
les Européens ont peur d’une victoire du RN en 2027 en France, Bruxelles se lance dans une course contre la montre pour vite voter le futur budget européen
19 avril 2026Trump accuse l’Iran de violer le cessez-le-feu en attaquant des navires dans le détroit d’Ormuz
19 avril 2026L’histoire minière de la vallée de l’Orbiel, cette « terre qui transpire l’arsenic », dans un documentaire : 52 minutes pour comprendre comment la santé et l’environnement ont été sacrifiés en jouant aux « apprentis sorciers »
Analyse : Cette nouvelle a été passée en revue par notre équipe.
Notre rédaction analyse les faits saillants de « L’histoire minière de la vallée de l’Orbiel, cette « terre qui transpire l’arsenic », dans un documentaire : 52 minutes pour comprendre comment la santé et l’environnement ont été sacrifiés en jouant aux « apprentis sorciers » ».
Récapitulatif des informations
Le lundi 27 avril, La Chaîne Parlementaire (LCP) diffuse un documentaire, suivi d’un débat, sur la longue histoire de l’activité minière en vallée de l’Orbiel, et ses conséquences sur le plan sanitaire et environnemental.
Du « mystère des enfants volés » en RDA à la « guerre des parrains » au cœur de la mafia sicilienne, en passant par le « casse du siècle » de l’arnaque aux quotas carbone, jusqu’à la « Menace brune » explorée au travers de l’« histoire de l’extrême droite depuis 1945 en France », Gadh Charbit promène depuis de longues années sa caméra pour livrer des documentaires. En 2025, il a arpenté en solo la vallée de l’Orbiel. À la clé, un 52′ diffusé le lundi 27 avril 2015 à 20 h 40 sur La Chaîne Parlementaire (LCP, *), coproductrice avec les sociétés Licht Film et Checkpoint Production. Un documentaire suivi d’un débat avec Emmanuel Duteil, rédacteur en chef de L’Usine Nouvelle, Arnaud Gossement, avocat spécialisé en droit de l’environnement, et Gisèle Jourda, sénatrice PS de l’Aude, à l’origine en 2020 d’une commission d’enquête sur la pollution des sols consécutive aux activités industrielles et minières. Trois invités, pour une question : « Politique : pourquoi l’écologie ne s’impose-t-elle pas ? ».
L’interrogation s’impose lorsque l’on se plonge dans l’histoire minière de la vallée de l’Orbiel, rebaptisée « La vallée de l’arsenic », titre du docu. Car au fil des 52′, entre témoignages et images d’archives, du début du XXe siècle aux inondations d’octobre 2018 dans l’Aude, c’est bien ce fil rouge qui guide les plans captés de Lastours à Salsigne, de la verse de l’Atelier à celle de Nartau, où « la terre transpire l’arsenic », jusqu’à la station de traitement des eaux de La Combe du Saut. L’histoire d’une économie minière qui a tenu à bout de bras un territoire, en sacrifiant l’impératif de la santé et de l’environnement. Une longue histoire, éclairée par une multitude de témoins : Philippe Behra, enseignant-chercheur de l’institut polytechnique de Toulouse ; Max Brail, maire de Lastours entre 1989 et 2026, et ancien chef du four « waterjacket » à la mine, ce métier qu’il a « adoré », paradoxe pleinement assumé par celui qui a été remercié pour avoir parlé à la presse des risques ignorés ; Lucie Roesch, secrétaire générale de la préfecture et sous-préfète ; Florence Rivet, responsable du site de Salsigne pour le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM), aux commandes de l’après-mine ; Cécile Schmitt, habitante de Conques-sur-Orbiel ; Gérard Balbastre, délégué du Secours catholique ; Frédéric Ogé, spécialiste des sols pollués…
On n’avait malheureusement pas besoin de l’étude pour savoir qu’il y avait une mortalité prématurée chez les gens qui avaient travaillé à la mine
Tous, à leur façon, racontent la même histoire. Celle d’une pollution pointée du doigt dès 1932 par les comités de fumée qui dénoncent les « rejets mortels » de la cheminée haute de 117 m, « la plus haute d’Europe », pensée pour évacuer soufre et arsenic issus de la pyrométallurgie. Le préfet de l’époque niera tout « danger pour la population ». Et pourtant… Dans l’« Évaluation des conséquences sanitaires de la pollution d’origine industrielle de la région de Salsigne » de l’Institut de veille sanitaire (InVS) et l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), les chiffres sont terribles pour la période 1968-1994 : + 76 % d’excès de mortalité par cancer du poumon chez la population exposée ; + 106 % d’excès pour le cancer du larynx ; + 32 % pour le cancer digestif chez les femmes de la zone exposée. « On n’avait malheureusement pas besoin de l’étude pour savoir qu’il y avait une mortalité prématurée chez les gens qui avaient travaillé à la mine », soupire Max Brail.
Les services de l’Etat ne se sont pas réveillés un matin en se disant qu’il y avait un problème dans cette vallée
Terrible prix à payer pour une activité qui employait plus de 4 500 personnes à la fin des années 1940, et encore 2 500 au début des années 1980. C’est ce choix de l’économie que le 52′ raconte. Avec les arrivées des Australiens, à la tête de la MOS, et le choix d’extraire plus pour compenser des rendements à la baisse. Mais sans plus réfléchir aux conséquences : « La haute administration leur a fait un cadeau en les dédouanant de toute responsabilité pour la protection de l’environnement. » Ou l’effarante aventure de la SEPS, ces déchets venus du monde entier, entre pots de peinture, décodeurs Canal +, piles de missiles au cadmium, acheminés pour nourrir le four. Écœurant jeu des »apprentis sorciers », en « mettant en danger les gens », « en sacrifiant l’environnement », rappelait Max Brail. En 2004, fin de l’aventure. Mais pas pour les 3 millions de tonnes de déchets plus ou moins bien confinées, avec 850 000 tonnes d’arsenic. Héritages d’une activité minière que les flots de 2018 disperseront dans les villages, les cours d’écoles, les stades. Lucie Roesch l’assure : « Les services de l’État ne se sont pas réveillés un matin en se disant qu’il y avait un problème dans cette vallée », citant les 150 arrêtés préfectoraux signés entre les années 1980 et 2004 pour préserver la population.
Un travail, réel. Mais qui ne suffit pas. C’est en tout cas ce qu’a dit le tribunal administratif le 22 juillet 2025. En jugeant que l’association Terres d’Orbiel était « fondée à soutenir que l’État a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en n’exigeant pas, par des dispositions encadrant l’activité de ces sites, une diminution plus significative des polluants ou en ne prenant pas les mesures qui devaient s’imposer à lui depuis l’arrêt de l’exploitation des mines ». Enjoignant le préfet « de prendre, dans un délai d’une année […], toutes les mesures utiles de nature à réparer le préjudice écologique constaté et de prévenir l’aggravation des dommages en résultant […] ». Une décision objet d’un appel de l’État. Un épisode de plus dans l’histoire sans fin d’une pollution qui, rappelle Philippe Behra, « va durer encore 10 000 à 100 000 ans ».
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : La rédaction suivra cette actualité pour vous fournir un point de vue complet.

9999999
