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26 avril 2026Face à la crise des engrais liée au blocus d’Ormuz, des solutions plus écologiques germent chez les agriculteurs
Analyse : Notre équipe vous propose une synthèse de cette information.
Nos journalistes proposent un aperçu de l'article « Face à la crise des engrais liée au blocus d’Ormuz, des solutions plus écologiques germent chez les agriculteurs ».
Analyse rapide
Des solutions qui germent dans les esprits. Le double blocus du détroit d’Ormuz par l’Iran et les États-Unis pénalise non seulement les automobilistes, mais aussi largement les agriculteurs car le gaz est un ingrédient nécessaire à la production d’engrais azotés. Résultat : alors que l’épandage d’engrais a déjà commencé, les agriculteurs regorgent d’inventivité pour trouver des alternatives, souvent plus écologiques.
Dans une étude publiée le 17 avril, Le Monde explique que le marché des engrais est triplement affecté par la guerre au Moyen-Orient et la bataille navale à laquelle se livre Washington et Téhéran. D’abord, parce que 33 % du transport maritime des engrais transitaient par ce couloir maritime stratégique avant le début de la guerre, le 28 février. Ensuite, les nombreuses usines de production situées dans la région sont à l’arrêt pour cause d’attaques ou par crainte de frappes. Et enfin car les fameux engrais azotés, les plus utilisés dans l’agriculture conventionnelle, ont besoin de gaz pour être fabriqués.
Résultat : les fertilisants chimiques, notamment très utilisés pour la culture céréalière, deviennent des denrées rares et sont vendus à des prix exorbitants. Le coût de l’urée, par exemple, a bondi de 580 euros avant la guerre à 678 euros/tonne début avril, pointe Vert, média spécialisé dans l’écologie. Pour soutenir les agriculteurs, le gouvernement français a annoncé mi-avril une prise en charge « exceptionnelle » des cotisations sociales agricoles, tandis que l’Union européenne prépare un plan « engrais » qui sera dévoilé en mai.
Pour le monde paysan, ces mesures ne suffisent toutefois pas. Alors certains exploitants ont décidé de recourir à des méthodes originales, ou plus terre à terre.
« Roche volcanique », pipi…
L’alternative développée par un père et son fils en Moselle est l’une des plus atypiques. Pour « réduire les engrais chimiques », le duo a imaginé un fertilisant 100 % naturel : « C’est une roche volcanique qu’on associe à des éléments nutritifs essentiels aux plantes et qu’on va broyer pour obtenir le produit final », explique le père, Pierre Niesner, à TF1. « Notre produit coûte 30 euros par hectare. Les résultats scientifiques montrent qu’il permet d’économiser l’équivalent de 100 euros d’engrais. Il y a une vraie amélioration du pouvoir d’achat », ajoute l’ingénieur de formation, cette fois-ci au micro de France 3. La demande a tellement explosé que son produit est en rupture de stock.
Certains agriculteurs investissent aussi dans des méthaniseurs, qui leur permettent de produire un engrais naturel, le digestat, et de réduire fortement leurs coûts. « Ça représente, à l’échelle globale de mon exploitation, une économie de 15 000 euros tous les ans », indique Victor Rabier, agriculteur à Angerville, dans le sud de l’Essonne, à franceinfo. Cette solution n’est malheureusement pas miraculeuse, le digestat pouvant entraîner des pollutions des sols et des eaux s’il est épandu en trop grande quantité ou au mauvais moment.
Le média Vert, qui rappelle que l’agriculture biologique est moins affectée par la guerre au Moyen-Orient que la conventionnelle car les engrais de synthèse y sont interdits, dévoile une autre piste : le recyclage de notre urine. Une étude de l’Agence de la transition écologique (Ademe) déplore en effet le gaspillage des « excrétats humains » alors qu’ils pourraient servir d’engrais et réduire les importations d’engrais chimiques de 16 %.
Pouvoir des légumineuses
Selon le chercheur en agronomie Guy Richard, interrogé par nos confrères, la solution de la valorisation du « pipi » ne suffira toutefois pas à réduire notre dépendance aux engrais azotés. Celui qui travaille à l’Institut national de la recherche agronomique (Inrae) recommande surtout d’accélérer les cultures de légumineuses, capables de capter l’azote de l’air et de le fixer dans le sol, permettant ainsi d’enrichir naturellement la terre.
Trouver des alternatives plus écologiques aux intrants chimiques est d’autant plus urgent que la sécheresse guette. À cause du manque de pluie en ce début de printemps, l’agroclimatologue Serge Zaka a mis en garde, le 22 avril, sur son compte X : « En Bretagne-Est, il n’y a déjà plus d’eau sur les 30 premiers centimètres du sol au moins, ce qui complique très largement les semis, en plus d’un prix de l’engrais exorbitant dû à la géopolitique mondiale actuelle. »
Et la France, dotée de la plus grande surface agricole d’Europe, est en première ligne sur le front de la crise des engrais. Un rapport du ministère de l’Agriculture datant de 2024 avertissait sur la « très forte dépendance aux importations d’azote » de l’Hexagone, qui constitue une « fragilité préoccupante » de notre souveraineté alimentaire. D’où la nécessité, d’après des scientifiques de revoir aussi notre régime alimentaire, notamment en se tournant vers une alimentation plus végétale, moins consommatrice d’engrais chimiques.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Les faits continueront d’être analysés pour informer nos lecteurs.

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