
La violence n’a pas sa place dans la démocratie », rappelle Fred Hoffman, porte-parole des « Democrats abroad France
26 avril 2026Super Bowl de Wall Street mercredi : rapport d’Alphabet, Amazon, Microsoft et Meta ainsi que la dernière réunion de la Fed de Powell
26 avril 2026«On se demande quand ça va s’arrêter»: le record historique de Sawe au marathon ébranle la planète athlétisme
Analyse : Un rapide aperçu des faits pour mieux suivre cette actualité.
Notre rédaction analyse les faits saillants de « «On se demande quand ça va s’arrêter»: le record historique de Sawe au marathon ébranle la planète athlétisme ».
Ce qu’il faut garder en tête
Le Kényan Sabastian Sawe est devenu le premier athlète à faire tomber la barre des deux heures en terminant le marathon de Londres en 1h59’30 », dimanche 26 avril, dans une course où ils sont trois à avoir battu l’ancien record du monde. Jean-Claude Vollmer, ancien entraîneur national des meilleurs marathoniens français, livre à RFI ses impressions sur cette course historique.
RFI : Le Kényan Sebastian Sawe vient de boucler le marathon en 1 heure 59 minutes et 30 secondes. Il est donc le premier homme à passer sous la barre des deux heures sur le marathon. Quelle est votre première réaction après ce record ?
Jean-Claude Vollmer : C’est un choc, un véritable choc. Kipchoge avait fait ça dans des conditions un peu particulières, avec beaucoup de lièvres donc pas homologable. Il y a une dizaine d’années, j’avais écrit qu’on ne ferait jamais moins de deux heures au marathon. Ben voilà, c’est fait. Maintenant, les données ont changé en dix ans avec les nouvelles chaussures avec plaques ou avec mousse. Ça a totalement changé les conditions de réalisation et ce qu’on peut avoir comme points de comparaison avec ce qui se faisait avant. Il n’empêche qu’il a fait 1h59’30 » et c’est phénoménal.
C’est phénoménal, et c’est d’ailleurs une minute plus rapide que le précédent record de Kelvin Kiptum. Comment peut-on expliquer ce bond en avant ?
Kelvin, on se disait déjà « Waouh ! ». Et là, une minute, en pourcentage, c’est relativement important à ce niveau de record. Évidemment, Sawe c’est un très bon coureur qui a gagné des grands marathons. Derrière lui, il y a du très lourd comme Kejelcha ou Kiplimo recordman du monde. Donc la question est de savoir si les chronos ont encore une valeur. Moi, ce qui m’intéresse maintenant, c’est de savoir qui va être champion olympique. Parce qu’il y a une espèce de surenchère avec des primes phénoménales, donc ces coureurs ne vont même pas aller faire les Championnats du monde ou les Jeux olympiques. Avec trois athlètes qui font moins de 2h30, ça me laisse quand même très perplexe. Je veux bien qu’il y ait encore des nouvelles chaussures, mais ce sont des gens qui amènent une vitesse de base importante.
À lire aussiÀ Londres, le Kényan Sabastian Sawe devient le premier homme à remporter un marathon en moins de deux heures
Dans quelle mesure est-ce que les avancées technologiques peuvent expliquer ces performances exceptionnelles ? Est-ce la seule explication ou y a-t-il d’autres choses ?
Je pense qu’il y a une espèce de libération mentale. Kipchoge l’a fait dans d’autres conditions, Kiptum a couru huit. Là, il y avait une confrontation exceptionnelle. La motivation financière est conséquente aussi, le professionnalisme accru et une telle densité nécessairement doit déboucher à un moment sur des réalisations de performances comme celle-ci. Mais à ce niveau-là, je suis quand même très surpris. On s’entraîne mieux, on peut s’entraîner plus avec les nouvelles chaussures, on maîtrise mieux la nutrition en cours de compétition. Kejelcha, qui a terminé deuxième, il a quand même été battu par Jimmy Gressier aux Championnats du monde sur piste. Donc on peut se demander : Jimmy est-il est capable de faire moins de deux heures au marathon ? On se dit que ce sont des choses devenues inaccessibles au niveau chronométrique.
