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21 avril 2026intérêts diplomatiques, militaires… à quoi servent les cessez-le-feu conclus au Moyen-Orient?
Analyse : Une équipe d'experts a étudié cette information et partage son avis général.
Voici l'avis général de nos rédacteurs sur « intérêts diplomatiques, militaires… à quoi servent les cessez-le-feu conclus au Moyen-Orient? ».
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Le cessez-le-feu de quinze jours entre les États-Unis et l’Iran arrive à expiration ce mercredi 22 avril et celui de dix jours conclu entre Israël et le Liban s’achèvera le dimanche 26 avril. Les belligérants s’accusent mutuellement de l’avoir violé mais ont des intérêts à le faire durer.
Pour la première fois depuis le début de la guerre en Iran, l’armée américaine s’est emparée d’un pétrolier iranien ce dimanche 19 avril, alors que les deux pays étaient censés observer un cessez-le-feu. La veille, les Iraniens avaient tiré sur des pétroliers dans le détroit d’Ormuz. En parallèle, Israël et le Hezbollah qui ont accepté les termes d’un cessez-le-feu de dix jours le 16 avril se livrent encore des combats.
Ce lundi enfin, Donald Trump a annoncé que la trêve avec l’Iran prendrait fin mercredi soir « heure de Washington », alors qu’il avait initialement été convenu qu’il s’achèverait ce soir. Autant de tergiversations qui témoignent de la complexité des accords de cessez-le-feu et de ce qui les situations tenir.
Pas de définition globale des cessez-le-feu
Le département des Nations Unies chargé du maintien de la paix (DPPA) rappelle qu’il n’existe pas de définition unique et universellement acceptée des cessez-le-feu. Dans ses directives sur la médiation des cessez-le-feu publié en 2023, il explique que généralement, les parties au conflit se mettent d’accord sur une durée, une zone géographique, les activités autorisées et les modalités de surveillance du respect de l’accord.
Pour le général Jérôme Pellistrandi, consultant défense BFMTV, il s’agit avant tout d’un acte militaire. « On vient dire qu’on arrête le combat, qu’on reste sur ses positions en vue d’une éventuelle négociation. Les combattants sur la ligne de front cessent le feu pour qu’il y ait derrière une négociation. »
Une étape essentielle pour aboutir à la paix
Des accords de cessez-le-feu notoires ont permis de mettre un terme à des conflits. Ainsi, en 1962, les accords d’Évian ont précipité la fin de la guerre d’Algérie, même chose avec les accords de Paris en 1973 sur la guerre au Vietnam ou l’accord de cessez-le-feu de 1999 au Kosovo.
En revanche, l’Histoire regorge d’exemples où les accords de cessez-le-feu se contentent de figer une situation sans aboutir à la paix. C’est le cas de la Corée du Nord et de la Corée du Sud. La ligne de front a été figée en 1953 après la signature d’un armistice. Les hostilités ont cessé mais les pays demeurent à ce jour techniquement toujours en guerre. Plus récemment, en Libye en 2020, les parties au conflit ont signé un cessez-le-feu permanent sous l’égide de l’ONU, relativement respecté malgré des heurts fréquents.
Les États peuvent signer des cessez-le-feu avec des entités non-étatiques comme la Colombie a pu le faire en 2016 avec les Forces armées révolutionnaires (Farc) ou Israël avec le Hamas en 2025 pour Gaza. L’État hébreu a signé deux accords en 2006 et en 2024 avec le Hezbollah, en revanche, le cessez-le-feu de cette année a été signé avec le Liban. Il inclut pour autant le mouvement chiite pro-Iran. Israël justifie la poursuite d’opérations militaires dans le sud du pays tant que le Hezbollah représente une menace.
Une pause pour reprendre des forces
Les cessez-le-feu permettent également d’offrir un répit aux acteurs du conflit. « Les belligérants vont alors utiliser cette période pour se réorganiser, se reposer, laver le linge, tout est possible. »
Les analyses de l’Institut d’étude de la guerre considèrent par exemple que l’Iran profite du cessez-le-feu pour réorganiser et reconstituer ses forces de missiles balistiques au niveau tactique, notamment en déblayant les débris à l’entrée des tunnels afin de récupérer les lanceurs de missiles dans les bases souterraines.
L’amiral américain Brad Cooper à la tête du Commandement central des États-Unis n’a pas non plus fait mystère de la mise à profit de cette trêve pour les troupes déployées au Moyen-Orient.
« Nous nous réarmons, nous nous rééquipons et nous adaptons nos tactiques, nos techniques et nos procédures. Aucune armée au monde ne s’adapte comme nous le faisons, et c’est exactement ce que nous faisons en ce moment pendant le cessez-le-feu », a-t-il expliqué auprès du ministère de la Défense jeudi dernier.
Violations de cessez-le-feu? « Une question d’interprétation »
Régulièrement, les parties s’accusent de violation du cessez-le-feu, considérant que les hostilités reprennent. « Tout dépend de l’interprétation qui est faite par les protagonistes, c’est ça la difficulté », note Jérôme Pellistrandi. Ainsi, les États-Unis considèrent que le maintien par l’Iran du blocage du détroit d’Ormuz ne respecte pas les termes du cessez-le-feu.
La République islamique accuse l’armée américaine de « violations manifestes du cessez-le-feu », en citant notamment l’arraisonnement d’un cargo iranien par la marine américaine en mer d’Arabie dans le cadre de son blocus. « C’est toujours quelque chose de complexe et de précaire parce que le cessez-le-feu doit être suivi de négociations », ajoute le général Jérôme Pellistrandi.
D’ailleurs, Téhéran se sert d’ailleurs de ce prétexte pour mettre en balance une éventuelle participation aux nouveaux pourparlers de paix avec Washington, prévus à Islamabad, alors que la trêve expire dans deux jours.
« Ce blocus général, quasi total fait peser des doutes sur la possibilité de tenir des négociations sérieuses dans ces conditions », a commenté l’éditorialiste international Ulysse Gosset sur BFMTV. « Il y a beaucoup d’incertitudes, ça peut aller soit à la négociation, soit à la poursuite du cessez-le-feu, ou une reprise de l’offensive américaine. Malgré leurs déclarations cette dernière option n’est pas la meilleure pour Trump ou les Iraniens. »
Dans l’attente d’une confirmation ou non de la tenue des pourparlers au Pakistan, la sécurité a été visiblement renforcée dimanche dans la capitale avec la multiplication de routes fermées, barbelés et barricades. Des avions de la délégation américaine y sont attendus lundi soir.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : L’équipe éditoriale continuera à analyser les faits.

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