.
Après une première alerte en novembre qui serait restée sans réponse, ils ont expédié ce 31 mars 2026 un courrier en recommandé à la rectrice Carole Drucker Godard, à l’évêque des Pyrénées-Orientales et au chef d’établissement afin de partager leurs « inquiétudes » et « leur incompréhension » quant aux « pratiques préoccupantes » d’une de leur professeur qui contribuerait à créer « un climat anxiogène et peu propice aux apprentissages. »
Quarante-cinq lycéens ont ainsi consigné leurs témoignages sur une longue liste jointe à cette lettre. Et tous racontent la même histoire, avec les mêmes mots. La « pression psychologique », « la violence verbale », les propos « rabaissants » et « insultants ». Les « remarques répétées humiliantes ». « L’appréhension » d’assister aux cours de cette enseignante jusqu’à vomir avant d’entrer dans la salle. « La peur d’avoir une mauvaise note ». « La boule au ventre » par crainte qu‘ »elle s’en prenne à vous ». « Elle traite certains de nuls. Elle dit : tu es un bon à rien. Tu vas finir au bistrot du coin. Tu es aussi nul que tes amis de droite raciste. Elle nous humilie publiquement quand on passe à l’oral », dit l’une. « Elle m’a dénigré devant toute la classe en me disant que je n’avais pas d’avenir », poursuit un autre. « Elle ne transmet que son mépris pour les élèves défavorisés », ajoute un autre. « Elle dit ‘ferme ta gueule’ ou ‘petite couille’. Tous les mois, il y a de nouvelles choses », confie le dernier. « Et à chaque fois qu’elle garde un élève, souvent le même, après le cours, il ressort en pleurant. Moralement, c’est très dur. Il y en a qui ressentent une perte de l’estime de soi, un profond mal être avec cauchemars, amaigrissement, des symptômes de dépression… »
Les signataires du courrier dénoncent également les « prises de position politique » de l’enseignante, « critique notamment envers la droite » mais également ses « interventions offensantes envers la religion catholique » qu’elle jugerait « trop sexiste et oppressive« , et « pouvant heurter les sensibilités ». Ils évoquent aussi des allusions à connotation complotiste (« Pronote nous observe », « les gens de droite ont mis des caméras pour nous surveiller ») et des allusions à caractère sexuel « déplacées« . « Par exemple, elle a affirmé un jour qu’il conviendrait de consommer de l’alcool avant sa première expérience intime afin de l’oublier » soutiennent les élèves.
« Quand j’entends autant de détresse, je ne peux plus me taire »
« Aucune mesure concrète n’est prise alors que certains sont prêts à abandonner cette spécialité pour la suite de leurs études. C’est de pire en pire », déplorent-ils.« On en parle aux autres professeurs mais on nous répond simplement que l’on s’est attaqué à l’os dur de l’établissement. »
À lire aussi :
Lycée de Perpignan évacué après une alerte à la bombe : « C’était un peu surréaliste » confie un élève
Une autre professeur de l’établissement a pourtant décidé de passer à l’action. « Je me devais d’agir au vu de la situation d’une gravité particulière, des éléments qui ont été portés à ma connaissance ou dont j’ai été témoin, susceptibles de mettre en danger la sécurité d’enfants mineurs », affirme-t-elle. Elle s’est rendue à la gendarmerie ce vendredi 10 avril 2026 pour effectuer un renseignement judiciaire, autrement dit son audition a été recueillie et sera transmise au procureur de la République qui décidera ou non d’ouvrir une enquête. »Quand j’entends autant de détresse, je ne peux plus me taire, c’est mon devoir et je le fais pour la protection des élèves », ajoute-t-elle. Mais ce n’est pas tout.
Ce vendredi, elle a aussi déposé une plainte visant cette même enseignante et collègue pour « harcèlement moral » sur sa propre personne. Et plus précisément pour des propos répétés à son encontre portant « atteinte à son état de santé, à ses conditions de travail et à sa dignité professionnelle ». Le tout a, là encore, été adressé aux autorités et instances concernées, dont la direction diocésaine, le rectorat et l’OGEC (Organisme de gestion de l’enseignement catholique).
La professeur concernée, après un entretien avec la direction du lycée Notre-Dame de Bon Secours, n’a pas repris les cours depuis mardi. On ignore si elle a décidé elle-même de ce retrait temporaire.
La direction s’entretient avec l’enseignante « pour avoir sa version »
Les services éducatifs se veulent particulièrement prudents et discrets sur cette affaire, ne fournissant que très peu d’explications.
« Les services académiques suivent très attentivement ce signalement, en lien étroit avec la directrice diocésaine et le chef d’établissement afin de faire toute la lumière sur cette situation. Une série d’entretiens est d’ailleurs menée actuellement dans ce cadre par le chef d’établissement », indiquait le rectorat, sans plus de précision.
« Effectivement j’ai été informé de la situation le 8 avril et j’ai demandé une entrevue le lendemain avec l’enseignante pour avoir sa version », confirme quant à lui, le chef d’établissement Jean-Pierre Mazeau. « Je me suis tourné vers la responsable de l’enseignement. Aucun autre commentaire ne peut être apporté à ce stade afin de respecter la sérénité de la procédure, la protection des personnes concernées et les principes fondamentaux comme la présomption d’innocence. Avec diligence et responsabilité, je porte une attention constante à la sécurité et au bien-être des élèves et au respect des droits et obligations de l’ensemble des personnels. »
« Je n’en sais que des bruits de couloir et je ne peux rien en dire », termine enfin Romain Martignoles, délégué du syndicat enseignant Snec-CFTC.
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : Cette situation sera observée de près par nos journalistes.

9999999
