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19 avril 2026François Hollande, qui se « prépare » à la présidentielle, peut-il réussir à se faire sa place?
Analyse : Voici une vue d’ensemble des faits selon notre équipe.
Un résumé concis de « François Hollande, qui se « prépare » à la présidentielle, peut-il réussir à se faire sa place? » selon notre équipe.
À retenir absolument
Le socialiste a confié cette semaine se « prépar(er) » pour l’élection présidentielle, posant le premier jalon d’une candidature à l’occasion d’un entretien accordé à l’hebdomadaire Marianne. Dix ans après avoir renoncé à être candidat à sa succession à l’Élysée, l’ex-président redevenu député en 2024 peut-il réussir un come-back inédit?
L’histoire de François Hollande à l’élection présidentielle a tout d’un bon film. En ouverture, l’avènement de 2012 face à Nicolas Sarkozy, invraisemblable un an plus tôt tant Dominique Strauss-Kahn, percuté par la tristement célèbre affaire du Sofitel, faisait office de favori au Parti socialiste. Ensuite, le renoncement en décembre 2016, avec en toile de fond la trahison d’Emmanuel Macron que l’ex-président a bien tardé à percevoir. Et pour conclure, un éventuel comeback en 2027?
Patience, le scénario de cette troisième partie n’est pas encore écrit. Simplement, François Hollande l’a esquissé dans Marianne ce jeudi 16 avril. « Comment être utile aujourd’hui? En me préparant », affirme le socialiste, posant le premier jalon d’une candidature, hypothèse évoquée depuis des semaines.
« J’ai une différence avec les autres: j’ai déjà été président et je n’ai pas été candidat à ma propre succession en 2017. Je n’entretiens pas de relation passionnelle avec le pouvoir, mais avec la France », met-il en avant pour se distinguer.
Une « capacité présidentielle »
Pour lui, la route vers un retour inédit à l’Élysée s’annonce très encombrée, pour ne pas dire plus. Certes, le septuagénaire a certains atouts. Notamment celui d’être un « ancien président de la République », souligne le politologue Pascal Perrineau. Ainsi, « les Français lui prêtent d’une certaine manière, même quand ils ne l’aiment pas, une relative capacité présidentielle », dans un contexte où ils sont « inquiets face à la situation internationale », marquée par la guerre au Moyen-Orient.
De plus, le député de Corrèze « connaît le Parti socialiste » pour l’avoir dirigé entre 1997 et 2008, possédant une « certaine souplesse qui lui permet de s’adresser à toutes les tendances », poursuit Pascal Perrineau. Et ce même si les relations de ce dernier avec son lointain successeur, l’actuel premier secrétaire Olivier Faure, sont très fraîches, sur fond de désaccords stratégiques.
Enfin, « il est capable de rassembler sur son nom, non seulement une partie de la gauche, mais en plus d’ouvrir vers l’extérieur parce qu’il pourrait enfin défendre son bilan et montrer que les comptes de la nation ont été rétablis, que la crise essentielle des attentats islamistes a été maîtrisée et que la politique sociale a été préservée », veut croire un cadre socialiste, qui voit d’un bon œil ce « teasing » présidentiel de François Hollande.
« Sa candidature n’a de chance d’exister que si la primaire échoue »
Pour le reste, l’ancien chef de l’État doit surtout composer avec des inconvénients. D’abord, le Parti socialiste n’a pas encore tranché sur le mode de désignation de son représentant pour la course élyséenne. Olivier Faure, qui souhaite une primaire avec la gauche hors La France insoumise, dont il serait « ravi » d’être le candidat commun, a indiqué en bureau national que les militants voteraient « avant juin » sur « le processus présidentiel ».
Leur décision pourrait être déterminante, selon le député socialiste Laurent Baumel, proche du premier secrétaire. « Si cette primaire se concrétise, il n’y aura pas d’autre choix que de soumettre sa candidature à ce périmètre ou d’y renoncer. Je pense que la candidature de François Hollande n’a de chance d’exister que si tout cela échoue », anticipe-t-il, alors que ce dernier a déjà affiché tout son scepticisme sur la primaire voulue par Olivier Faure.
Dans le cas inverse, si celle-ci, bien mal embarquée pour l’instant, n’aboutissait pas, l’horizon ne serait pas forcément dégagé, considère Laurent Baumel. « Cela voudrait dire qu’au premier tour de l’élection présidentielle, en plus de Jean-Luc Mélenchon, il y aurait aussi Marine Tondelier, François Ruffin ou Fabien Roussel », dit-il, pronostiquant une multiplication des candidatures qui réduirait sérieusement les chances de la gauche de se qualifier pour la seconde manche.
« Loser »
Dans tous les cas, la bataille stratégique qui a lieu au PS avant 2027 n’est pas le seul obstacle pour François Hollande. Une question est primordiale: les électeurs sont-ils prêts à lui faire à nouveau confiance après qu’il a battu des records d’impopularité lors de sa présidence?
« Son quinquennat s’est terminé par un véritable échec. Souvenez-vous, c’est la voix brisée qu’il avait annoncé qu’il ne se présenterait même pas à la primaire. Donc, il y a un côté, un peu loser, qui est certainement attaché à François Hollande », retrace ainsi Pascal Perrineau.
Sans être totalement anodines, les intentions de vote prêtées au socialiste sont, pour l’instant, largement insuffisantes. Il est donné à 8,5% dans un sondage Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche datant du 28 mars. Un score qui le place loin derrière Édouard Philippe (22%) et Marine Le Pen (31,5%), dont la candidature est très hypothétique. Aussi, son rival de longue date, l’insoumis Jean-Luc Mélenchon, fait mieux que lui (11,5%) à gauche.
À Place Publique, « on s’attendait tous à ce coming out »
Surtout, Raphaël Glucksmann, autre candidat potentiel qui prône un espace politique autour de la sociale-démocratie, est également donné au-dessus de François Hollande lorsqu’il est testé à sa place, récoltant 10,5 à 12,5% des intentions de vote. Autrement dit: si le député PS réussissait à se départir de la primaire, il ne serait pas pour autant le mieux placé parmi les sociaux-démocrates.
Autour de Raphaël Glucksmann, l’interview de François Hollande pour Marianne ne surprend personne. « Je crois que l’on s’attendait tous à ce coming out qui n’en est pas totalement un », avance l’eurodéputée Aurore Lalucq.
Tout en jugeant que cette sortie est « parfaitement légitime », voire que l’ancien président et le député européen peuvent être « complémentaires », elle vante, sans surprise, les mérites de Raphaël Glucksmann, dont le « score aux élections européennes de 2024 permet ensuite de reconstruire en partie la sociale-démocratie », d’après elle.
Oui, mais « il n’y a pas d’effet ‘whaou’ pour Glucksmann, il n’est pas en progression. Dans les sondages, il est à l’étiage qui était le sien lors de la campagne des européennes », objecte le cadre socialiste cité plus haut, ajoutant: « Je pense que l’engagement européen, ô combien important et sincère de Glucksmann, ne suffit pas à traiter la question du monde agricole, des politiques sociales, des politiques de défense. »
Le même, concède que la « porte est très étroite » pour François Hollande, mais insiste: « Il coche plus de cases que les autres. »
Alors, ira, ira pas? Mieux vaut être prudent. « Je suis prêt », disait François Hollande en Une de l’Obs en 2016.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : L’équipe continuera à analyser les points saillants.

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