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22 avril 2026Les plateformes de livraison Uber Eats et Deliveroo visées par une plainte pénale pour « traite d’êtres humains »
Analyse : Voici un aperçu des faits selon nos journalistes.
Notre rédaction a sélectionné quelques points clés concernant « Les plateformes de livraison Uber Eats et Deliveroo visées par une plainte pénale pour « traite d’êtres humains » ».
Ce qu’il faut observer
Dans le bras de fer entre livreurs et plateformes, la tension monte. Selon Le Parisien, quatre associations ont déposé ce mercredi 22 avril une plainte pénale à Paris contre les plateformes de livraison de repas et de courses, Uber Eats et Deliveroo, pour « traite d’êtres humains ». Une qualification qui vise à faire reconnaître des conditions de travail assimilées à une forme d’exploitation.
Dans leur plainte, longue de 81 pages, les plaignants s’appuient sur plusieurs rapports institutionnels et associatifs pour dénoncer un système reposant sur la précarité. Ils évoquent « un recrutement de livreurs précarisés et une exploitation dans des conditions de travail contraires à leur dignité », selon leur avocat, Me Thibault Laforcade.
Les chiffres avancés donnent la mesure du malaise. D’après une étude de Médecins du Monde, les livreurs travaillent en moyenne 63 heures par semaine pour environ 1 480 euros mensuels, soit moins de 6 euros bruts de l’heure. Une réalité qui s’ajoute aux motifs de grèves qui dénonçaient des journées longues, des revenus instables et une forte pression liée aux algorithmes.
Le profil des travailleurs a lui aussi évolué. Initialement perçue comme une activité d’appoint, la livraison à vélo concerne désormais majoritairement des personnes immigrées. Toujours selon Médecins du Monde, 98 % des livreurs seraient étrangers et environ deux tiers d’entre eux ne disposeraient pas de titre de séjour. Pour contourner cette situation, beaucoup passent par la location de comptes, une pratique illégale mais répandue, qui consiste à travailler sous l’identité d’un tiers. Ce système entraîne des commissions prélevées par les détenteurs des comptes et réduit encore des revenus déjà jugés très faibles.
« Les livreurs sur notre territoire n’ont pas moins de droits que quiconque »
Les associations dénoncent aussi un « faux travail indépendant » et estiment que les livreurs subissent en réalité un lien de subordination. En 2024, l’Union européenne a pourtant adopté une directive visant à lutter contre le « faux travail indépendant », que la France doit encore transposer.
La plainte décrit un fonctionnement marqué par l’opacité et la pression. « La plateforme sait tout du livreur tandis que le livreur ne sait rien du système », est-il avancé. Entre peur d’être déconnecté, nécessité d’accepter des courses peu rémunérées et concurrence permanente, certains évoquent une dépendance forte au système.
Les plateformes contestent ces accusations. Uber Eats affirme que ses livreurs se connectent en moyenne 26 heures par semaine et met en avant une hausse des revenus. Deliveroo, de son côté, dit « réfuter avec la plus grande fermeté » toute assimilation à de la traite d’êtres humains et souligne ses performances en matière de rémunération selon les données sectorielles.
Punie de dix ans de prison et de lourdes amendes, la « traite d’êtres humains » suppose de démontrer que les entreprises ont conscience des conditions dans lesquelles travaillent les livreurs. « Elles connaissent, par les éléments d’identification obligatoire, par les nombreuses études publiées ou ne serait-ce que par les rémunérations octroyées, la situation d’extrême précarité dans laquelle elles plongent ces personnes. Les livreurs sur notre territoire n’ont pas moins de droits que quiconque et c’est aussi le message que mes clients souhaitent faire passer », estime au contraire Me Laforcade.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Les prochaines informations compléteront notre analyse.

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