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Voici notre analyse rapide sur « Les alliances internationales d’Israël montrent des signes de faiblesse ».
À retenir absolument
Ces dernières années, Israël a marqué un rapprochement avec les gouvernements et partis d’extrême droite en Europe et en Amérique. L’alignement avec Donald Trump a notamment permis à l’exécutif israélien d’obtenir un soutien affirmé de la part de Washington. Mais entre alternances politiques et critiques de certains alliés, cette politique montre aujourd’hui certaines limites.
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De notre envoyé spécial à Jérusalem,
C’est une marque d’honneur accordée par le gouvernement israélien. Ce mardi soir, lors d’une cérémonie officielle nationale, Javier Milei, le président argentin, a allumé l’une des torches célébrant l’indépendance d’Israël. Cette marque souligne la proximité entre Israël et le président argentin d’extrême droite qui effectue dans le pays sa troisième visite en moins de trois ans.
Depuis sa prise de fonction en décembre 2023, Javier Milei a reconnu le corps iranien des Gardiens de la révolution et le Hamas palestinien comme des organisations terroristes. Il a confirmé l’inscription du Hezbollah libanais à cette même liste et promis de déménager l’ambassade argentine à Jérusalem, rompant avec une tradition diplomatique consistant à ne pas reconnaître la ville comme capitale d’Israël. Le président argentin a multiplié les marques de soutien à la politique menée par le Premier ministre israélien. Tant et si bien que Miri Regev, la ministre en charge de cette cérémonie, avait qualifié Javier Milei de « l’un des plus proches amis d’Israël, (…) l’un des plus grands amis du peuple juif ».
« Des alliés, pas des amis »
Ces dernières années, le gouvernement israélien a tissé des liens forts avec les gouvernements et partis d’extrême droite en Amérique comme en Europe. « Plus les gouvernements israéliens se sont orientés vers la droite, plus ils ont eu tendance à nouer des liens avec des gouvernements, des coalitions et des partis de droite partout dans le monde », relève Shmuel Rosner, chercheur à l’Institut pour les politiques du peuple juif (JPPI, en anglais) à Jérusalem. Dans sa diplomatie, Israël s’est rapproché de dirigeants populistes, de droite, voire d’extrême droite. Il y a eu Jair Bolsonaro au Brésil, Viktor Orban en Hongrie. Il y a toujours Giorgia Meloni en Italie et des contacts de plus en plus affirmés avec le Rassemblement national en France. Mais il ne s’agit pas d’une rupture pour Shmuel Rosner : « D’un aspect de vue historique, Israël a toujours mené une politique étrangère très pragmatique et cherche des alliés. Il ne cherche pas des amis. Et lorsqu’il trouve des alliés parmi des partis qui peuvent prêter à controverse, il privilégie ces alliés plutôt que la controverse ».
La diplomatie israélienne a évolué même à l’égard du plus grand allié du pays : les États-Unis. Longtemps, le pays a cherché à s’assurer d’un soutien bipartisan, des républicains comme des démocrates, afin que la relation demeure forte, quelle que soit la majorité au pouvoir à Washington. Mais désormais, Benyamin Netanyahu est bien plus aligné sur Donald Trump. En retour, le président états-unien a multiplié les marques de soutien envers Israël. Au cours de son premier mandat, il a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, reconnu la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan, territoire syrien occupé au regard du droit international. Et « lors de la récente vague de violence entre Israël et l’Iran, les États-Unis n’étaient plus un partenaire passif ni un simple spectateur. Ils ont joué un rôle actif, un rôle de premier plan », relève Shmuel Rosner. « Je pense qu’il faut au moins reconnaître à Netanyahu le mérite d’avoir su obtenir le soutien des États-Unis de cette manière pour la guerre contre l’Iran ».
Polarisation
À l’inverse, au sein du Parti démocrate, les critiques vis-à-vis d’Israël sont de plus en plus nombreuses ; le soutien de cette formation politique n’est plus aussi ferme qu’il ne l’a été. Benyamin Netanyahu est régulièrement attaqué par l’opposition israélienne pour avoir affaibli ce soutien bipartisan. Mais cette évolution est liée à un réalisme politique, estime Shmuel Rosner. « Les États-Unis sont aujourd’hui bien plus polarisés qu’ils ne l’étaient. Et il faut choisir son camp. Car tout aux États-Unis est aujourd’hui partisan. La réalité américaine oblige donc peut-être Israël à faire un choix », le chercheur au JPPI.
Mais en s’engageant fortement aux côtés de certaines formations, Israël a opté pour une diplomatie plus politisée. Et maintenir des relations cordiales peut s’avérer difficile en cas d’alternance. Trois jours après la victoire de Peter Magyar aux récentes législatives hongroises, Benyamin Netanyahu s’est entretenu avec le successeur de son allié, Viktor Orban. Les services du chef du gouvernement israélien assurent que la conversation fut « chaleureuse » et que le futur Premier ministre hongrois a invité Benyamin Netanyahu aux cérémonies du 70ᵉ anniversaire du soulèvement contre l’URSS en octobre à Budapest. Mais sans démentir cette invitation, le futur dirigeant hongrois a signalé ce lundi que, contrairement à son prédécesseur, il exécuterait les mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale. Y compris celui visant Benyamin Netanyahu pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Court terme
Le pragmatisme revendiqué de la diplomatie israélienne conduit à privilégier des choix de court terme. « C’est un peu risqué », reconnaît Shmuel Rosner, « mais Israël a des considérations à long terme et des besoins immédiats. Et parfois, quand on examine ces besoins immédiats, on se dit : « Je vais prendre ce que je peux et je m’occuperai des problèmes futurs lorsqu’ils se présenteront » ». Une stratégie renforcée par les conflits actuels. « À l’heure actuelle, alors qu’Israël a tant besoin de soutien pour faire face à une guerre immédiate, les considérations à court terme prennent le pas sur les préoccupations et les défis à long terme », poursuit le politologue.
L’évolution la plus problématique pour Israël se trouve moins dans les alternances politiques possibles chez ses partenaires que dans l’effritement du soutien au sein des formations de droite et d’extrême droite. Aux États-Unis, parmi les personnalités qui ont soutenu Donald Trump, des voix qui comptent, comme celle de l’éditorialiste Tucker Carlson, réclament désormais une révision des liens entre les États-Unis et Israël. Et la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a elle aussi pris ses distances avec le gouvernement de Benyamin Netanyahu. Son gouvernement a critiqué les bombardements israéliens au Liban. Et elle a annoncé la suspension de la reconduction automatique de l’accord de défense entre Israël et l’Italie. « C’est un sujet d’inquiétude », admet Shmuel Rosner. Mais « l’avenir recèle tant d’inconnues qu’il serait prématuré pour Israël de se préoccuper dès à présent de défis qui ne se présenteront que dans cinq ou dix ans ». Le contexte géopolitique renforce la stratégie à court terme.
Source : www.rfi.fr
Conclusion : Notre rédaction reste attentive à l'évolution de cette actualité.

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