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23 avril 2026Analyse : Cette nouvelle a été analysée par nos rédacteurs pour vous donner un aperçu.
Un regard éditorial sur « un « commando anti-squat » raconte ses méthodes à « Envoyé spécial » – franceinfo » pour mieux comprendre l'article.
Points essentiels
Publié
Temps de lecture : 4min – vidéo : 5min
Désespérant de récupérer leur logement squatté, certains propriétaires sortent de la légalité et font appel à des commandos spécialisés dans les expulsions clandestines. L’un de ces gangs a raconté ses méthodes à « Envoyé spécial », vidéos à l’appui.
Malgré les promesses de la loi dite « anti-squat » de 2023 (expulser en 72 heures « toute personne qui occupe un logement sans droit ni titre »), certains propriétaires désespèrent de récupérer leur logement squatté. Excédés par des mois, voire des années de procédures et d’attente, ils se détournent du cadre légal et ont recours à des « commandos anti-squat ». Sur les réseaux sociaux, les annonces fleurissent, publiées par des équipes de gros bras, souvent d’anciens vigiles, rugbymen ou boxeurs qui proposent leurs services pour déloger les squatteurs.
Après plusieurs semaines de négociations, l’un de ces gangs spécialisés dans les expulsions clandestines a accepté de raconter ses méthodes à « Envoyé spécial », vidéos à l’appui. Deux hommes sont au rendez-vous, en région parisienne. Avec leurs 100 et 110 kilos respectifs, ils en imposent…
En complément de leur emploi de videurs en boîte de nuit, ces trentenaires expliquent avoir démarré il y a trois ans une activité lucrative et illégale de « délogeurs de squatters ». Selon l’un d’eux, c’est un policier municipal qui leur aurait fait part de nombreuses plaintes de propriétaires d’appartements squattés. Ils ont alors pensé à « aider ces personnes à récupérer leur appartement ». Ce qu’ils ont mis en pratique, « sur un emplacement, puis deux, puis trois, et de fil en aiguille, ça a augmenté ».
En quelques mois, le bouche-à-oreille fait exploser le nombre de leurs opérations illégales. Ils en avouent « entre 10 et 15 » par mois, « un peu partout en France », et « beaucoup à Paris ». Pour chacune, l’équipe se ferait rémunérer entre 4 000 et 5 000 euros. Une somme que les propriétaires débourseraient volontiers, selon eux, « parce qu’ils savent qu’à la fin, ils vont retrouver leur appartement ». A ce tarif, le changement de serrure est compris, inclus dans le « packaging ».
Les « délogeurs », qui préfèrent se filmer pour se protéger en cas de litige, ont accepté de montrer à « Envoyé spécial » des vidéos de leurs interventions musclées. Sur l’une d’elles, ils débarquent dans un salon, tout de noir vêtus, élèvent la voix sur l’occupant du logement, qui tente de temporiser. « De la dissuasion » uniquement, affirment-ils, assurant ne jamais être armés. Leur tactique consiste, expliquent-ils, à venir assez nombreux pour « occuper tout l’espace ». Le but : faire comprendre au squatteur qu’ils ne sont pas venus « juste pour parler ».
Si les deux hommes assurent ne pas intervenir dans le cas de « femmes avec des enfants en bas âge » et « laisser la justice faire le boulot », ils assument d’être « sans scrupules » face à des hommes adultes « qui squattent depuis un an et demi, deux ans ». Conscients d’être dans l’illégalité, ils considèrent tout de même qu’aider quelqu’un qui « n’a pas eu son appartement pendant un ou deux ans » à le récupérer est plutôt « une bonne action »…
Quelques jours plus tard, en banlieue parisienne, le commando, cette fois au nombre de quatre membres, est chargé d’expulser un locataire qui ne paye plus son loyer. Sur les images qu’ils ont filmées, on voit un homme leur ouvrir la porte sans se méfier. Moins de trois minutes plus tard, il aura quitté les lieux malgré ses protestations. Une fois la serrure remplacée, les « délogeurs » en informent immédiatement le propriétaire. Une opération rondement menée, qui peut coûter cinq ans de prison aux premiers, trois ans au second – sans compter les 4 500 euros qu’il a déboursés.
Extrait de « Squatteurs, la tentation de se faire justice », un reportage à voir dans « Envoyé spécial » le 23 avril 2026.
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Source : www.franceinfo.fr
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