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18 avril 2026Analyse : L’équipe de rédaction a sélectionné les éléments clés à retenir.
Voici ce que notre équipe pense de l'article « Élections législatives en Bulgarie: Roumen Radev, un «nouvel Orban» au sein de l’UE? ».
Points clés à retenir
Un pro-russe favori des élections législatives en Hongrie ce dimanche 19 avril : l’ex-président Roumen Radev pourrait remporter le scrutin, alors que le pays est en crise. Ce sont les huitièmes élections organisées en cinq ans. Les enjeux décryptés par Romain Le Quiniou, directeur du centre de réflexion Eurocreative et spécialiste de l’Europe centrale et orientale.
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RFI : Comment expliquer le succès de Roumen Radev ?
Romain Le Quiniou : Roumen Radev est assez populaire. Il a été président pendant presque deux mandats. Il a quitté son dernier mandat, il a démissionné pour pouvoir se présenter aux élections législatives. C’est une figure centrale de l’État bulgare de ces dernières années. Il est populaire puisqu’il a joué un rôle politique assez dominant dans les différentes périodes de crise bulgare ces dernières années. Rappelons quand même que c’est la huitième élection de suite du Parlement, donc y a une véritable crise politique bulgare. Et Roumen Radev s’est toujours posé en tant que personnalité responsable, alors que la réalité fait qu’il a bloqué pas mal de processus. Il a joué un rôle politique assez « disrupteur ».
Il a décidé également d’être de plus en plus vocal sur son euroscepticisme, son soutien à la Russie, ou en tout cas ses blocages face à l’Ukraine. Donc on a une personnalité qui est assez étonnante. C’est quelqu’un du système, quelqu’un qui a été soutenu pendant longtemps par le Parti socialiste bulgare et qui, aujourd’hui, se pose en anti-système et anti-corruption. C’est un petit peu étrange, mais ça a l’air de fonctionner puisqu’aujourd’hui, dans les sondages, l’ancien président Roumen Radev est crédité de 30% des voix, voire un peu plus. On a la certitude presque aujourd’hui que Radev finira en tête de ce scrutin et pourrait potentiellement former un gouvernement.
Qu’est-ce que ça changerait si c’était lui qui prenait la tête de ce futur gouvernement ?
Beaucoup se posent la question. Tout d’abord, il faut se demander si Roumen Radev, même en tête de ces élections, pourra former ou non un gouvernement. Il aurait besoin de plusieurs partis, potentiellement. En tout cas, il aurait besoin au moins des libéraux centristes du parti Prodaljavame promianata (« Nous continuons le changement ») et de « Oui, Bulgarie ! » (au sein de la coalition Demokratitchna Balgaria, « Bulgarie démocratique »). On n’est pas du tout sûr que ces derniers accepteront finalement de se mettre derrière le potentiel Premier ministre Radev. Ensuite, il pourrait aussi s’allier avec d’autres partis, notamment le Parti socialiste bulgare, qui paraît assez évident. Mais le Parti socialiste bulgare est plus ou moins au-dessus du seuil électoral. On ne sait pas si ce parti va parvenir à être représenté au Parlement finalement. Et dernière possibilité, c’est aussi de se mettre en coalition avec l’extrême droite de Vazrajdane (« Renaissance »), un parti très clairement anti-européen, anti-occidental dans une certaine mesure et pro-russe. Donc on est vraiment dans l’hypothétique aujourd’hui. Tout ce qu’on sait, c’est qu’un gouvernement avec Radev devrait ouvrir la voie à une Bulgarie plus compliquée.
La Bulgarie a été compliquée ces derniers temps, puisqu’elle a été très instable politiquement. Mais la Bulgarie a joué un rôle, premièrement, assez coopératif au niveau européen. La Bulgarie n’est pas ce genre de pays, sauf certaines exceptions, elle ne pose pas de problème similaire à la Hongrie, c’est-à-dire ne s’oppose pas à des décisions européennes, ne met pas son veto. Ça, c’est une continuité historique. Néanmoins, la Bulgarie a aussi beaucoup travaillé au soutien de l’Ukraine, notamment sur la livraison des munitions ces dernières années. Et aujourd’hui, on peut se demander si Sofia ne basculerait pas dans un camp beaucoup plus ouvertement eurosceptique et aussi pro-russe en suivant la ligne du président Radev. C’est véritablement l’inquiétude aujourd’hui à Bruxelles, alors que la semaine dernière, Viktor Orban est tombé en Hongrie. Est-ce qu’on n’aurait pas un nouvel Orban en Bulgarie qui arriverait ?
Comment est-ce que Roumen Radev est arrivé à faire de la corruption son cheval de bataille ?
Il n’était pas prédestiné à ça. Roumen Radev est au cœur du système depuis de nombreuses années. Vous savez, quand on est président pendant deux mandats, même si les prérogatives sont beaucoup plus limitées que celles d’un Premier ministre, on ne peut pas faire semblant de dire qu’on est contre le système. Mais son narratif a marché, il est effectivement contre la corruption. Il a surfé sur un mouvement de colère qui dure depuis des années, qui s’est renforcé encore une fois au cours de l’automne et qui a débouché sur des manifestations absolument monstrueuses qui ont fait chuter le gouvernement.
Aujourd’hui, Roumen Radev vient du système, mais il se déclare pourtant réformiste et anti-corruption. Alors, à voir ce qu’il ferait s’il était au pouvoir. Mais en tout cas, c’est la ligne qu’il a choisie. Et elle est populaire puisque forcément, une grande partie de la population est déçue par les partis du statu quo, mais aussi par les partis réformistes. Donc aujourd’hui, il y a véritablement un enjeu de changement en Bulgarie. Mais ce changement n’arrive pas malgré la mobilisation des citoyens dans les rues, parfois malgré la mobilisation des citoyens dans les urnes. Et je pense que c’est le dernier enjeu de ces élections : est-ce que les citoyens viendront voter ? Est-ce que les citoyens bulgares viendront véritablement voter aujourd’hui, et pour qui ce dimanche ? C’est la grande interrogation. Une mobilisation peu nombreuse profitera largement à Radev et largement aux partis extrémistes. Donc c’est aujourd’hui aux électeurs pro-européens, pro-démocratie, de se mobiliser. Et on ne sait pas s’ils le feront, parce qu’il y a un certain désenchantement démocratique chez les Bulgares.
Source : www.rfi.fr
Conclusion : Nous continuerons à partager nos observations sur cette actualité.

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