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Voici ce que notre équipe pense de l'article « « Romeria » de Carla Simón : film « merveilleux » ou « pas très bon » ? L’avis du Masque ».
Ce qu’il faut observer
Un film autobiographique ancré dans l’Espagne des années 1980. Marina, 18 ans, adoptée, doit fournir des documents d’état-civil pour obtenir une bourse d’études. Cette démarche administrative va la conduire jusqu’en Galice, sur la côte Atlantique, où elle rencontre pour la première fois sa famille paternelle — une haute bourgeoisie fortunée aux grands-parents très autoritaires. En fouillant ce passé inconnu, la jeune femme découvre des secrets de famille et remonte, via le journal intime de sa mère lu en voix off, jusqu’à la génération de ses parents : celle de la Movida, cette explosion de liberté culturelle qui a suivi la fin du franquisme dans l’Espagne des années 1980, et qui a été dévastée par l’héroïne et le sida. Le scénario puise directement dans la biographie de Carla Simón, dont les parents sont morts du sida lorsqu’elle était enfant.
Marie Sauvion : « Elle réussit ce tour de force de fabriquer en fiction les archives qui manquent à sa vie »
Pour Marie, Romeria est le coup de cœur de la semaine. Elle salue la lumière du film, son refus de toute nostalgie, et souligne le tournant stylistique que représente ce long-métrage dans l’œuvre de Carla Simón : après le naturalisme de ses deux premiers films, dont l’acclamé Été 93, la cinéaste s’aventure ici dans l’onirisme et la poésie. La scène emblématique du film en est l’illustration : de jeunes gens beaux et dansants se voient recouverts un à un d’un drap blanc, image saisissante de l’hécatombe qui a fauché toute une génération. « C’est très très beau de voir comment elle le élément, et notamment comment elle raconte cette génération de la Movida — une génération qui peut enfin respirer après le franquisme, mais qui va aussi être dévastée par l’héroïne. »
Jean-Marc Lalanne : « Un autre point de vue qui change le regard sur ces images »
Jean-Marc partage l’émotion de Marie. Il est touché par la dimension historique du film : la Movida a été abondamment documentée en son temps sous un angle héroïque, et Romeria en propose, quarante ans après, une relecture radicale et douloureuse. Il apprécie aussi la façon dont le film retrace la naissance de Carla Simón en tant que cinéaste : « Elle commence le film comme une spectatrice de son passé, enquêtrice, et peu à peu elle devient cinéaste. Le moment où elle bascule dans ses propres images, c’est vraiment magnifique. »
Charlotte Lipinska : « Lucia Garcia est époustouflante… mais l’ennui s’est installé »
la chroniqueur reconnaît la grâce, la subtilité et la lumière du film. Elle est touchée par l’approche de Marina, qui ne cherche pas à régler ses comptes avec sa famille biologique mais aspire à « une compréhension apaisée de qui étaient ses parents. » Elle salue la révélation Lucia Garcia, jeune comédienne dans son premier grand rôle au cinéma. Mais elle admet une réserve : « Avec toute la délicatesse, la subtilité, la grâce, l’ennui s’est quand même peu à peu installé. »
Pierre Murat : « Ce n’est pas très très bon… c’est long, c’est lent »
Le critique juge le film trop lent, et estime que les scènes consacrées au sida et à l’addiction manquent de relief : « On dirait quasiment un diaporama dans la manière dont elle restitue ça. » Une position qui provoque l’indignation de ses confrères, qui rappellent que les orphelins du sida restent peu représentés au cinéma, et que Carla Simón rejoue, de film en film, quelque chose de profondément intime.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Cette situation fera l’objet de mises à jour régulières par nos journalistes.

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