La revue de presse internationale, émission du samedi 18 avril 2026
18 avril 2026/2026/04/17/69e1f7f0cde50439648260.jpg?w=150&resize=150,150&ssl=1)
Gare de Lyon fermée, trains détournés, RER perturbé… Pourquoi le week-end du 1er-Mai s’annonce perturbé dans les transports à Paris – franceinfo
18 avril 2026« Quand elles arrivent sur les terrains, elles sont un peu seules »… Pourquoi les femmes arbitres sont encore très rares dans les sports collectifs – franceinfo
Analyse : Nous mettons en lumière certains aspects de cette actualité.
Un regard éditorial sur « « Quand elles arrivent sur les terrains, elles sont un peu seules »… Pourquoi les femmes arbitres sont encore très rares dans les sports collectifs – franceinfo » pour mieux comprendre l'article.
Les éléments principaux
Alors que le nombre de pratiquantes augmente rapidement dans la plupart des disciplines collectives, la féminisation de l’arbitrage dans les sports majeurs, football et rugby en tête, est loin de suivre le rythme.
« Au bout d’une saison, 50 % des féminines abandonnent » : voilà le constat implacable d’Aurélie Groizeleau, seule femme arbitre professionnelle de rugby en France. Alors que l’Écossaise Hollie Davidson va devenir, à 33 ans, la première femme à arbitrer une rencontre de Top 14, samedi 18 avril lors du match entre Clermont et Lyon après avoir déjà été la première à le faire lors du Tournoi des six nations 2026, les sports collectifs majeurs peinent encore à recruter des femmes pour arbitrer, et surtout à les conserver longtemps.
1min
Près d’un tiers des juges et arbitres sont des femmes, tous sports confondus, mais elles sont seulement 21,3 % au haut niveau, selon l’Association française du corps arbitral multisport (AFCAM). « Il y a une féminisation dans tous les différents aspects du sport : joueuses, entraîneures, dirigeantes, constate Corentin Simon Barbotin, docteur en sociologie et auteur d’une thèse sur le genre dans l’arbitrage, auprès de franceinfo: sport. Mais les chiffres montrent que pour l’arbitrage, ça progresse moins vite que le reste. » Dans les sports collectifs majeurs, les statistiques sont effectivement peu réjouissantes : parmi les arbitres de rugby, seulement 5 % sont des femmes, une proportion sensiblement égale au football, malgré une part de joueuses plus importante.
Comment convaincre les jeunes filles de troquer le maillot pour l’uniforme ? « C’est du travail de terrain », constate Aurélie Groizeleau, qui a amorcé la création du comité Femmes et arbitrage de La Poste au détour d’une conversation avec Jean-Raphaël Gaitey, responsable des partenariats sportifs de La Poste, lors de la finale du Top 14 en juin 2024. L’ancienne internationale à XV (cinq sélections) et à VII (sept sélections) est venue à l’arbitrage par une voie détournée, après qu’une rupture des ligaments croisés a mis un terme brutal à sa carrière, à 20 ans seulement. « Il faut aller dans les clubs, donner goût à l’arbitrage, s’enthousiasme-t-elle. Faire découvrir, amener quelqu’un à prendre un sifflet et se dire qu’on peut oser arbitrer. »
Le plus difficile n’est pas de recruter des femmes pour arbitrer, mais de les conserver au-delà de leur première saison, ou de quelques courtes années. « Former, on sait faire, juge Stéphanie Frappart, seule femme arbitre de Ligue 1. Fidéliser, c’est plus compliqué. Quand elles arrivent sur les terrains, elles sont un peu seules. »
« Forcément, quand vous venez d’une personnel éditorial de foot qui jouait tous les week-ends ensemble et que vous vous retrouvez sur les terrains un peu esseulées… C’est peut-être dans cette partie qu’on doit progresser. »
Stéphanie Frappart, arbitre de Ligue 1,à franceinfo: sport.
