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23 avril 2026Reuters.com
23 avril 2026Avec le blocage d’Ormuz, comment le prix des billets d’avion est affecté par l’envolée des cours du kérosène
Analyse : L’équipe de rédaction a sélectionné les éléments clés à retenir.
Voici ce que notre équipe pense de l'article « Avec le blocage d’Ormuz, comment le prix des billets d’avion est affecté par l’envolée des cours du kérosène ».
Ce qu’il est utile de savoir
• Les compagnies peuvent même augmenter les prix des billets déjà achetés, à certaines conditions strictes.
• Le risque d’annulation de vol est encore faible mais il ne peut pas être exclu si le conflit se prolonge.
Les familles ayant acheté dès l’hiver leurs billets d’avion pour l’été, les Ultramarins habitant l’Hexagone voulant visiter leur famille, les couples qui espéraient réserver en dernière minute : des milliers de Français vont payer la flambée des cours du kérosène au plus fort. En cause, le blocus du détroit d’Ormuz, qui se poursuit malgré la prolongation du cessez-le-feu en Iran annoncée, ce mardi 21 avril, par Donald Trump.
L’Europe est de fait particulièrement affectée, car 20 % du kérosène consommé par l’Union européenne (UE) transite habituellement par ce passage stratégique, lieu d’attaques navales quotidiennes entre Washington et Téhéran depuis un mois. Le Vieux continent importe également la moitié de son kérosène des pays du Golfe, pris, eux aussi, dans l’engrenage de la guerre au Moyen-Orient.
Le président de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, prédisait, le 16 avril, une pénurie de carburant pour les avions européens « début mai ». Dans ce contexte, l’UE a annoncé mardi qu’elle envisageait d’importer du kérosène alternatif depuis les États‑Unis ou d’imposer aux États européens la constitution de réserves minimales. En France, Maud Bregeon, ministre déléguée à l’Énergie a assuré qu’une partie des stocks stratégiques de l’Hexagone pouvaient être libérés en cas de « problèmes de volume » de kérosène.
Prix en hausse avec la « surcharge carburant »
Malgré ces annonces, les compagnies aériennes européennes ne cachent pas leurs inquiétudes. « Le kérosène représentait environ 25 % du total des coûts d’une compagnie aérienne. Et là, il évolue entre 40 et 45 % », a déploré le 20 avril le PDG de la compagnie aérienne Corsair, Pascal de Izaguirre, sur BFM Business, expliquant qu’une hausse des prix des billets est inévitable.
Pour amortir la hausse, le groupe Air France-KLM a communiqué dès mars sur l’application d’une « surcharge carburant », facturée aux passagers. Elle « est proportionnelle à la distance du vol et de la classe de voyage », explique Paul Chiambaretto, professeur à Montpellier Business School, auprès de Midi Libre. Donc plus vous voyagez loin (qui plus est en classe premium) plus la facture sera salée. Pour Air France et KLM, sur les vols long-courriers, « pour les billets émis depuis le 26 mars 2026, en classe économique, les tarifs ont augmenté de 100 euros aller-retour (70 euros sur les vols vers les États-Unis, le Canada et le Mexique) », a détaillé un porte-parole du groupe au Monde.
Et rien ne sert d’attendre que la situation se calme sur le front de la guerre au Moyen-Orient, car les tarifs ne vont pas redescendre de sitôt. Paul Chiambaretto, illustre les fluctuations des cours au Monde avec une métaphore : « Quand le kérosène est en hausse, les prix des billets s’envolent à toute vitesse, comme une fusée. Quand il baisse, ces mêmes prix redescendent très lentement, comme une plume ».
Un surcoût est-il possible après l’achat des billets ?
Pour les plus prévoyants, qui ont déjà acheté leurs billets, la compagnie ne peut pas imposer une majoration après coup, à quelques exceptions près. « En droit français, une compagnie aérienne ne peut pas modifier unilatéralement le prix d’un billet après paiement. Autrement dit, elle ne peut pas vous imposer un surcoût a posteriori, même en cas de hausse du kérosène », certifie au HuffPost Imane el-Bouanani, responsable juridique pour la société de défense des droits des passagers aériens Flightright.
Cette règle s’applique uniquement au « vol sec », qui désigne un billet d’avion acheté seul, sans aucune prestation associée (voiture de location ou hôtel, par exemple). Dans le cas où vous commandez sur un site de comparateur en ligne (Skyscanner, Kayak…), si vous achetez seulement le billet d’avion, sans aucune prestation supplémentaire, la règle du « vol sec » s’applique aussi.
En revanche, une rallonge peut vous être demandée si vous avez réservé un voyage organisé ou un séjour qui inclut vol, hôtel et location de voiture. Cette hausse « doit être prévue dans le contrat » avec l’agence qui réserve et « ne peut pas dépasser 8 % du prix total », souligne Imane el-Bouanani. « Au-delà de 8 %, le voyageur peut annuler sans frais. Et la notification (de la hausse du prix, ndlr) doit être faite au moins vingt jours avant le départ », précise-t-il.
Ronny Ktorza, avocat et professeur de droit à Kedge Business School, affirme au HuffPost comprendre l’inquiétude des voyageurs, dont certains ont déjà mal vécu « la modification des prix des billets » lors de la « guerre en Ukraine ». Il souhaite toutefois rassurer les consommateurs : les compagnies « attachées à leur image de marque » n’ont rien à gagner « à tenter d’augmenter les prix ».
Les règles en cas d’avions cloués au sol
Reste l’incertitude quant à l’annulation du billet en cas de pénurie de kérosène. Pascal de Izaguirre, qui est aussi président de la Fédération nationale de l’aviation et de ses métiers (FNAM), estime sur BFM cette hypothèse peu probable : « L’État a des stocks stratégiques pour trois mois, ce qui nous permet quand même de tenir, de voir venir et de passer l’été tranquillement. » Les compagnies restent quand même sur le qui-vive, comme Lufthansa, premier groupe de transport aérien européen, qui, d’après Bloomberg, a anticipé une immobilisation de sa flotte si les hostilités au Moyen-Orient perduraient.
Un tel cas de figure affecterait les consommateurs, car la compagnie aérienne peut « annuler jusqu’au dernier moment un vol car un contrat de transport ne garantit pas l’exécution du vol », indique Imane el-Bouanani. En cas d’annulation « moins de 14 jours » avant le départ prévu, le voyageur a droit automatiquement à un remboursement ou à un réacheminement gratuit.
La juriste rappelle qu’en cas de litige, le passager peut faire un signalement « auprès de la direction générale de la Concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ou saisir une association de consommateurs ou encore un médiateur de tourisme. » En espérant qu’un conflit juridique ne vienne pas gâcher vos vacances d’été.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Notre rédaction suivra les développements à venir et partagera des analyses.

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