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23 avril 2026Analyse : Nous mettons en lumière certains aspects de cette actualité.
Nos rédacteurs mettent en avant les points clés de « Voyage de Léon XIV en Afrique: «Le discours du pape a parlé aux Africains» ».
Les éléments principaux
Léon XIV s’est envolé en milieu de journée pour Rome, jeudi 23 avril, après une tournée de onze jours sur le continent africain. Le pape s’est rendu en Algérie, puis au Cameroun, en Angola, et enfin en Guinée équatoriale. Un voyage apostolique qui a fortement été marqué par un discours centré sur la paix et la justice sociale. C’est ce que note Cyrille Tchamba, écrivain et analyste sociopolitique camerounais, membre de l’association des leaders chrétiens du Cameroun, pour qui le Saint-Père a renoué avec la tradition de Jean-Paul II.
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RFI : Cyrille Tchamba, quel bilan faites-vous de la visite apostolique que le pape Léon XIV vient de boucler en Afrique ?
Cyrille Tchamba : Je pense que le pape Léon XIV a renoué avec une tradition qui remonte à 1969, avec la visite d’un pape sur le continent, il me semble en Ouganda. Cette visite qui vient de se boucler dans quatre pays nous a marquée par son intensité. Pour moi, c’est une reprise en main de Rome sur ses rapports avec les pays africains, mais surtout avec ses ouailles et l’ensemble des chrétiens et catholiques en Afrique. De l’Algérie jusqu’aux pays subsahariens qui ont accueilli le Saint-Père, nous avons été sensibles à son discours dans lequel on percevait un fil conducteur : la paix et la justice sociale. Des propos tenus dans des pays réputés pour être des régimes autoritaires. Le pape a donc semblé renouer avec une tradition qui a quelque peu disparue dans les usages de la curie romaine, et ce depuis les deux derniers papes. On est là dans une approche très sociale de l’Église, conforme à sa doctrine, qui rappelle les heures historiques et mémorables du pape Jean-Paul II. C’est un lien particulier avec l’Afrique qui existait déjà, certes, mais qui s’est amplifié dans un moment où certains constataient déjà une Église un peu lointaine, accusée par un certains observateurs d’être plus proches des pouvoirs qui sont pour la plupart autoritaires, voir dictatoriaux .
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Justement le pape, dans chacune des étapes, a fustigé et dénoncé les travers des pays visités, souvent devant les dirigeants eux-mêmes…
C’est vraiment, pour moi, l’élément le plus fort à retenir de cette tournée épiscopale. Le discours du pape à Malabo, à Yaoundé, à Alger ou encore à Luanda résonne comme une reprise en main pastorale. Léon XIV a su trouver les mots, dans des environnements… je ne veux pas dire hostiles – mais face à des auditoires et des interlocuteurs pas ou peu habitués à ce qu’on leur reproche leurs méthodes et leur gouvernance. C’était un exercice diplomatique et d’équilibrisme qui n’était pas si simple. Et le pape ne s’en est pas si mal sorti. Quand on connaît la vigueur et la qualité des prêches des églises dites de réveil en Afrique, le pape semble avoir reçu tous les messages et la réalité du terrain en Afrique pour adapter son discours et le coller aux attentes de populations en réelle quête de repères. Le discours du pape a parlé aux Africains. Il a su embrasser leur réalité et leurs espérances dans des pays où la parole publique est souvent verrouillée. Le pape a, en réalité, manié un couteau à deux lames en s’adressant aux dirigeants et aux élites sans forcément les heurter frontalement. Mais aussi, il a rassuré les peuples africains dans la capacité de l’Église à maîtriser les enjeux et les problématiques réelles des populations.
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À quels effets vous attendez-vous sur le moyen, long terme ? Comment les mesurer ?
Comme je l’ai déjà dit, c’est une reprise en main pastorale qui devrait produire des effets, même si, à très court terme, le message papal relève d’une dimension diplomatique ou symbolique très importante. On sait néanmoins que la parole qui vient de ce type d’instance peut être revêtue d’une force qui impulse un changement dans l’esprit des gens, dans l’esprit des catholiques. Et n’oubliez pas que la plupart des dirigeants, notamment en Afrique subsaharienne, ont souvent été formés dans des séminaires et dans des écoles catholiques. On peut subodorer que le pape a été bien entendu par ses interlocuteurs. En guise de preuve de l’attention qu’ils lui ont porté, ils pourraient traduire leurs paroles en actes. Je rêve, peut-être. Mais, comme vous savez, les rêves sont gratuits.
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Source : www.rfi.fr
Conclusion : Cette situation fera l’objet de mises à jour régulières par nos journalistes.

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