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24 avril 2026A Islamabad, les américains ne sont pas « capables de mener une négociation réelle avec l’Iran », estime le directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique – franceinfo
Analyse : Notre équipe propose une lecture synthétique de cette actualité.
Voici l'avis général de nos rédacteurs sur « A Islamabad, les américains ne sont pas « capables de mener une négociation réelle avec l’Iran », estime le directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique – franceinfo ».
Faits marquants
Bruno Tertrais, directeur adjoint pour la Fondation pour la recherche stratégique, est l’invité de « Tout est politique », vendredi 24 avril.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Le directeur adjoint pour la Fondation pour la recherche stratégique, Bruno Tertrais, est l’invité de Tout est politique, vendredi 24 avril.
Franceinfo : C’est tombé ce soir, les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, se rendent demain à Islamabad. Au moment où l’on se parle, il y a un homme qui est dans un avion pour le Pakistan. Cet homme, c’est M. Araghchi, ministre des Affaires étrangères iranien. Qu’est-ce qu’on en attend ?
Bruno Tertrais : Je crois qu’il ne faut pas en attendre grand-chose. D’abord parce que les fameux négociateurs américains, que j’appelle souvent les Laurel et Hardy de la diplomatie et des États-Unis, tellement ils ont montré de compétences et de sens de la diplomatie, ne sont pas ceux qui sont capables de mener une négociation réelle avec la République islamique d’Iran qui, petite parenthèse, a des diplomates autrement plus qualifiés.
D’abord, il faut voir si la rencontre a vraiment lieu. Là, depuis une semaine, ce sont des allers-retours. On ne sait pas s’ils y vont, s’ils n’y vont pas, l’avion part pas, ne part pas. Attendons que les avions arrivent et qu’ils soient ensemble dans l’hôtel Serena, à Islamabad, pas forcément dans la même pièce. Mais je crois que surtout, plus sérieusement, le problème fondamental, c’est que les principales parties au conflit ne sont pas encore au moment où elles estiment, à mon sens, avoir intérêt…
À parler ? À négocier ?
À parler, si, ils vont parler. Mais à négocier suffisamment pour qu’on aille au-delà d’un cessez-le-feu.
À céder. Personne ne veut céder. Est-ce qu’ils ont intérêt à reprendre la guerre ?
Pour l’instant, non, mais je pense que chacune des deux parties, les États-Unis et l’Iran, estiment que l’autre est en train de se fatiguer. Les Américains pensent, du moins la Maison Blanche, parce que c’est compliqué aux États-Unis, estiment que l’économie iranienne est à genoux et que donc ça risquerait des manifestations, etc. Les Iraniens voient de leur côté que l’Amérique s’épuise militairement, qu’elle use ses stocks.
C’est surtout un raisonnement politique, non ?
Non, c’est aussi un raisonnement militaire. Les dernières données disponibles montrent que le dégarnissement des stocks américains de missiles, de bombes et de défenses antimissiles est tellement rapide que ça commence à poser de vrais problèmes si jamais il y a un autre conflit.
Et on y vient dans un instant, si vous le permettez. Parce que nous étions sur cette question de l’Iran et des négociations, peut-être vont-ils se parler, vous nous dites ?
Oui, se parler, oui. C’est possible.
La vraie question, c’est qui dirige ? Parce que vous nous avez dit : les personnes qui sont envoyées ne sont pas en réalité les personnes qui ont les cartes en main.
Alors, en fait, du côté américain, ils ont les cartes en main. Le problème, ce n’est pas la compétence. Ils ont la confiance du président. Ça, c’est l’essentiel. Ils n’ont pas forcément les compétences techniques. On espère qu’ils seront accompagnés d’experts qui connaissent bien l’Iran, qui connaissent bien la région. Mais le problème de fond, c’est que des deux côtés, du côté de Téhéran et du côté de Washington, pour des raisons très différentes, les processus de décision sont complètement dysfonctionnels.
À Washington, parce que c’est Donald Trump dont les raisonnements ne suivent pas toujours les canons de la diplomatie. Pour le meilleur ou pour le pire, parfois c’est bien de s’écarter des canons de la diplomatie, mais en gros, c’est une diplomatie de caprice et de faux rapports de force. Et du côté de l’Iran, c’est un peu différent. C’est parce que le guide suprême aujourd’hui, donc le fils de son père, ce n’est pas quelqu’un qui a la même légitimité que son père qui était en permanence l’arbitre, non pas des élégances, mais des différentes factions, des différents centres de pouvoir en Iran. Donc ça n’augure pas très bien d’une capacité des deux parties à agir rapidement pour trouver une sortie de crise.
Cliquez sur la vidéo pour regarder l’entretien en intégralité
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Quelques éléments à garder en tête pour suivre cette actualité.

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