Des élèves privés d’école depuis deux semaines à Mayotte – Outre-Mer
24 avril 2026
« La priorité reste l’augmentation des salaires, des pensions et des minima sociaux » : un 1er Mai revendicatif à Perpignan
24 avril 2026Analyse : Voici ce que notre équipe retient de cette information.
Notre rédaction analyse les faits saillants de « Personne ne s’est préoccupé de son sort pendant un an et demi ».
Résumé synthétique
Le 6 avril 2026, dans le Haut-Rhin, un garçon de 9 ans a été retrouvé nu et dénutri dans une camionnette où son père l’aurait caché pendant plus d’un an et demi. Comment une telle maltraitance a-t-elle pu passer sous les radars? On en parle dans le nouvel épisode du podcast « Affaire Suivante ».
Le 6 avril 2026, dans le Haut-Rhin, un petit garçon de 9 ans a été retrouvé nu et dénutri à l’intérieur d’une camionnette, après le signalement d’une voisine. Selon les premiers éléments de l’enquête, son père l’y aurait caché pendant plus d’un an et demi, affirmant vouloir le protéger de sa compagne, qui souhaitait le faire interner en hôpital psychiatrique.
Durant cette période, l’enfant recevait de la nourriture et de l’eau, mais aucun soin. Disparu du jour au lendemain, il n’avait pourtant fait l’objet d’aucun signalement avant avril, ni de la part de l’école, ni de l’entourage familial, malgré plusieurs interrogations sur son absence.
Comment une telle situation a-t-elle pu passer aussi longtemps sous les radars ? Que faudrait-il changer pour éviter qu’elle ne se reproduise? Dans ce nouvel épisode d’Affaire Suivante, Maître Grégory Thuan, avocat de l’association Innocence en Danger, partie civile dans ce dossier, revient sur les failles révélées par cette affaire et les enjeux de l’enquête en cours.
La dénutrition et les carences d’hygiène sont-elles des symptômes classiques dans les dossiers de maltraitance?
Absolument. Il n’y a pas de débat sur la maltraitance subie par le petit garçon. La dénutrition et la privation volontaire de nourriture sont des symptômes évidents. Il faudra également mesurer les préjudices psychologiques, le préjudice d’éducation scolaire puisqu’il n’était plus scolarisé, ainsi que les préjudices patrimoniaux et extra-patrimoniaux.
Depuis 2023, nous disposons d’un référentiel national élaboré par la Haute Autorité de Santé (HAS) pour évaluer les situations de danger. Parmi les critères scientifiques, on retrouve l’encoprésie (faire ses besoins au lit après 6 ou 7 ans), l’énurésie, les retards de croissance ou de langage, ainsi que des troubles du comportement comme l’auto-agression ou une agressivité dirigée vers les parents. Ou encore des comportements sexuels lorsqu’il subit des infractions sexuelles.
Est-ce qu’il existe un déni de maltraitance dans certains dossiers? Autrement dit, des parents qui ne réalisent pas l’horreur qu’ils font subir à leur enfant?
Ce déni de maltraitance est affligeant. Certains auteurs cherchent toujours des excuses en rejetant la faute sur l’enfant car c’est un enfant qui est difficile. Dans ce dossier, j’attends beaucoup des expertises psychologiques du père et de la belle-mère. Il est difficile de croire que le père devait impérativement soustraire l’enfant à la vue de sa compagne, ou que celle-ci ne savait rien.
Il faut rester mesuré puisque l’enquête débute et nous sommes aussi tenus par le secret de l’instruction. Donc ce déni de maltraitance de la part des auteurs, ce n’est pas une généralité mais c’est révélateur. Dans le cas du petit Nino, c’est assez affligeant de voir la ligne de défense de ce papa.
D’autant plus que l’enfant semble d’ailleurs défendre son père?
C’est une forme de syndrome de Stockholm. L’enfant décharge son père de toute responsabilité en chargeant sa belle-mère. Cela révèle l’emprise qu’il subissait pour couvrir son parent. Le procureur de la République a d’ailleurs précisé qu’il était impossible pour le médecin légiste d’établir un nombre de jours d’ITT (Incapacité totale de travail) précis tant l’enfant est « polytraumatisé » par des chocs de multiples natures. Quand bien même l’ITT est l’unité de base pour déterminer l’étendue du préjudice. C’est assez rare et cela signifie beaucoup.
Plusieurs personnes de l’entourage de la famille du petit garçon pensaient savoir quelque chose mais n’ont pas osé appeler la police par peur de passer pour un(e) délateur(rice)?
C’est une caractéristique incroyable de ce dossier, puisqu’on se demande tous comment un enfant a pu littéralement disparaître de la surface de la Terre du jour au lendemain. Personne ne s’est préoccupé de son sort pendant un an et demi. Il faudra établir les responsabilités de l’école, mais aussi de l’entourage direct, notamment des grands-parents.
Comment cela se fait-il que les grands-parents, paternels comme maternels, n’aient pas vu leur petit-fils pendant un an et demi? L’excuse du père, c’était de dire qu’il a été interné ou alors qu’il a été placé. Mais quand bien même l’enfant aurait été placé en foyer ou en hôpital psychiatrique, les grands-parents auraient pu manifester l’intention d’aller lui rendre visite. Pour ce qui concerne le voisinage, les données sont aussi contradictoires. Une voisine aurait apparemment appelé la gendarmerie trois semaines avant la découverte, ce qui pose aussi la question de la réactivité des autorités.
Pour ce qui est du voisinage, cette affaire est assez révélatrice de la société dans laquelle nous vivons. On préfère scroller sur l’écran du téléphone à regarder des vidéos d’un intérêt modéré au lieu de se préoccuper de ce qui se passe chez le voisin. L’association Innocence en danger préconise depuis de nombreuses années de sensibiliser l’opinion publique au signalement et de le rendre obligatoire.
Quels sont les premiers signaux qui doivent alerter à propos d’un enfant qui subirait des maltraitances chez lui?
Nous avons cet outil de diagnostic, depuis la fin de l’année 2022, un référentiel national élaboré par la Haute Autorité de Santé (HAS). Il liste une série de critères au niveau national.
Cependant, nous militons pour un référentiel national plus strict et pour une remise en cause de la décentralisation de la protection de l’enfance, qui crée des inégalités de traitement selon les départements. Dans le doute, il ne faut jamais s’abstenir: il faut signaler, notamment via le numéro gratuit 119.
Le 119 est un service dédié à la prévention et à la protection des enfants en danger ou en risque de l’être ainsi qu’aux adultes confrontés ou préoccupés par une situation d’enfant en danger ou en risque de l’être: famille proche, famille élargie, voisins, communauté éducative…. gratuit le service est disponible 24h sur 24, 7 jours sur 7.
Affaire suivante, votre podcast sur les grandes affaires judiciaires
De l’affaire du Petit Grégory à celle de Delphine Jubillar, en passant par la disparition du vol MH370, Affaire suivante revient sur les plus grandes énigmes judiciaires et criminelles de France. Chaque vendredi, Pauline Revenaz vous propose un nouvel épisode pour vous plonger au cœur des dossiers qui ont marqué l’histoire. Le podcast est disponible sur le site et l’application de BFM et sur toutes les plateformes d’écoute: Apple Podcasts, Amazon Music, Deezer ou Spotify.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Un suivi régulier permettra de mieux comprendre cette information.

9999999
