
Washington se tient prêt à frapper à nouveau, malgré le cessez-le-feu
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l’élève a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle – franceinfo
25 avril 2026pour la première fois en tant que président, Donald Trump accepte de se rendre au dîner des correspondants à la Maison Blanche
Analyse : Notre rédaction met en lumière les points essentiels à retenir.
Un résumé rapide de « pour la première fois en tant que président, Donald Trump accepte de se rendre au dîner des correspondants à la Maison Blanche » selon notre rédaction.
Résumé synthétique
Donald Trump va participer pour la première fois en tant que président au dîner des correspondants de la Maison Blanche, un rendez-vous annuel qu’il a toujours boycotté depuis 2016. C’est au cours de cette cérémonie, parfois critiquée comme une réunion de l’establishment américain, que Barack Obama l’avait publiquement humilié un soir de 2011.
Donald Trump en invité surprise. Dans un nouveau revirement, Donald Trump assistera le 26 avril au dîner annuel de l’Association des correspondants de la Maison Blanche, un rendez-vous médiatique jadis incontournable qu’il a systématiquement boudé depuis sa première élection en 2015.
« En l’honneur du 250e anniversaire de notre nation, et du fait que ces ‘correspondants’ admettent désormais que je suis véritablement l’un des plus grands présidents de l’histoire de notre pays, le G.O.A.T. (le plus grand de tous les temps), selon beaucoup, ce sera un honneur pour moi d’accepter leur invitation », a annoncé le président début mars sur son réseau Truth, promettant « d’en faire le DÎNER LE PLUS GRAND, LE PLUS CONVOITE ET LE PLUS SPECTACULAIRE, DE TOUS LES TEMPS ».
Les « Oscars » de la politique
Institué en 1921, le dîner des correspondants réunit le gratin des médias et de la politique pour une soirée placée sous le signe de l’humour et du soutien à la liberté à la presse. Autrefois relativement confidentiel, l’événement s’est transformé au fil des ans en « véritable procession sur tapis rouge pour quiconque a suffisamment de pouvoir, de fortune ou de notoriété pour obtenir une invitation », souligne le Washington Post.
Souvent comparée aux Oscars de la politique, la soirée est animée par un humoriste qui se livre à la tradition américaine du roast (passer au gril) consistant à enchaîner les moqueries sur une ou des célébrités. Il est aussi de coutume que le chef d’État prononce lui-même un discours satirique dans lequel il égratigne la presse et ses opposants, tout en faisant preuve d’autodérision.
Donald Trump en avait fait les frais en 2011 lors d’une séquence restée dans les mémoires. Invité au dîner par le Washington Post, le promoteur immobilier était déjà bien connu des Américains comme vedette des émissions The Apprentice ou The Celebrety Apprentice mettant en scène le monde des affaires.
À cette époque, Donald Trump occupe aussi la scène médiatique pour des raisons moins nobles. Fervent opposant de Barack Obama, il participe à relayer une théorie du complot aussi raciste que farfelue selon laquelle le démocrate ne serait pas né aux États-Unis, mais au Kenya, ce qui aurait pour conséquence de le rendre inéligible au poste de président des États-Unis. Quelques jours avant le dîner, Barack Obama est poussé à convoquer une conférence de presse pour dévoiler son acte de naissance et mettre fin aux rumeurs.
La vengeance d’Obama
Atteint dans son honneur, le démocrate décide de se venger ce soir du 27 avril 2011 en consacrant une large partie de son discours à son rival. « Au cas où il resterait des questions en suspens (…) ce soir, pour la première fois, je publie ma vidéo officielle de naissance », commence le président, en projetant sur un écran la scène d’ouverture du film d’animation Disney Le roi lion.
La rumeur diffusée par Donald Trump est tournée en ridicule. Mais Barack Obama n’en a pas fini. « Maintenant que la polémique sur ma naissance est close, Donald Trump va pouvoir recommencer à s’intéresser aux questions importantes telles que: avons-nous vraiment conquis la lune? que s’est-il passé à Roswell en 1947? », poursuit le démocrate en raillant le goût prononcé de l’homme d’affaires pour les théories du complot.
