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Un résumé rapide de « entre les députés macronistes et Sébastien Lecornu, le torchon brûle » selon notre rédaction.
Points essentiels
Faut-il ressentir chez les députés du groupe présidentiel une forme de lassitude? Dans un calendrier parlementaire contraint, et alors que le Premier ministre cherche à imposer sa patte, les relations entre Matignon et ses troupes ne sont pas au beau fixe. Entre impatiences et craintes pour les futures échéances électorales, le blues s’installe.
Une petite pique plutôt inhabituelle pour le Premier ministre. « Est-ce qu’il y a une démobilisation à l’Assemblée nationale qui est préoccupante? La réponse est oui », a lancé froidement Sébastien Lecornu, la semaine dernière, sur le perron de Matignon.
La raison de son agacement: l’échec du projet de loi prévoyant de réduire la durée des indemnités chômage versées à la suite d’une rupture conventionnelle, pourtant soutenu par l’ensemble du socle commun.
Il faut dire que dans l’hémicycle, les troupes macronistes n’étaient guère nombreuses. Seulement 9 députés Renaissance étaient présents pour l’étude d’un amendement crucial contre 53 insoumis, permettant donc à la gauche d’emporter une victoire très symbolique.
« À l’assaut de l’Everest sans rien avoir préparé »
Ce raté suscite la colère du locataire de Matignon, d’autant plus que les revers se sont multipliés ces dernières semaines à l’instar du projet de loi constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie, rejetée avant même le début des débats dans l’hémicycle.
Sébastien Lecornu, très engagé sur le dossier, avait dans la foulée regretté « un blocage inédit », accusant les députés de « priver les Calédoniennes et les Calédoniens d’une discussion sur l’avenir du territoire ». Il faut dire qu’il manquait près d’un tiers des troupes macronistes ce jour-là, les bancs n’étant guère plus remplis côté Modem et LR.
Si le Premier ministre se montre irrité, du côté des députés Renaissance, on est tout aussi remonté contre Matignon. « On reste sans majorité. Donc si on veut faire passer des choses, il faut qu’il y ait des accords en amont. On a l’impression qu’on part à l’assaut de l’Everest sans rien avoir préparé. C’est plus possible là », s’énerve ainsi un parlementaire Renaissance.
La volonté à Matignon d’être « utile jusqu’au bout »
Dans un agenda très contraint, le gouvernement n’a guère d’autre choix que de vouloir avancer très vite. Entre les ponts du mois de mai, les vacances d’été et les élections sénatoriales en septembre prochain, la bande-passante pour faire passer des projets de loi raccourcit de jour en jour.
Et en septembre prochain, ce sera au tour du budget 2027 d’occuper à nouveau tous les esprits puis les bancs de l’hémicycle jusqu’au mois de décembre. Puis l’entrée dans le grand bain de la campagne présidentielle arrivera et avec elle l’interruption des travaux parlementaires.
« On a peu de temps et on veut être utile jusqu’au bout. C’est normal d’utiliser les moments qui nous restent pour continuer de gouverner », observe un proche du Premier ministre.
Pas question dans les rangs de l’exécutif de changer de méthode. Le Premier ministre a ainsi acté l’inscription de la réforme constitutionnelle de la Corse dans les prochaines semaines à l’agenda parlementaire, promise par Emmanuel Macron en 2023.
Extrêmement sensible, le action qu’elle puisse aboutir et déboucher in fine sur un Congrès, cet organe qui réunit tous les sénateurs et tous les députés, reste hasardeux. Mais dans les rangs du gouvernement, on s’inquiète d’un éventuel retour des violences sur l’île et on préfère donc accélérer.
« Qu’on ait envie de faire passer des textes, y compris pas facile politiquement, je le comprends. Encore faut-il que ce soit fait intelligemment et éviter au passage de nous prendre pour des andouilles », souligne un cadre du bloc central.
La blessure du 1er-Mai
Autre sujet de discorde pour les macronistes: la question du 1er-Mai et de l’ouverture de certains commerces, une proposition de loi portée un temps par la droite et maintenant farouchement défendue par Gabriel Attal.
Le gouvernement a refusé de convoquer une commission mixte paritaire sur ce texte qui aurait permis aux boulangers et aux fleuristes d’ouvrir ce jour-là, suscitant l’ire des députés du camp présidentiel.
Face à la colère des syndicats et des partis de gauche qui menaçaient le gouvernement d’une motion de censure, le Premier ministre a préféré éviter toute prise de risque. Le locataire de Matignon a cependant bien promis qu’une proposition de loi serait bien adoptée courant 2026 avec une application « à compter du 1er mai 2027 ». Suffisant pour calmer les députés Renaissance?
« Le problème, c’est qu’à un moment, il faut jouer les règles du jeu du Parlement et nous permettre aussi d’avoir un peu la main », regrette un cadre macroniste.
Avalanche de textes à étudier
Et si c’est comme tout cela ne suffisait pas dans un agenda déjà surchargé, Sébastien Lecornu s’est engagé à déposer un projet de loi sur l’antisémitisme, après le retrait de la proposition de loi très controversée de la députée apparentée Renaissance Caroline Yadan.
Et tant pis si la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet avait déjà fait savoir son irritation quand le gouvernement avait choisi de présenter plus tôt que prévu le texte de Caroline Yadan, contrairement à tous les usages parlementaires.
« N’oubliez pas non plus le projet de loi sur les ingérences étrangères », plaisante encore un sénateur macroniste, illustrant l’improbable embouteillage.
Et ce n’est pas fini. Pourtant éloigné ces derniers mois de la scène politique française, Emmanuel Macron a annoncé devant plusieurs centaines de maires réunis à l’Élysée mi-avril sa volonté de « réguler la parole sur les réseaux sociaux » via un projet de loi, sans cependant donner de calendrier précis.
Dernier cadeau dans la pochette-surprise: un projet de loi sur le logement pour relancer la construction annoncé en fin de semaine par Sébastien Lecornu à Marseille.
La crainte des prochaines législatives
À cet embouteillage parlementaire et aux tensions entre la macronie et le Premier ministre, les députés ajoutent encore une case dans leur géographie mentale: les législatives qui devraient très probablement avoir lieu dans la foulée de la présidentielle au printemps prochain.
Entre labourer le terrain pour se rappeler au bon souvenir de leurs électeurs et voter des textes, certains semblent déjà avoir fait leurs calculs.
« On est sur un fin de cycle. Pour ceux qui veulent rester députés dans une présidentielle aussi ouverte, il faut être sur le terrain matin, midi et soir pendant des mois », reconnaît un collaborateur ministériel.
Ajoutez à tout cela les ambitions présidentielles des uns et des autres qui feront probablement en sorte que Sébastien Lecornu, potentiellement en embuscade pour 2027 malgré ses dénégations, ne puisse pas se gargariser de victoires.
« On n’est pas sorti des ronces », reconnaît un député qui l’apprécie. De quoi peut-être donner l’occasion à Sébastien Lecornu de manifester encore son agacement à quelques reprises.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Notre équipe continuera d’examiner les faits et de proposer des analyses.

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