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Voici quelques observations de notre rédaction sur « Le Printemps de Bourges a savoureusement entamé sa nouvelle dizaine ».
Faits marquants
La manifestation berrichonne, première escale importante sur le calendrier printemps-été des festivals, a fêté jusqu’à hier sa cinquantième édition dans une belle dynamique artistique et d’affluence. Elle a surtout régalé avec ses trois créations, dont celle concoctée par le binôme ami Dominique A et Philippe Katerine à la Maison de la Culture.
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Si personne n’était en mesure d’avancer une année précise, tout le monde était en phase pour constater que la météo n’avait pas été aussi généreuse avec le festival depuis bien longtemps. Et avouons-le, les températures insolemment clémentes de la semaine dernière ont eu leur petit effet sur la réussite – aussi bien concernant le volet artistique que la fréquentation (250 000 festivaliers, 80 000 billets vendus) – d’une édition qui ouvre une nouvelle décennie et qui n’a connu comme seule turbulence l’annulation de dernière minute d’une Vanessa Paradis « clouée au lit ».
Le Printemps de Bourges, premier rendez-vous majeur de la saison printemps-été, a soigné ses créations. Après celle offerte en début de programme à DeLaurentis, hommage aux pionnières de la musique électronique accueilli avec de réels élans d’enthousiasme, le tandem constitué de Philippe Katerine et Dominique A a lui aussi délivré ses vrais atouts-charme.
Katerine et Dominique A : une carte blanche qui déjoue les attentes
Sur le papier, sans connaître le passif entre les deux hommes, le mélange n’est pas forcément de pensée évidente : l’association d’un Dionysos peinturluré de bleu schtroumpf et constamment disponible pour le décalage avec un colosse au cou de taureau, se réfugiant fréquemment dans le minimalisme. Cette carte blanche intitulée « Manque moi moins » – également le titre d’un duo qu’ils avaient enregistré en 2007 pour une compilation des Inrocks – a opté pour le parti pris du répertoire majoritairement inversé et de quelques lancements par le biais de la conférence-confession (Gaëtan Chataigner, impeccable troisième larron).
Entre la vive narration du début de cette amitié née à l’orée des années 1990, un trip en Écosse et une savoureuse séquence de pâtes au thon, on aura vu et entendu Dominique A s’emparer en majesté d’ « Un moment parfait », Philippe Katerine imprimer la rythmique si singulière de son phrasé aux sensibles « Éléor » et « Au revoir mon amour ». Ou reprendre ensemble une chanson niche de Pascale Borel (« Si j’étais une vache ») et se lancer dans un final de « Louxor » irrigué de deux guitares intrépides. Il paraît que Dominique A redoutait une bascule dans un cabotinage à la Jean-Marc Thibault et Roger Pierre. Qu’il se rassure, c’est si réussi que l’expérience ne peut rester en l’état de one shot.
Cette sensation-là s’applique également au défi brillamment relevé par la troupe de l’Iconique Cabaret, qui avait la tâche de monter un spectacle de vingt-cinq chansons symbolisant cinquante éditions du festival berrichon. Queer, irrévérencieux, intelligent dans le choix des morceaux interprétés, drôlement vachard concernant les entre-chansons, ce « Printemps mon amour » a fait le grand écart entre « Avec le temps » et « La symphonie des éclairs », « Champagne » et « Fashion Designa », « Melocoton » et « Alors on danse », « La Javanaise » et « La boulette ». Un joli bazar jubilatoire. Et un beau cadeau à destination de Daniel Colling, fondateur du festival disparu l’an dernier et dont le nom est désormais accolé à la salle du Palais d’Auron.
Nouvelle scène féminine : Juste Shani, PR2B, Gildaa, Noor en éclaireuses
Plusieurs marqueurs se sont dessinés aussi durant ces six jours. Comme l’éclatante santé de la nouvelle scène française féminine avec la belle autorité de la rappeuse Juste Shani, le panache de PR2B, la folie douce de Gildaa, les amours noires de Noor. Les trois dernières ont, d’ailleurs, ce point commun d’être passées auparavant par Les iNOUïS, preuve de la pertinence et la préciosité du dispositif d’émergence, indispensable temps fort du Printemps de Bourges.
Avec son assurance naturelle à occuper la scène ainsi que l’espace de l’Auditorium (sans oublier l’irrésistible chanson 2006), Asfar Shamsi a totalement fait déjouer nos attentes timides à son égard. Sam Sauvage et sa récente Victoire de la musique de la Révélation masculine lui ont emboîté le pas. À la fois zébulon, crooner et théâtral dans une veine Brel-Stromae (« Un cri dans le métro »), le sacrément attachant garçon de Boulogne-sur-Mer a un bon cardio et un public dans la poche.
Danyl et La Rvfleuse poursuivent, eux, leur ascension populaire à bon rythme : l’un dans une mouvance pop-raï feel good, l’autre à travers un rap direct et brut. Et Ino Casablanca continue de fasciner plus que de raison. Le sensationnel et galvanisant rappeur franco-marocain a joué dans un 22 Est/Ouest bourré à craquer et à la température sauna. La même salle et le même horaire que Theodora l’an passé. Un signe.
Site officiel du Printemps de Bourges / Facebook / Instagram / YouTube
Source : www.rfi.fr
Conclusion : La rédaction gardera un œil attentif sur cette information.

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