Le président se moque ensuite des ambitions présidentielles de Donald Trump en le réduisant à son rôle d’animateur télé. « Nous connaissons tous vos références et l’étendue de votre expérience. Tout récemment, dans un épisode de Celebrity Apprentice au steakhouse, la cuisine de l’équipe masculine n’a pas impressionné les juges d’Omaha Steaks (…) au final, vous n’avez pas blâmé Lil’ Jon ni Meatloaf (célébrités participant à l’émission, NDLR). Vous avez viré Gary Busey. Et c’est le genre de décisions qui m’empêcheraient de dormir la nuit ».
Chaque pique lancée par le président à son rival provoque l’hilarité et les applaudissements de la salle. Sur la retransmission de la soirée, les plans de coupe montrent Donald Trump prostré sur sa chaise, les lèvres pincées.
Barack Obama achève sa démonstration en projetant à l’écran comment le promoteur immobilier pourrait « apporter du changement à la Maison Blanche ». Le bâtiment présidentiel apparaît transformé en luxeux hôtel-casino, siglé du nom de l’entrepreneur avec néons, dorures et terrain de golf. Le président laisse ensuite le micro à l’humoriste Seth Meyers, qui tourne à son tour Donald Trump en dérision.
Un moment fondateur pour Donald Trump?
Au lendemain de l’événement, la presse américaine titre sur l' »humiliation » de Donald Trump. L’affront subi par le milliardaire serait tel que certains journalistes affirmeront plus tard que les cinq minutes de roast de Barack Obama ont nourri l’obsession de vengeance de Donald Trump à l’égard de l’etasblishment et l’ont poussé à se lancer dans la course à la présidentielle 2016.
« Cette nuit-là, le sentiment d’humiliation publique de Trump est devenu si accablant qu’il a décidé, peut-être inconsciemment au départ, qu’il se vengerait d’une manière ou d’une autre — voire qu’il briguerait finalement la présidence, aussi nihiliste ou absurde que cela puisse paraître, afin de se racheter », écrit en 2015 le New Yorker.
Selon le spécialiste des États-Unis Jérôme Viala-Gaudefroy, la séquence montrant Donald Trump moqué par le petit milieu de Washington rejoint le « récit de victimisation permanente qui a fait son succès auprès de sa base blanche et rurale, qu’il mettait en opposition avec des élites urbaines vues comme déconnectées et cultivant l’entre soi ».
Toutefois, d’autres journalistes mettent en garde contre une réécriture romanesque de la trajectoire de Donald Trump. « Il évoquait déjà une candidature à la présidence dans les années 1980, l’idée que ce dîner ait été l’unique élément déclencheur de sa campagne est donc absurde », affirme Roxane Roberts du Washington Post.
Le président américain a lui-même assuré que les moqueries d’Obama n’y étaient pour rien dans la décision de se lancer dans la course à la Maison-Blanche. « Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles je me présente. Mais celle-ci n’en fait pas partie », assure-t-il en 2016 à la même journaliste.
Présente au dîner, la reporter a d’ailleurs livré un récit de la soirée différent de celui d’un Donald Trump « humilié ». Elle a aussi souligné que l’homme d’affaires avait déjà été l’objet d’un roast de l’émission Comedy Central seulement deux mois avant le dîner, « une démolition en règle qui a fait passer Obama et Meyers pour des mauviettes ».
Au lendemain de la soirée, Donald Trump avait confié avoir passé un « excellent moment ». « Je ne m’attendais pas à être quasiment le seul à être au centre de l’attention, et j’imagine que quand on est en tête dans la plupart des sondages, ça arrive », avait-il déclaré sur Fox News. S’il s’est plaint du sketch « vulgaire » de Seth Meyers, il n’a rien dit sur les blagues de Barack Obama.