Maintenant, ce qui va être intéressant, c’est qui va gagner les grands Championnats. Mais pour ça, il faudrait que la Fédération internationale arrive à avoir les meilleurs au départ des grands Championnats. Dans cette course ce matin, le gars qui a le plus beau palmarès, c’est Tamirat Tola qui a terminé 5e et qui est champion olympique à Paris. Le reste, à la limite, ce sont des chronos, des chronos mais ça n’a plus beaucoup de signification.
Le vainqueur, Sébastian Sawe, est quelqu’un qui avait déjà des bonnes références au niveau international, avec sa victoire notamment lors de la précédente édition. C’est quelqu’un de reconnu dans sa discipline, le marathon ?
Oui, il a déjà gagné trois majors en 2h02, et là il met quand même 2’30 » à son propre record. C’est un très bon coureur avec des références sur 10 km, mais il n’a jamais fait de piste. C’est une autre tendance, soit on vient de la piste avec des références de vitesse intéressantes, soit on va direct sur le marathon ou le semi-marathon, parce que c’est là où c’est économiquement le plus intéressant. Il a quand même fait 26’49 » au 10 km, alors que le record d’Europe de Yann Schrub est de 26’43 », et 58′ au semi-marathon. Donc oui, il a les bases. Mais là, il a un record à 58′ et il finit en 59′ le deuxième semi-marathon, donc mieux que le record de France du semi. Je suis curieux d’avoir Jimmy au téléphone pour lui demander ce qu’il en pense. C’est hallucinant. On peut se demander : quand est-ce que ça va s’arrêter ? Nécessairement, ça s’arrêtera à un moment.
Vous avez entraîné les meilleurs marathoniens français. Jusqu’où est-ce que ce record peut-il descendre ? Vous qui auparavant n’imaginiez pas que cette barre des deux heures puisse être franchie, jusqu’où maintenant les chronos peuvent-ils descendre ?
Alors là, honnêtement, je suis déjà un peu abattu… Enfin pas abattu, parfois il faut se réjouir quand les chronos tombent. Là, je ne suis plus dans cet état d’esprit, je m’interroge tellement. Pourquoi pas 1h59 ? Mais là quand même, il a mis une minute à Kiptum… Vous savez, pour un record, il faut des conditions particulières : météo, hygrométrie, température, concurrence. Donc là, tout s’est parfaitement déroulé. Mais bon, pourquoi pas 1h59 ? C’était inimaginable il y a encore une dizaine, quinzaine, vingtaine d’années. Est-ce qu’il faut s’en réjouir ? Je ne sais pas. Moi, je ne m’en réjouis pas particulièrement, c’est une évidence.
Est-ce que ces interrogations que vous pouvez avoir sur ces performances sur le marathon, elles portent aussi sur la question du dopage ?
On sait que le Kenya est quand même particulièrement affecté par un nombre incalculable de gens positifs. Je sais que Sawe participe justement au programme antidopage avec l’unité d’intégrité, avec des contrôles permanents. Donc je ne peux pas mettre en doute sa performance de ce point de vue là. Mais où va-t-on chercher ça ? Avant, il faisait 2h02 régulièrement. Le record de Morhad Amdouni, 2h03’47 », c’est la deuxième performance européenne, c’est déjà pas n’importe quoi. Mais là, il met 2’30 » à son propre record.
C’est à peu près comme si Duplantis rajoutait d’un seul coup 5cm à ses 6m30. Oui, on ne peut que s’interroger. Il y avait déjà eu des records sur le marathon féminin, sur 10 km, où après il s’est avéré qu’il y avait du dopage. Mais peut-être qu’on a le génie absolu. Il y a des records du monde qui datent de 20 ans, 30 ans, donc pourquoi pas. Il peut peut-être tenir 30 ans mais aussi être de nouveau effacé dès la prochaine campagne des grands marathons.
Avez-vous quelque quelque chose à ajouter à propos de cette performance, ce record du monde battu au marathon de Londres par Sébastian Sawe ?
Il y avait Eliud Kipchoge qu’on considérait comme le maître, le plus grand de tous les temps. Il risque peut-être de tomber de son piédestal. Mais attendons que Sawe confirme dans des grands Championnats.
Source : www.rfi.fr
Conclusion : Nous restons attentifs à cette actualité et à son évolution.

9999999
