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22 avril 2026
les étonnants chiffres des déclarations des membres du gouvernement
22 avril 2026Analyse : Notre équipe vous propose une synthèse de cette information.
Les journalistes partagent leur point de vue sur « Ce que l’on sait de la situation économique en Iran, alors que Trump poursuit son blocus ».
Récap des faits principaux
Quelques heures après avoir annoncé la prolongation, jusqu’à nouvel ordre, du cessez-le-feu en Iran, tout en maintenant le blocus sur les ports du pays, Donald Trump a lancé une affirmation très tranchée sur sa plateforme Truth Social. Le président américain a ainsi affirmé que l’Iran était en train de « s’effondrer » économiquement. « L’Iran s’effondre financièrement ! Ils veulent que le détroit d’Ormuz soit ouvert immédiatement – ils meurent de faim pour du cash ! », a-t-il écrit, ce mercredi 22 avril.
Le milliardaire républicain a ajouté que l’Iran perdait 500 millions de dollars chaque jour en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz. Depuis l’échec des négociations avec Téhéran à Islamabad, les États-Unis ont basculé dans une logique de guerre économique dans l’objectif d’affaiblir l’Iran, notamment en réduisant ses revenus issus des hydrocarbures, pour le contraindre à céder lors de futures discussions.
Le blocus visant tous les navires entrants ou sortant des eaux iraniennes est la pierre angulaire de cette politique, complétée par la stratégie de « Fureur économique », visant à durcir et reprendre les sanctions économiques américaines sur le pétrole iranien.
Ces mesures interviennent dans un contexte économique déjà fragile, sur lequel pèsent de lourdes sanctions internationales depuis près de quinze ans. Avant même cette guerre, l’économie iranienne traversait une période de fortes turbulences : chute du rial, inflation élevée, hausse des prix… En décembre dernier, ces difficultés avaient provoqué un vaste mouvement de contestation populaire, violemment réprimé par les autorités.
Avec le blocus, des pertes économiques importantes…
Donald Trump ne sort pas de nulle part ce chiffre de 500 millions de dollars perdu chaque jour en raison du blocus américain. Il s’agit d’une estimation de Miad Maleki, analyste au sein du groupe de recherche Foundation for Defense of Democracies, qui a été relayée par la presse américaine.
Selon cet expert, le blocus coûte à l’Iran environ 435 millions de dollars par jour (un montant que Donald Trump a largement arrondi à la hausse), dont 276 millions de dollars de pertes d’exportations, principalement de pétrole brut, qui compte parmi les principales sources de revenus du régime. Mais d’autres analystes nuancent cette évaluation, indiquant que tout dépend de l’efficacité du blocus.
… Mais encore difficile à évaluer précisément
Des dizaines de navires sont parvenus à contourner le blocus depuis son entrée en vigueur, indique l’outil Vortexa, spécialisé dans le suivi des cargos pétrolier. Au moins 19 pétroliers liés à l’Iran ont franchi le blocus pour quitter le Golfe, dont 6 transportaient des cargaisons de pétrole brut iranien, relève ainsi le Financial Times. Parmi eux, le Dorena, un superpétrolier battant pavillon iranien, a par exemple réussi à franchir les contrôles en désactivant son transpondeur.
Au-delà de ces manipulations maritimes, l’Iran peut aussi rediriger ses exportations de pétrole vers des routes alternatives. « Depuis des décennies, Téhéran a mis en place des solutions de contournement : réseaux commerciaux informels, itinéraires indirects et pratiques maritimes opaques qui permettent le maintien, même réduit, de l’activité économique », souligne dans une examen Alex Vatanka, chercheur principal au Middle East Institute
À court terme, la saturation des capacités de stockage pourrait cependant poser problème, car elle obligerait à stopper la production de pétrole dans la région d’Ormuz. Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a menacé l’Iran ce mercredi en évoquant un tel scénario, mentionnant notamment les installations de l’île de Kharg, point névralgique du secteur pétrolier iranien.
Les séquelles des frappes américaines
Avant le blocus américain, l’Iran a déjà été rudement impactée par les frappes américaines. Celles-ci ont notamment visé les infrastructures routières, portuaires, ferroviaires, installations militaires, gouvernementales… Les dégâts sont estimés à 270 milliards de dollars, soit près de 57 % du PIB, a indiqué la chaîne d’État iranienne Al-Alam Arabic.
Plusieurs secteurs stratégiques ont aussi été touchés, notamment les aciéries et les complexes pétrochimiques, piliers de l’économie industrielle et des exportations iraniennes. « Ces attaques ne sont pas aléatoires. Elles ciblent des secteurs de l’économie tournés vers l’extérieur, qui génèrent des devises étrangères », souligne Kevan Harris, sociologue et historien spécialiste du Moyen-Orient, au Wall Street Journal.
Malgré la pression, Téhéran affiche sa détermination à ne pas céder face à Washington et se dit prêt à résister malgré les pertes économiques. Mais un autre risque émerge : celui d’une crise sociale. La combinaison d’une inflation élevée et d’une remontée du chômage, aggravée par les conséquences du conflit, pourrait raviver la contestation. Plusieurs analystes estiment que ces tensions économiques pourraient déboucher sur de nouvelles mobilisations d’ampleur dans le pays.
« L’opinion publique, notamment sur les réseaux sociaux, reflète une frustration et un désespoir croissants », note ainsi Iran International, évoquant des témoignages d’iraniens ayant perdu leur emploi ou faisant face à la hausse des prix. Dans les colonnes du Monde, l’économiste iranien Hadi Kahalzadeh ajoute qu’« à mesure que le coût de la guerre augmente, la mauvaise gestion et le manque de capacité de l’Etat à gérer la crise deviendront plus visibles, et la probabilité d’un regain de troubles sociaux augmentera ».
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : La rédaction continuera à observer cette actualité pour informer ses lecteurs.

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