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Un regard éditorial sur « Les livres ukrainiens en exil : une histoire de résistance » pour mieux comprendre l'article.
Résumé des éléments principaux
Dans ce Grand Reportage, c’est « à hauteur de livre », qu’Aline Bieth propose de raconter la guerre en Ukraine. Que représentent ces pages d’écriture, hors de leur pays, alors que les bibliothèques ukrainiennes sont sous les frappes russes ? Deviennent-elles des joyaux de mémoire, des flambeaux d’une identité et culture ukrainienne menacée ? Face à une guerre aussi informationnelle, ces objets de papier sont des cibles de premier plan. Voici leur histoire… Quarante minutes de reportage, à la rencontre de ces livres ukrainiens en exil, à retrouver aussi au format série. Puis, quinze minutes d’échanges avec l’écrivain ukrainien Andreï Kourkov.
Sur nos étagères…
C’est d’abord dans notre quotidien, dans nos librairies et bibliothèques, que débute cette enquête. Comment la littérature ukrainienne s’invite-t-elle sur nos étagères ? Si la littérature ukrainienne a connu une exposition nouvelle avec la guerre, quelles réalités sur le terrain ? À la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg, c’est toute une étagère qui accueille la littérature ukrainienne contemporaine. Une initiative qui s’inscrit dans le projet d’ampleur mondiale lancé par la Première dame de l’Ukraine, Olena Zelenska.
Pour diffuser plus largement cette littérature, il faut se confronter à un autre défi : la traduction. L’historienne Iryna Dmytrychyn raconte ses premières expériences – périlleuses – en tant que traductrice. Avant la guerre, convaincre les éditeurs français était une rude épreuve : « À chaque fois, la conversation commençait par expliquer : qu’est-ce que l’Ukraine ? […] Pourquoi cette littérature est aussi invisibilisée en France ? » Mais, comme en témoigne Iryna Dmytrychyn, c’est une nouvelle dynamique éditoriale qui est apparue avec la guerre. Un nouveau souffle !
Des livres longtemps invisibles : l’héritage d’une diaspora
La production scientifique autour de l’Ukraine n’a jamais été aussi forte. Mais les études ukrainiennes ne sont pas nouvelles, et ont une histoire singulière en France. Dès les années 1960, à Paris, la Première Imprimerie ukrainienne de France entend diffuser les savoirs sur l’Ukraine. Cette initiative est à l’image d’une diaspora ukrainienne qui a toujours mené un riche travail de collecte et d’édition pour faire vivre l’Ukraine hors de ses frontières.
Dès son arrivée en France, lors de la Conférence de la paix de Paris en 1919, la diaspora ukrainienne avait bien compris la force du livre pour mener son combat vers l’indépendance, pour s’émanciper alors du joug de l’Union soviétique. À la Bibliothèque universitaire des langues et civilisations – la BULAC –, on trouve des livres longtemps restés invisibles et d’une valeur inestimable, qui racontent l’histoire de ce combat par les lettres.
À Paris, la plus ancienne bibliothèque ukrainienne d’Europe occidentale
Les bibliothèques, voici un lieu qui a inspiré beaucoup d’écrivains. De La Bibliothèque de Babel décrite par Jorge Luis Borges pendant la Seconde Guerre mondiale, à la dystopie Fahrenheit 451 signée Ray Bradbury, la bibliothèque apparaît comme un lieu d’évasion pour penser la place de l’homme dans l’humanité, ou encore, comme un lieu en proie à la violence. Face à la guerre en Ukraine, comment peindre la Bibliothèque ukrainienne Simon Petlura située au 6 rue de Palestine à Paris – la plus ancienne en Europe occidentale, encore en activité ?
En mai 2026, la Bibliothèque ukrainienne Simon Petlura fête ses 100 ans. Dans ce lieu, Ukrainiennes et Ukrainiens en diaspora conservent un patrimoine livresque inestimable. Des livres sur l’Ukraine, on en trouve par milliers. Mais au-delà de cette dimension patrimoniale, en ces temps de guerre, c’est aussi un lieu de rencontre que tentent de faire revivre Alla Lazareva, la présidente de la Bibliothèque et son équipe.
Le livre-témoin : que peuvent les mots face à la guerre ?
« Je voyais ce livre comme un acte judiciaire. J’avais envie de témoigner », affirmait Primo Levi, à propos de Si c’est un homme. Ce dernier livre fait partie du tournant qui a marqué le XXe siècle. Si le témoignage existait déjà avant 14-18, à travers les journaux et mémoires de guerre, il occupe désormais une place nouvelle dans ce XXe siècle : il devient un « acte judiciaire ». Shoah, guerre d’Algérie, Grande guerre, génocide des Arméniens… Le témoignage est aujourd’hui central dans l’étude des violences et conflits qui marquent l’histoire.
Quels sont ces livres-témoins qui racontent aujourd’hui l’histoire de cette guerre en Ukraine ? Aline Bieth est allée à la rencontre d’Olga Kurovska. Avec sa sœur Sacha, elles racontent leur quotidien depuis le 24 février 2022. Olga, depuis Paris. Sacha, depuis Kiev. L’écriture : est-ce un geste vital pour dépasser la douleur et l’angoisse ?
Une coopération internationale autour du livre
Selon les chiffres de l’Unesco, depuis le 11 mars 2026, 523 lieux culturels ont été endommagés en Ukraine, depuis le 24 février 2022. Parmi ceux-ci, 20 bibliothèques. Comme en témoigne ces chiffres accablants, les bibliothèques sont aussi des cibles de cette guerre. Comment les préserver ? Comment penser dès aujourd’hui leur reconstruction ? Pour y répondre, Aline Bieth s’est rendue à la Bibliothèque nationale de France – la BnF.
« Après la sidération, il y a eu une mobilisation immédiate de la direction de la Bibliothèque nationale de France, qui a dénoncé l’agression russe du territoire ukrainien, et a proclamé la solidarité de l’institution à l’égard des différentes bibliothèques nationales ukrainiennes », affirme Jean-François Roseau, directeur des relations européennes et internationales à la BnF. Depuis le 24 février 2022, l’établissement multiplie les actions pour venir en soutien à leurs collègues ukrainiens. Ouvrages et catalogues non-numérisés, pénurie de main-d’œuvre qualifiée, manque de matériels : les enjeux sont nombreux.
Découvrez aussi la série audio tirée de ce Grand Reportage
Références
Ouvrages et articles des interviewés
- Iryna Dmytrychyn, Préface de Hommage à l’Ukraine, Éditions Stock, 2022
- Iryna Dmytrychyn co-dirige avec Iaroslav Lebedynsky, la collection « Présence ukrainienne » aux Éditions de L’Harmattan depuis 2001
- Victoire Feuillebois, Faut-il brûler Pouchkine ?, CNRS Éditions, 2025
- Yuliia Kotova, « Le fonds Borschak : archives de l’émigration ukrainienne en France et de la dissidence en exil conservées à la BULAC », Le Carreau de la BULAC, 2022
- Alla Lazareva, Les 5 clés de la résistance ukrainienne, Éditions Hémisphères, 2026
- Iryna Sobchenko, « La Renaissance fusillé à la BULAC : pour une histoire politique de la constitution des collections ukrainiennes en France », Slavica Occitania, n°62, 2026, p. 115-148
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Nous vous tiendrons informés des prochaines évolutions.

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