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20 avril 2026Reuters.com
20 avril 2026« Le RN est un parti dont le logiciel idéologique et programmatique est considéré par les grands patrons comme étant très influençable », pointe le constitutionnaliste Benjamin Morel – franceinfo
Analyse : Un regard rapide de nos rédacteurs sur cette information.
Selon nos experts, « « Le RN est un parti dont le logiciel idéologique et programmatique est considéré par les grands patrons comme étant très influençable », pointe le constitutionnaliste Benjamin Morel – franceinfo » mérite une attention particulière.
Résumé à retenir
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Temps de lecture : 3min – vidéo : 15min
Invité de « La Matinale », Benjamin Morel revient sur les enjeux du déjeuner de ce lundi 20 avril entre le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, et le bureau exécutif du Medef, soulignant toutefois que le rapprochement entre les grands patrons et le parti d’extrême droite n’est pas encore acté.
Quelques jours après le déjeuner de Marine Le Pen et des entreprises du CAC 40, le patronat rencontre à nouveau le Rassemblement national, avec un déjeuner ce lundi 20 avril entre le bureau exécutif du Medef et le président du parti d’extrême droite, Jordan Bardella. L’organisation patronale enchaîne les rencontres avec les chefs de partis dans la perspective de la présidentielle. Mais pour le RN il s’agit d’une première. Longtemps tenu à distance par les milieux d’affaires, le parti est-il désormais respecté par le patronat ? Pour en parler, le constitutionnaliste et maître de conférences à l’Université Paris-Panthéon-Assas, Benjamin Morel, est l’invité de « La Matinale ».
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Djamel Mazi : Jamais les figures du Rassemblement national, je parle évidemment de Marine Le Pen et Jordan Bardella, n’avaient été invitées aussi officiellement à rencontrer les grands patrons et leurs représentants, de quoi enfoncer un peu plus le clou de la normalisation ?
Benjamin Morel : Oui, et pour les milieux patronaux, pour les milieux économiques, le donnée que le RN pourrait demain accéder au pouvoir, ce que disent aujourd’hui plutôt les enquêtes, pousse ces milieux à évidemment prendre en compte l’hypothèse du Rassemblement national et donc à le recevoir. Ça a commencé notamment par les entreprises qui vivent essentiellement de la commande publique et qui ne peuvent pas se passer demain, quelle que soit la couleur politique du pouvoir, de cette commande publique. Donc on voit aujourd’hui qu’il n’y a pas forcément un rapprochement.
Une forme d’opportunisme, vous dites, c’est ça ?
Une forme d’opportunisme, c’est l’objectif des lobbies, c’est l’objectif également de ces entreprises. De l’autre côté, pour le RN, il est certain qu’être reçu, rentrer en dialogue, c’est à la fois une façon de crédibiliser son arrivée au pouvoir : parce que justement, s’il est reçu, c’est que c’est pris au sérieux. Et deuxièmement, d’apparaître comme étant normal, parce que ce n’est plus un parti auquel on ferme la porte.
Est-ce qu’on est en train de passer d’un parti repoussoir à un parti de pouvoir potentiel, avec tout ce que ça implique dans les relations avec les corps intermédiaires ?
En grande partie, même si, pour l’instant, on en est encore tout à fait loin. C’est-à-dire qu’il n’y a pas non plus d’organisation qui soit tout à fait faite entre, d’un côté, les entreprises et de l’autre le Rassemblement national. Par ailleurs, vous avez les patrons de gauche, vous avez les patrons de droite, etc. Aujourd’hui, il n’y a aucun grand patron qui dit : « Moi, c’est le Rassemblement national. » En revanche, c’est un parti dont le logiciel idéologique et programmatique est considéré par les grands patrons comme étant très influençable. Et donc à partir de là, il y a quelque chose à jouer, avec une limite tout de même. Quand vous prenez l’électorat RN, il est d’accord entre lui sur immigration, sécurité. En revanche, il est très divisé sur les sujets économiques. Si demain, le RN décide d’adopter le logiciel du Medef, c’est une grande partie, l’immense majorité de ses électeurs, plutôt classe populaire dans le périurbain et dans le rural, qui risque d’être fâchée. Pour l’instant, la priorité des actions, c’est vraiment l’identité et l’immigration. Mais si demain, la question économique et sociale devient électoralement structurante pour le RN, il est dangereux de trop se rapprocher du patronat.
Cliquez sur la vidéo pour regarder l’entretien en intégralité.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Nous suivrons cette actualité pour vous tenir informés.

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