Le temps du boycott
Humilié ou pas, Donald Trump ne reviendra qu’une seule fois au dîner – en 2015 – avant de pas plus jamais y remettre les pieds. En son absence, Barack Obama s’est une dernière fois moqué de lui en 2016: « Ce dîner est-il trop kitsch pour le Donald? Que peut-il bien faire d’autre? Est-il chez lui, en train de manger un steak Trump ou d’envoyer des insultes à Angela Merkel sur Twitter? »
Une fois président, Donald Trump rompt la tradition et boycotte l’événement. Depuis 1980, tous les présidents y avaient assisté, sauf Ronald Reagan en 1981, qui se remettait alors de l’attentat dans lequel il avait été grièvement blessé.
« Comme la presse s’est montrée extrêmement hostile à mon égard, ne diffusant que des FAUSSES NOUVELLES, dès le début de mon premier mandat, j’ai boycotté l’événement et je n’y suis jamais allé en tant qu’invité d’honneur », a expliqué Donald Trump dans son message du mois dernier.
Pendant quatre ans, la soirée s’est donc déroulée en l’absence du président. En 2018, l’humoriste Michelle Wolf s’en prend faute de mieux à la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders, seule représentante de Donald Trump dans la salle, en la comparant au personnage tyrannique de Tante Lydia dans La Servante écarlate. Des moqueries – y compris sur son maquillage – qui mettent en colère Donald Trump. L’année suivante, le républicain vilipende un dîner « ennuyeux et négatif » et organise le même soir un meeting pour faire contre-feu.
Annulée en 2020 et en 2021 pendant la pandémie du Covid-19, la soirée a ensuite fait son retour dans sa forme traditionnelle sous Joe Biden. Mais l’événement a perdu de son prestige et attire moins l’attention médiatique.
Un dîner pour « rassembler »?
Après un nouveau boycott de Donald Trump en 2025, la présence de Donald Trump à l’édition 2026 a pris de court toute la presse. « Pourquoi Donald Trump veut-il casser la croûte avec ceux qu’ils appellent les ‘ennemis’ du peuple »?, s’interroge The Atlantic, prédisant un dîner « extrêmement gênant ».
« C’est un occasion pour célébrer le premier amendement, mais lui a construit toute sa politique sur les fake news et l’opposition aux médias mainstream », observe Jérome Viala-Gaudefroy.
Comment expliquer ce nouveau volte-face? Pour ce spécialiste des États-Unis, une première explication peut être trouvée dans le dossier très ambigû de Donald Trump aux médias. « Il n’aime pas la presse mais il adore leur parler car il est toujours en recherche de légitimité (…) Il a gardé en lui cette envie d’être reconnu par les élites », poursuit-il.
Plus prosaïquement, « en pleine guerre impopulaire contre l’Iran, le président américain a sans doute envie de dominer la scène médiatique à nouveau et d’offrir un contre-récit aux critiques qui peuvent lui être faites durant la soirée ».
Dans un soucis d’apaisement, l’organisation du dîner a décommandé fin mars l’humouriste Amber Ruffin, très critique de Donald Trump, prévue pour animer la soirée. Le show sera finalement assuré par Oz Pearlman, un magicien et mentaliste qui a prévenu ne pas vouloir « faire de politique ».
« Mon rôle n’est pas de venir faire un roast. Je ne pense pas que ce soit pour ça qu’on m’ait engagé. Je pense qu’on m’a engagé pour rassembler, pour créer un sentiment d’émerveillement et d’étonnement », a-t-il confié à ABC News.
L’ambiance risque néanmoins d’être tendue, alors que la Maison Blanche mène une guerre ouverte aux médias traditionnels, y compris à ceux membres de l’association organisatrice du dîner. Depuis des décennies, l’Association des correspondants à la Maison Blanche régulait l’accès des journalistes au président américain, dans le Bureau ovale ou dans l’avion présidentiel.
Mais la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt, au diapason du président, a mis fin à cette pratique. Elle ménage désormais une large place à ceux qu’elle appelle les « nouveaux médias », des influenceurs, podcasteurs ou chaînes de télévision qui soutiennent ouvertement Donald Trump.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Nous vous tiendrons au courant des prochaines évolutions importantes.

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