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19 avril 2026Critique du soutien à l’Ukraine, le favori des élections en Bulgarie peut-il devenir le « nouveau Viktor Orban » de l’Union européenne ? – franceinfo
Analyse : Notre équipe propose une synthèse rapide de cette actualité.
L'équipe met en lumière les points essentiels de « Critique du soutien à l’Ukraine, le favori des élections en Bulgarie peut-il devenir le « nouveau Viktor Orban » de l’Union européenne ? – franceinfo ».
Ce qu’il faut observer
Roumen Radev, candidat d’une coalition de centre gauche et ancien président du pays, est en tête des sondages avant les législatives, dimanche, et courtise les électeurs prorusses.
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Le prochain Viktor Orban sera-t-il bulgare ? Une semaine après la retentissante défaite du Premier ministre populiste hongrois, qui faisait figure de bête noire de Bruxelles et de Kiev, une autre élection pourrait offrir le pouvoir à un dirigeant critique de l’Union européenne et de son soutien à l’Ukraine, dimanche 19 avril, en Bulgarie cette fois. Les électeurs sont appelés aux urnes pour renouveler leur Assemblée nationale, pour la huitième fois en cinq ans, et Roumen Radev, partisan d’un rétablissement du dialogue avec Moscou, semble bien placé pour l’emporter.
Président depuis 2017 de pays de 6,5 millions d’habitants, le plus pauvre de l’UE, Roumen Radav a quitté ses fonctions en janvier pour prendre la tête d’une coalition de centre gauche, baptisée Bulgarie progressiste. Celle-ci est créditée de 31% des intentions de vote, selon l’agrégateur de sondages du site Politico, avec dix points d’avance sur les conservateurs de GERB-SDS, ses principaux concurrents. Au fil de la campagne, cet ex-général de l’armée de l’air a semblé s’imposer comme l’homme providentiel pour une partie des Bulgares, essorés par des années d’instabilité politique.
Le scrutin de dimanche a été provoqué par la démission, mi-décembre, du gouvernement dirigé par les conservateurs, qui n’a pas résisté à des manifestations anticorruption d’une ampleur sans précédent. La Bulgarie traverse une période de forte instabilité politique et les Premiers ministres se succèdent depuis 2021 et la démission, déjà sous la pression de la rue, du chef des conservateurs, Boïko Borissov, qui avait dirigé le gouvernement presque sans interruption pendant 12 ans. Entrée dans la zone euro le 1er janvier, la Bulgarie « stagne » maintenant depuis plus d’une décennie dans la lutte contre la corruption, pointe l’ONG Transparency international.
Si les sondages sont confirmés par les urnes dimanche, la coalition de Roumen Radev pourrait obtenir plus de 100 sièges sur les 240 de l’Assemblée nationale, ce qui le placerait en position de force pour négocier avec les autres partis. En attendant, cet homme de 62 ans entretien un certain flou sur ses intentions politiques. Positionné au centre gauche et soutien des manifestations anticorruption, il critique fréquemment les politiques environnementales de l’Union européenne, qu’il juge naïve « dans un monde sans règles ».
Mais c’est surtout son rapport à la Russie et à l’Ukraine qui inquiète les diplomates européens. L’UE a subi pendant plusieurs années le veto de la Hongrie, qui a notamment bloqué les nouvelles sanctions contre Moscou, mais aussi un prêt de 90 milliards d’euros destiné à Kiev. Et Roumen Radev se pose, lui aussi, en sceptique du soutien aux Ukrainiens dans leur défense contre la Russie : « L’Europe n’a pas de vision propre pour la fin de la guerre et l’instauration de la paix, mais continue d’investir dans une cause qui, à mon avis, est vouée à l’échec », écrivait-il sur Facebook en décembre. Dans le même message, il estimait que « déverser davantage d’armes » ne rapprocherait pas Kiev de la victoire.
En mai 2025, alors qu’il était encore président, il avait qualifié la victoire ukrainienne d’« impossible », et avait même accusé quelques mois plus tôt les dirigeants européens d’êtres responsables « des centaines de milliers de victimes » en Ukraine, rappelle Politico. Roumen Radev s’était même fait reprendre par Volodymyr Zelensky lors d’une rencontre à Sofia en 2023, diffusée en direct à la télévision. « Dieu nous préserve qu’une tragédie vous frappe et que vous soyez à ma place… Vous diriez : ‘Poutine, s’il te plaît, annexe le territoire bulgare ?' », avait ironisé le Premier ministre ukrainien, provoquant l’embarras de son hôte.
Il est pour autant difficile de qualifier Roumen Radev de « prorusse », même s’il est « politiquement utile au Kremlin », estime Rouslan Stefanov, analyste au Center for the Study of Democracy, un think tank bulgare, interrogé par le site ukrainien Kyiv Independent. L’ancien président bulgare « est un homme politique d’une grande ambivalence stratégique à l’égard de la Russie » qui « cherche à séduire les électeurs les plus radicalement eurosceptiques, et généralement aussi prorusses », souligne le spécialiste.
La Bulgarie est jugée particulièrement vulnérable à l’ingérence de la Russie, qui a déjà tenté d’influencer les élections en Hongrie, en Moldavie ou en Roumanie ces derniers mois. Une situation qui a poussé le gouvernement intérimaire bulgare à demander l’activation du système d’alerte rapide de l’UE, destiné à aider les Etats membres à contrer les campagnes de désinformation. La démarche a été vivement contestée par Roumen Radev, qui l’accuse de vouloir jeter le « discrédit » sur les résultats. Depuis le début de la campagne, la police bulgare a en outre mené des dizaines de perquisitions contre l’achat de voix, et affirmé avoir saisi plus de 500 000 euros en liquide et arrêté plus de 200 personnes.
Pour autant, une victoire de Roumen Radev ne transformera pas forcément Sofia en nouvelle Budapest. « Le principal risque n’est pas que la Bulgarie devienne du jour au lendemain une seconde Hongrie, mais qu’un gouvernement dirigé par [Roumen] Radev puisse entraver, retarder, diluer ou saper les positions communes de l’UE et de l’Otan », estime Rouslan Stefanov. Pour Daniel Smilov, politologue à l’université Saint-Clément d’Ohrid de Sofia cité par la chaîne allemande Deutsche Welle, le résultat des élections répondra à deux questions : « Si la Bulgarie aura, pour la première fois en plus de vingt ans, une majorité qui n’est pas pro-européenne, et si le système de corruption du pays sera enfin démantelé. » Mais l’identité du prochain dirigeant du pays pourrait n’être connue que dans plusieurs semaines, après de longues tractations pour former une coalition.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Cette situation sera observée de près par nos journalistes.

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