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19 avril 2026Congrès des loges : dans l’Aude, le Grand Orient de France défend « une franc-maçonnerie forte » face aux tensions actuelles
Analyse : L'équipe partage son regard sur les points principaux de cette information.
Un regard de nos journalistes sur l'article « Congrès des loges : dans l’Aude, le Grand Orient de France défend « une franc-maçonnerie forte » face aux tensions actuelles ».
Ce qu’il est utile de savoir
À l’occasion du congrès régional des loges du Languedoc-Roussillon, organisé à Narbonne, le Grand Maître du Grand Orient de France, Pierre Bertinotti, a répondu aux questions de la rédaction de L’Indépendant. Entre valeurs historiques, actualité politique et renouvellement des effectifs, il plaide pour une franc-maçonnerie « forte et utile au débat démocratique ».
Pierre Bertinotti est le grand maître du Grand Orient de France, une loge maçonnique implantée en France depuis trois siècles et qui rayonne dans le monde. Dans l’Aude, le GO compte dix loges que fréquentent assidûment 383 adhérents, dont 60 femmes. Le congrès des loges du Languedoc Roussillon se tient ce week-end à Narbonne et conformément à ses engagements, le grand maître vient à la rencontre de ses frères. Entretien.
Comment doit-on vous appeler ?
Le plus simple reste : “monsieur” (sourires). Mais sur le plan institutionnel, je suis président du conseil de l’ordre, et symboliquement Grand Maître du Grand Orient de France.
Que venez-vous faire à Narbonne ?
Je participe au congrès régional Languedoc-Roussillon. Le Grand Orient compte 1 400 loges réparties en 17 régions. Ici, il y en a 70. Ces congrès permettent de traiter des questions administratives, d’élire des représentants et de réfléchir collectivement. Mon rôle est de visiter chacune de ces régions au moins une fois par an.
Comment êtes-vous élu ?
Comme un maire par son conseil municipal. Les 37 membres du conseil de l’ordre élisent leur président, et ces membres sont eux-mêmes désignés par les congrès régionaux. Le mandat dure trois ans, avec des fonctions évolutives chaque année.
Dans un contexte politique tendu, quel est votre message ?
Nous défendons deux valeurs fondamentales : l’humanisme et l’universalisme. L’humain est au centre, et tous sont égaux. Face à une société de plus en plus polarisée, ces repères sont essentiels.
Concrètement, comment cela se traduit-il ?
Par trois principes : la tolérance mutuelle, le respect de l’autre et la liberté absolue de conscience. Cela signifie que chacun est libre de croire ou non, sans pression. C’est aussi le fondement de la laïcité.
Notre slogan, c’est « Changer l’homme pour changer la société. Ça, ça nous distingue des autres obédiences maçonniques.
Votre méthode intrigue souvent…
Elle repose sur l’écoute. Pendant deux ans, un nouvel initié n’a quasiment pas le droit de parler. Il apprend à écouter sans chercher à convaincre. C’est l’inverse de ce que l’on voit souvent dans le débat public. Or, sans écoute, il n’y a pas de dialogue, et sans dialogue, pas de démocratie.
Vous prenez position dans le débat politique ?
Nous ne soutenons pas de partis, mais nous portons une vision. Par exemple, nous combattons les logiques d’exclusion comme la préférence nationale. Nous plaidons aussi pour la lutte contre les discriminations et pour l’égalité des chances.
Pourquoi les francs-maçons restent-ils encore discrets ?
Chacun peut dire qu’il est franc-maçon, mais pas dévoiler les autres. C’est une règle liée à l’histoire, notamment aux persécutions passées. Aujourd’hui encore, il existe des fantasmes et parfois des actes hostiles.
Si on veut changer la société, il faut faire de la politique, au sens organisation de la cité et donc participer au débat public
Faut-il plus de transparence ?
Nous n’avons rien à cacher. Nous communiquons davantage, notamment via conférences et podcasts. Mais notre “secret” est avant tout un travail intérieur.
Sur des sujets comme la fin de vie, pourquoi les débats bloquent-ils ?
C’est un combat culturel. Malgré une forte attente dans la population, certaines résistances, notamment religieuses, restent importantes. Ces questions traversent tous les partis politiques.
La franc-maçonnerie recrute-t-elle encore ?
Oui, et même davantage. Nous avons enregistré 1 600 candidatures spontanées en 2025, en forte hausse. Environ 40 % sont initiées. C’est nouveau : avant, tout passait par cooptation.
Qu’en est-il du renouvellement ?
Notre moyenne d’âge est de 61 ans, mais les candidats spontanés ont en moyenne 35 ans. Autre évolution : la progression des femmes, qui représentent aujourd’hui 14 % des effectifs.
Quels sont vos grands thèmes de réflexion ?
Cette année : refonder le pacte social, avec quatre axes : l’intelligence artificielle, les inégalités, la dignité humaine et l’état de droit. Nous voulons contribuer au débat public.
Après trois siècles d’existence, êtes-vous optimiste ?
Oui. Notre histoire nous donne de la sérénité. Nous avons traversé des périodes difficiles et nous en sommes toujours là. Mais nos valeurs ne suffisent pas : il faut les faire vivre.
Un dernier mot ?
Nous partageons tous la même société. Pour vivre ensemble, il faut des règles, du respect et du dialogue. C’est là que nous voulons être utiles.
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : L'équipe continuera de fournir des mises à jour régulières.

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