Durant ses cinq années de thèse, Corentin Simon Barbotin a interrogé des dizaines d’officielles et arpenté les terrains amateurs. « Au début, il y a souvent de l’amusement, de la curiosité de voir une femme qui arbitre, a-t-il observé. Par contre, elle n’a pas le droit à l’erreur. » Un constat d’autant plus vrai au haut niveau. « Une décision d’une arbitre féminine fait forcément beaucoup plus de bruit médiatiquement que celle d’un garçon, on est beaucoup plus scrutées », estime Stéphanie Frappart, régulièrement attaquée sur les réseaux sociaux pour ses décisions.
Au-delà des comportements sexistes qui peuvent dégoûter certaines femmes du sifflet – « tout le monde a son anecdote », relate Corentin Simon Barbotin –, les structures fédérales ne sont pas favorables à la progression des arbitres féminines. « Que ce soit pour les hommes ou les femmes, l’arbitrage est ingrat, explique le sociologue. On demande beaucoup de temps et il y a peu de rétributions. Concrètement, il faut se dévouer tous les week-ends, si tu loupes un ou deux matchs, tu ne seras pas promu au niveau supérieur. Là, les mécanismes sociaux d’inégalités de genre entrent en jeu : les tâches ménagères, les enfants, dans les couples hétérosexuels, ce sont majoritairement les femmes qui s’en occupent. […] Une arbitre que j’avais interrogée s’était entendue dire : ‘on va vous promouvoir mais vous n’avez pas intérêt à nous dire que vous ne pouvez pas être présente parce que vous devez garder vos enfants’. »
Face à ces freins, un sport collectif fait figure de pionnier : le handball. S’il bénéficie d’un vivier de recrutement plus large grâce à une proportion importante de joueuses, le sport doit aussi la féminisation de son arbitrage – 31 % d’arbitres féminines en 2025-2026 – aux moyens alloués. « Il y a un plan de féminisation mis en place par la Fédération qui vise à promouvoir l’arbitrage féminin et à permettre aux jeunes arbitres de se lancer, à être un petit peu plus accompagnées », acquiesce Mathilde Cournil, qui officie avec son binôme Loriane Lamour en première division féminine et en deuxième division masculine.
« Il y a différents groupes qui sont mis en place, où on se sent soutenues, aidées et écoutées. C’est super important, cela permet de fidéliser et de fédérer les arbitres féminines. »
Mathilde Cournil, arbitre de handballà franceinfo: sport.
Dans le sillage des sœurs Bonaventura, premières femmes arbitres lors d’un Mondial masculin, la Fédération s’est pleinement saisie de l’enjeu : chaque ligue possède ses référents en charge de la féminisation au sein des commissions territoriales d’arbitrage, et le statut des arbitres dans leur groupe de niveau est gelé pendant une grossesse.
Pour Corentin Simon Barbotin, « le manque de moyens mis en place par les fédérations » est l’explication principale du manque de mixité persistant parmi les officiels des autres sports : « Les gens, dans le milieu de l’arbitrage, estiment qu’ils sont tout en bas de la hiérarchie des financements, que globalement, tout le monde s’en fiche des arbitres. Ils ne se sentent pas fortement valorisés. »
À la création des plans de féminisation dans le sport, autour de 2012, les fédérations devaient régulièrement rendre des comptes sur les moyens alloués et les résultats obtenus au ministère des Sports. Ce n’est plus le cas. Les arbitres espèrent toutefois profiter de la féminisation rapide de la pratique pour emboîter le pas. « On a encore beaucoup de travail, mais le critère positif, c’est que plus il y aura de joueuses, plus on pourra avoir d’arbitres féminines, espère Aurélie Groizeleau. C’est un travail de long terme qui va être mis en place et dans les années à venir, on verra, je l’espère, un essor important. »
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Notre équipe vous tiendra informés des faits marquants.

9999999/https%3A%2F%2Fwww.franceinfo.fr%2Fassets%2Fcommon%2Fimages%2Fplaceholder-direct-0b6adc30.jpg?w=1200&resize=1200,480&ssl=1)
